Le Bisontin Abdelhamid Hakkar relaxé dans une affaire de carte d’identité

Publié le 16/03/2012 - 13:49
Mis à jour le 16/03/2012 - 16:22

Abdelhamid Hakkar, incarcéré depuis 27 ans pour le meurtre d'un policier qu'il a toujours nié, a été relaxé vendredi par le tribunal correctionnel de Colmar dans une complexe affaire de carte d'identité frauduleuse, quatre jours avant sa remise en liberté de la centrale d'Ensisheim près de Mulhouse.

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Abelhamid Hakkar en prison@dr
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Abdelhamid Hakkar, 56 ans, était poursuivi pour avoir obtenu frauduleusement une carte d’identité française, un motif apparemment futile mais qui avait toutefois bloqué une de ses demandes de libération conditionnelle en 2010.


« Je me demande ce qu’on fait là, c’est totalement incongru mais tout ce qui concerne Abdelhamid Hakkar au plan judiciaire est complètement hors norme », a souligné son avocate, Me Marie-Alix Canu-Bernard.

La présidente du tribunal et la procureure n’ont pas fait durer le suspense en affirmant dès l’entame des débats qu’elles iraient dans le sens d’une relaxe de M. Hakkar, mais l’avocate du prévenu a malgré tout fait citer deux témoins et a plaidé durant de longues minutes.

« On me refixe cette audience juste avant sa libération conditionnelle, cela m’a rendue perplexe et j’avais quelques inquiétudes », a noté Me Canu-Bernard. Son client, petit homme à moustache qui a longuement étudié le droit durant sa détention, a également pris la parole et montré qu’il était particulièrement au point sur les questions juridiques.

Sans surprise il a été relaxé car l’intention frauduleuse dans sa demande de carte d’identité n’a pu être prouvée. Ce document administratif lui est indispensable pour pouvoir travailler durant sa liberté conditionnelle.
Abdelhamid Hakkar doit sortir de prison mardi. Il sera placé sous bracelet électronique au sein de sa famille à Besançon et travaillera dans une association de réinsertion de détenus.

Il a été condamné à trois reprises à la perpétuité pour le meurtre d’un policier à Auxerre en 1984. Hakkar, qui faisait partie des « 10 de Clairvaux » ayant demandé le rétablissement de la peine de mort en 2006, avait notamment obtenu de la Cour européenne des droits de l’Homme d’être rejugé après une procès où ni lui ni son avocat n’étaientprésents. Durant sa détention, il a notamment été transféré à 45 fois et a passé 12 ans à l’isolement. Il a également été condamné pour quatre tentatives d’évasion.

(source : AFP)

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