"Je suis loin d'être aux 35 heures. La mairie c'est tout le temps" (maire de La Longeville)

Publié le 13/09/2019 - 06:50
Mis à jour le 12/09/2019 - 18:02

« Je suis loin d’être aux 35 heures. La mairie c’est tout le temps », déclare Adrien Pellegrini (LR), constructeur immobilier de 40 ans et maire de La Longeville (Doubs) depuis 2014. Cette commune boisée de 800 habitants, qui compte neuf fermes laitières et de nombreux travailleurs frontaliers, est située dans le Jura, près de la frontière suisse.

 © Hélène Loget
© Hélène Loget

Le premier magistrat du village se lève toute la semaine à 6H00, passe à la mairie et arrive au travail à 7H00. Au bureau, sa boîte mail professionnelle côtoie celle de la mairie. Sur son téléphone portable : la cartographie des réseaux d'eau et d'assainissement. "Si je suis au travail et que j'ai une demande pour construire une maison, je vois immédiatement si le terrain est constructible et si l'eau passe dessus", explique-t-il.

"Par contre, j'ai fait comprendre que je n'étais pas le maire des crottes de chien et des bruits de voisinage, ce n'est pas ça qui fait avancer une commune." Adrien Pellegrini a d'autres soucis comme la mise en sécurité de la voirie ou le projet de création d'un bâtiment pour accueillir les activités périscolaire et la cantine de l'école.

Mais être maire d'une commune rurale, peut aussi être douloureux. "C'est au maire de constater et d'annoncer les décès. C'est dur. On n'est pas formé psychologiquement pour ça... ", confie M. Pellegrini. Il n'oubliera jamais ce jour funeste de février 2016 où deux adolescents du village décèdent dans un accident de car scolaire, ni celui où un agriculteur meurt, écrasé sous une balle de foin.

Le maire de Belmont et président de l'Association des maires ruraux du Doubs, Daniel Cassard, 76 ans, constate chaque jour que "le moral n'est globalement pas bon" parmi les 430 maires de l'association.

Querelles de voisinage 

"Beaucoup de petites communes vont avoir du mal à constituer une liste lors des prochaines élections municipales et on s'attend à 50% de renouvellement, contre environ 35% en général", prédit l'édile de 76 ans qui achèvera son sixième mandat en mars.

L'avènement de l'intercommunalité a "dépouillé le maire de ses prérogatives", il est "de plus en plus relégué à gérer les querelles de voisinage, les gens ne supportent plus rien", regrette-t-il. Dans les communes rurales de moins de 3.500 habitants l'indemnité est modeste, de 661 à 1.673 euros brut par mois, selon leur population.

Daniel Cassard, dont l'épouse fleurit bénévolement la commune depuis 37 ans, dénonce également "les incivilités", voir "la violence physique" à l'encontre des élus locaux, évoquant le décès du maire de Signes (Var), Jean-Mathieu Michel, dans l'exercice de ses fonctions.

"Touche pas à mon maire !"

Lundi, 85 parlementaires de la majorité LREM-MoDem ont lancé un appel intitulé "Touche pas à mon maire !" pour dénoncer cette violence.

Malgré les difficultés du mandat, "beaucoup de maires se bougent" pour "faire vivre le village", souligne cependant Jean-Nicolas Gruneisen, élu à Cubry (Doubs), petite commune de 87 habitants.

Devenu maire sans étiquette un peu par hasard en 2017, ce père de famille de 49 ans consacre beaucoup d'énergie à la vie de sa commune. "J'ouvre le courrier tous les soirs en rentrant du travail" et "j'ai passé des week-end entiers à faire des dossiers de subventions", raconte ce cadre commercial du secteur agricole.

Motivé par la satisfaction des habitants, il a fait rénover la mairie, l'église et la chapelle du château néogothique de la commune, militant aussi pour l'ouverture d'une 4e classe dans l'école des enfants du village. Pour lui, "dans un village rural, on a la chance de pouvoir s'auto-administrer" et "avec de l'enthousiasme et un peu d'investissement, on peut faire bouger beaucoup de choses".

(Avec AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Société

La préfecture du Doubs signe un pacte pour aider les jeunes de Planoise

mobilisation planoise • Ce mardi 31 janvier, le préfet du Doubs, Jean-François Colombet s'est réuni aux côtés d'élus pour signer un pacte d'émancipation destiné aux jeunes du quartier de Planoise à Besançon. L'objectif : les aider à construire un avenir plus stable à l'aide d'une trentaine d'actions concrètes.    

Solidarité et éducation à la citoyenneté : 15.000€ pour des projets associatifs à Besançon

APPEL À PROJETS • La Ville de Besançon soutient les associations bisontines engagées dans un projet de solidarité internationale ou d'éducation à la citoyenneté mondiale, en leur apportant une aide financière d’un montant total de 15.000 euros répartis entre les différents projets retenus, par le biais d'un appel à projets. 

Vie étudiante en Bourgogne Franche-Comté : 87.000 étudiants interrogés pour créer " une véritable boussole "

Dans le cadre de la première conférence territoriale de la vie étudiante en Bourgogne Franche-Comté qui s’est déroulée lundi 30 janvier à Dijon, les résultats d’une vaste concertation inédite en France réalisée auprès de 11.500 étudiants dans un premier temps (sur les 87.000 étudiants) ont été dévoilés par Nathalie Albert-Moretti, rectrice de la région académique de Bourgogne Franche-Comté.

Morts solitaires : le bilan glaçant des Petits Frères des Pauvres

Dans un communiqué du 30 janvier 2023, les Petits Frères des Pauvres alertent sur ces morts solitaires que l’association recense chaque année en l’absence de statistiques. C’est la conséquence la plus extrême de l’isolement croissant des personnes âgées, tout particulièrement de celles en situation de "mort sociale", sans liens avec famille, amis, voisinage ou tissu associatif.

72,12 millions d’euros pour accélérer la transition écologique dans les territoires de Bourgogne-Franche-Comté

Annoncé le 27 août 2022 par la Première ministre Élisabeth Borne et effectif depuis début janvier 2023, le Fonds vert est doté au plan national de 2 milliards d’euros, dont une enveloppe pour la région Bourgogne- Franche-Comté de 72,12 M€.

Sondage – Comptez-vous faire grève et/ou manifester contre la réforme des retraites ?

Malgré une mobilisation record lors de la journée de mobilisation sociale contre la réforme des retraites le 31 janvier dernier à Besançon comme partout en France, la Première ministre a confirmé qu’elle ne changera pas l’âge de départ en retraite, ce qui encourage davantage les syndicats à poursuivre leurs mouvements de grève et de manifestations les 7 et 11 février prochains. Comptez-vous faire grève et/ou manifester contre la réforme des retraites ?

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 4.09
couvert
le 03/02 à 3h00
Vent
1.43 m/s
Pression
1035 hPa
Humidité
86 %