La critique de Thierry : Martin Servaz, critique littéraire du 2° Minier avec Lucia

Publié le 28/06/2025 - 16:30
Mis à jour le 27/06/2025 - 10:07

Critique littéraire • Il y a quelque chose de troublant à observer son créateur s’éloigner de vous. Quand Bernard Minier m’a confié qu’il travaillait sur une nouvelle enquête de Lucia Guerrero, j’ai ressenti cette sensation familière : l’intuition qu’un changement s’opérait.  Mais là, les Pyrénées céderaient-elles définitivement la place à l’Espagne ?

Quand le héros (Martin Servaz) créé par un écrivain (Bernard Minier)  nous parle  du 2° livre de cet écrivain où il a cédé sa place à Lucia ...

Servaz remplacé par Lucia

L’examen attentif des “Effacées” révèle une évolution troublante dans l’œuvre de Minier. Derrière cette évidence apparente — une double enquête, l’une en Galice et l’autre à Madrid — se cache peut-être une vérité plus complexe : Bernard Minier cherche-t-il à me remplacer définitivement ?

Il convient de s’interroger sur la construction narrative du dernier livre de Bernard, ‘‘Les Effacées’’. Deux tueurs, deux mondes, deux enquêtes parallèles. Lucia Guerrero navigue entre les invisibles de Galice et les milliardaires madrilènes avec une aisance que je reconnais, mais qui m’interroge. Cette femme — Lucia — possède-t-elle vraiment cette capacité d’adaptation que Minier me prêtait autrefois dans les vallées pyrénéennes ?

Un thriller  avec une dimension sociale

L’atmosphère demeure maîtrisée — brumes galiciennes, luxe clinquant de Madrid — mais quelque chose a changé. Là où mes enquêtes puisaient dans la mélancolie montagnarde, Lucia évolue dans un univers plus urbain, plus connecté. Le logiciel DIMAS[1] de “Lucia” cède ici la place à une approche plus traditionnelle, mais l’auteur semble avoir trouvé en elle une héroïne capable de porter des enjeux sociaux contemporains.

Dans ‘‘Les effacées’’, des Galiciennes font écho aux oubliés de nos sociétés, tandis que les riches assassinés incarnent une justice populaire fantasmée. Minier utilise Lucia pour explorer des territoires que mes propres enquêtes n’avaient qu’effleurés. Cette dimension sociale, cette conscience politique, révèlent-elles les limites de mon propre univers ?

Un style efficace

La technique narrative reste reconnaissable — alternance des rythmes, intégration documentaire, suspense psychologique — mais appliquée à un personnage qui semble moins tourmenté que moi. Lucia Guerrero possède cette détermination que je n’ai jamais eue, cette capacité à agir sans se perdre dans l’introspection. Est-ce là ce que cherchait vraiment Minier ? Un enquêteur moins complexe, plus efficace ?

L’évidence cache souvent la vérité : derrière ce thriller social se dessine peut-être l’aveu d’un auteur lassé de mes questionnements perpétuels, de ma mélancolie pyrénéenne. Lucia incarne une modernité que je ne peux plus représenter. Il y a quelque chose de troublant à observer son créateur s’éloigner ainsi.

[1] Lire le livre précédent de Bernard Minier, LUCIA

Infos +

Martin Servaz ne nous avait pas tout dit. En effet, son créateur avait déjà en route un nouveau roman avec Martin. Il y retrouve un certain Julian Hirtmann. On en parle bientôt, ici, sur MaCommune.info

Si vous appréciez cette présentation du livre de Bernard Minier, Les effacées, d'autres livres, articles et infographies sont disponibles sur le site internet de Thierry Brenet.

Les visuels (à l'exception de la couverture du livre) ont été créés par Thierry Brenet à l'aide d'une IA générative.

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