Le budget au Sénat, dernières heures apaisées pour un gouvernement en sursis

Publié le 25/11/2024 - 14:45
Mis à jour le 25/11/2024 - 14:27

Le Sénat s’est saisi lundi 25 novembre 2024 du projet de budget du gouvernement pour 2025, prêt à soutenir l’essentiel des mesures de ce texte à haut risque pour Michel Barnier, toujours menacé de censure par le Rassemblement national.

 © Sénat/Facebook
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En quête de 60 milliards d’euros d’économies pour redresser des finances publiques en berne et ramener le déficit à 5% du PIB en 2025, le Premier ministre compte sur la chambre haute, dominée par sa famille politique des Républicains.

Celle-ci peut en effet lui donner davantage d’assise en approuvant ce projet de loi de finances pour 2025, l’épreuve parlementaire la plus difficile pour le gouvernement, privé de majorité à l’Assemblée nationale.

Et la pression sur le Premier ministre reste forte: après un rendez-vous à Matignon lundi, Marine Le Pen lui a promis la censure si le budget restait "en l’état".

L’examen du texte par le Sénat, où le RN ne dispose que de trois élus, lui donnera-t-il des garanties supplémentaires? Les prochains jours le diront. Les sénateurs ont entamé lundi l’examen du volet "recettes" et se pencheront dès la semaine prochaine sur les dépenses. Un vote solennel est prévu le 12 décembre.

"Sans complaisance"

Rejeté en première lecture à l’Assemblée, le budget arrive au Sénat dans sa version initiale, celle soumise par le gouvernement. Il faut donc repartir de zéro, mais ce n’est pas plus mal pour la coalition gouvernementale, représentée au Palais du Luxembourg par près de 250 sénateurs sur 348, du puissant groupe LR au petit groupe radical RDSE, en passant par l’Union centriste et ses 60 élus, incontournables dans cette chambre.

"Pour la première fois depuis au moins sept ans et sans doute une dizaine d’années, il y a une claire majorité au Sénat pour accompagner et pour soutenir - sans complaisance mais de manière positive -, l’action du gouvernement", a insisté ces derniers jours Michel Barnier.

Ce budget "est perfectible et nous comptons évidemment, plus que sur toutes autres, sur les discussions qui vont avoir lieu dans cet hémicycle pour en améliorer le contenu", a lancé le ministre de l’Economie Antoine Armand, en ouverture des débats à la chambre haute.

C’est dans cette optique que les sénateurs du "socle commun" - issus de cinq groupes de l’hémicycle - ont abordé l’examen de ce texte, en tentant dès que possible de se coordonner.

Censure ?

Si le Sénat donne son aval à la "contribution exceptionnelle" sur les bénéfices des grandes entreprises ou sur l’imposition minimale demandée aux ménages les plus aisés pendant trois ans, il s’agira en effet d’un premier signal fort en faveur du gouvernement. La chambre haute risque tout de même de poser quelques marqueurs en disant non à l’augmentation de la taxe sur l’électricité, et surtout en réduisant la contribution demandée aux collectivités territoriales, toujours choyées dans cet hémicycle.

"L’effort de 5 milliards d’euros n’est pas envisageable. Nous souhaitons le limiter à 2 milliards et réaliser les 3 milliards d’économies ailleurs", a promis le président du Sénat Gérard Larcher devant le Congrès des maires de France. La gauche, minoritaire, ne manquera pas, de son côté, de s’indigner face à ce qu’elle qualifie de "renoncement".

Sur Public Sénat, le ministre du Budget Laurent Saint-Martin a dit toujours espérer aboutir à un effort budgétaire "autour de 60 milliards". Mais "si c’est un petit peu moins, ce n’est pas très grave", quitte à ce que le déficit atteigne "un petit peu plus" que les 5% du PIB visés.

Après le Sénat, sept députés et sept sénateurs tenteront de trouver un compromis sur le budget lors d’une commission mixte paritaire (CMP). S’ils y parviennent, la version finale du texte semble promise au 49.3 à son retour devant les députés. Et donc à une motion de censure examinée autour du 20 décembre.

"Collectivement (...) le pays s’est mis dans la tête que le Rassemblement national avait (...) +les clés+ de l’avenir de ce gouvernement. Pardon, mais c’est faux", a souligné Laurent Saint-Martin, appelant les socialistes à "se rapprocher d’une grande coalition responsable au service [du] pays".

(Source AFP)

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