Justice des mineurs : une réforme "attendue" arrive au Sénat

Publié le 26/01/2021 - 09:50
Mis à jour le 26/01/2021 - 10:04

Le Sénat s’empare mardi 26 janvier 2021, après l’Assemblée nationale, de la réforme de la justice pénale des mineurs, une réforme « très attendue », selon la majorité sénatoriale de droite, qui souhaite cependant différer de six mois son application pour assurer son efficacité.

 © © Romain Vincens CC
© © Romain Vincens CC

Le texte soumis aux sénateurs est la ratification d'une ordonnance de septembre 2019 que le gouvernement avait été habilité à prendre par la loi de programmation et de réforme pour la justice. Le code de la justice pénale des mineurs qu'elle organise a vocation à remplacer l'ordonnance de 1945 consacrée à la délinquance juvénile.

"C'est une réforme très attendue qui rénove et modernise" un texte devenu "moins cohérent au fil du temps", estime la rapporteure Agnès Canayer (LR).

Elle vise principalement à accélérer les jugements, via une procédure en deux temps, avec une période de "mise à l'épreuve éducative" entre le prononcé de la culpabilité et celui de la sanction. Le code prévoit aussi une présomption d'irresponsabilité avant 13 ans.

S'il s'agit pour la rapporteure d'une "bonne réforme", les sénateurs de tous bords n'en demeurent pas moins très critiques sur la méthode. Ils regrettent le recours à une ordonnance sur un sujet aussi sensible et "une concertation insuffisante" avec les professionnels, dont ont fait état les syndicats de magistrats et de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ).

La réforme devrait entrer en vigueur le 31 mars prochain. Mais les sénateurs ont repoussé en commission sa mise en oeuvre au 30 septembre, à l'initiative de la rapporteure et du groupe PS qui pousse même pour un report d'une année.

"L'efficacité de la réforme tiendra à la possibilité de tenir les délais", souligne la rapporteure, ce qui suppose "des moyens humains et matériels adéquats dans les juridictions" et "une réorganisation du travail des services de la PJJ".

Définir le discernement

Concrètement, la procédure en deux temps pour les mineurs consistera en une première audience devant statuer sur la culpabilité dans des délais de trois mois maximum (contre 18 mois actuellement en moyenne selon la Chancellerie) et une seconde audience, qui devra se tenir dans un délai compris entre six et neuf mois, pour le prononcé de la sanction (peine ou mesure éducative).

Dans l'intervalle, le mineur est soumis à une période de "mise à l'épreuve éducative", qui peut comporter des mesures éducatives, mises en oeuvre par la PJJ, ainsi que des mesures de sûreté.

Pour le président de la commission des Lois du Sénat François-Noël Buffet (LR), "une justice plus efficace pour juger les mineurs limitera le recours à la détention provisoire". "C'est mon assurance", et "aussi ce qui me porte", avait affirmé le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti devant les députés.

Une "audience unique" restera possible "à titre exceptionnel" pour des faits graves et si le mineur est déjà connu de la justice.

Parmi les modifications significatives adoptées par les sénateurs en commission, un amendement de la rapporteure confie à un juge des enfants (non chargé de l'affaire) et non au juge des libertés et de la détention, la décision de placer un mineur en détention provisoire.

Les sénateurs ont également confié au juge des enfants les contraventions les moins graves, pour lesquelles le tribunal de police était compétent. Le gouvernement s'opposera à ces deux évolutions.

Les sénateurs veulent encore définir la notion de "discernement" en précisant qu'"est capable de discernement le mineur dont la maturité lui permet de comprendre l'acte qui lui est reproché et sa portée".

Le gouvernement présentera par voie d'amendement sa propre définition, selon laquelle le discernement suppose que le mineur "a compris et voulu son acte" et "est apte à comprendre le sens de la procédure pénale dont il fait l'objet".

A gauche, le groupe CRCE à majorité communiste défendra une motion visant au rejet d'emblée du texte, jugeant qu'"il n'est acceptable ni sur la forme, ni sur le fond".

Pour les sénateurs PS, indique Jean-Pierre Sueur, "le point principal de divergence" porte sur la présomption d'irresponsabilité pénale des mineurs de moins de 13 ans, qui est une présomption "simple" -et non pas "irréfragable"-, donc susceptible d'être écartée.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Politique

Municipale 2026 à Besançon : La France Insoumise veut présenter “un programme systémique” ou “tout se tient, tout va ensemble”

Séverine Vézies, candidate LFI à l’élection municipale de Besançon, a présenté ce samedi 24 janvier 2026 lors d’une conférence de presse les grands axes de son programme. Ce dernier se décline en cinq principes fondamentaux, quatre piliers, quatre alter-projets et 200 mesures.

Municipales à Besançon : Jean-Sébastien Leuba (PS) rejoint finalement la liste d’Anne Vignot

Exclusivité • Jusqu’il y a encore quelques semaines, Jean-Sébastien Leuba menait campagne à Besançon à la tête de la liste socialiste "Besançon Forte et Solidaire". Malgré un accord national entre le Parti socialiste et Europe Écologie Les Verts, le candidat n’avait pas immédiatement annoncé s’il poursuivrait l’aventure aux côtés de la maire écologiste sortante, Anne Vignot, contrairement à plusieurs memebres locaux du PS. Finalement, Jean-Sébastien Leuba a tranché. Ce vendredi 23 janvier 2026, il annonce officiellement rejoindre la liste d’Anne Vignot.

Quand les lunettes “made in Jura” d’Emmanuel Macron à Davos reflètent la rébellion à Trump

Si le Premier ministre canadien Mark Carney a reçu une standing ovation à Davos pour son discours contre Donald Trump, Emmanuel Macron a incarné la contre-offensive face au président américain, symbolisée à son corps défendant par ses lunettes de soleil fabriquées par la maison Henry Jullien basée à Lons-le-Saunier dans le Jura.

Emplois municipaux à Besançon : 600 emplois permanents créés depuis 2020

À la veille du conseil municipal de ce jeudi 22 janvier, la maire de Besançon Anne Vignot a tenu une conférence de presse mercredi entourée de plusieurs élues, pour présenter la liste des emplois permanents au 1er janvier 2026 et dresser un bilan des créations d’emplois en 2025. Un sujet régulièrement débattu au sein de l’assemblée municipale, notamment autour de la masse salariale.

Besançon veut renouveller son soutien à la Maison des femmes avant son ouverture en mars 2026

La Ville de Besançon a présenté, mercredi 21 janvier 2026, une délibération portant sur un nouveau soutien financier au fonctionnement de la future Maison des femmes, dont l’ouverture est prévue le 3 mars prochain. Cette présentation a eu lieu lors d’une conférence de presse conduite par Anne Vignot, maire de Besançon, entourée de plusieurs élues, à l’approche du conseil municipal, le 22 janvier.

À l’Assemblée nationale, Dominique Voynet alerte sur les menaces pesant sur le lynx boréal

Mardi 20 janvier 2026, lors de la séance de questions orales à l’Assemblée nationale, Dominique Voynet, députée écologiste du Doubs, a interpellé le gouvernement sur la situation du lynx boréal, espèce protégée et emblématique des massifs du Jura. Son intervention a insisté sur les pressions persistantes qui pèsent sur cette population animale, notamment le braconnage et les collisions routières.

Mercorsur : la Côte d’Or veut interdire les produits sud-américains dans ses cantines

Le département de la Côte d'Or a annoncé vouloir interdire les produits en provenance d'Amérique du Sud dans les restaurants scolaires des collèges "face aux conséquences" du traité avec le Mercosur. Le département bourguignon d'un demi-million d'habitants a précisé, mercredi 21 janvier 2026, qu'il adressera une circulaire aux principaux des collèges concernant les conditions d'approvisionnement dans les restaurants scolaires.

Menace de taxes douanières sur les vins : Macron et Genevard montent au créneau face aux menaces de Trump

La France a vivement réagi après la nouvelle menace de Donald Trump d’imposer des droits de douane de 200 % sur les vins et champagnes français. L’entourage d’Emmanuel Macron, tout comme la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, ont condamné ces déclarations, mardi 20 janvier 2026.

Municipales 2026 : la liste “Faire mieux pour Besançon” présente ses candidat(e)s sur les réseaux sociaux

La liste “Faire mieux pour Besançon”, soutenue par La France insoumise et menée par Séverine Véziès, candidate à l’élection municipale de Besançon, a diffusé le 19 janvier 2026 un communiqué annonçant le lancement d’une série de publications en ligne. Cette initiative s’inscrit dans la campagne des élections municipales prévues les 15 et 22 mars prochains.

Vers le rétablissement d’un quatrième aller-retour ferroviaire entre Paris et Lausanne ?

Jacques Grosperrin, sénateur LR du Doubs et conseiller régional de Bourgogne-Franche-Comté, et Éric Liegeon, député LR du Doubs, annoncent, dans un communiqué du 19 janvier 2026, travailler conjointement au rétablissement d’un quatrième aller-retour ferroviaire entre Paris et Lausanne. 

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
Infos pratiques

Sondage

 3.42
légère pluie
le 26/01 à 09h00
Vent
3.87 m/s
Pression
1003 hPa
Humidité
95 %