Le Sénat adopte le budget de la "Sécu", malgré le 49.3

Publié le 22/11/2023 - 11:32
Mis à jour le 22/11/2023 - 11:17

Le projet de budget de la Sécurité sociale a été adopté mardi 21 novembre 2023 par les sénateurs, qui l'ont remanié pour alerter le gouvernement sur le "trou de la Sécu", à l'ombre d'un 49.3 qui limite les chances de voir des propositions sénatoriales conservées par l'exécutif.

Sénat  CC2 ©
 © Jacques Paquier
Sénat  CC2 © © Jacques Paquier

"Insincérité", "trajectoire préoccupante"... Après d'intenses débats la semaine dernière, la chambre haute dominée par l'opposition de droite a épinglé ce projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) mais l'a adopté à 184 voix contre 108.

Le texte, sur lequel sénateurs et députés n'ont pas trouvé de compromis dans la soirée mardi, va revenir dès jeudi sur le bureau de l'Assemblée nationale. Avec à nouveau une utilisation probable de l'article 49.3 de la Constitution par le gouvernement pour éviter de passer par un vote, très dangereux en l'absence de majorité absolue pour le camp présidentiel.

"C'est un PLFSS désenchanté, qui nage dans les eaux troubles du déficit", a dénoncé le sénateur Olivier Henno, membre du groupe centriste allié des Républicains. "Un aveu d'impuissance" du gouvernement qui "transmet la dette sociale aux générations futures sans l'once d'un embarras", a renchéri la sénatrice Corinne Imbert, apparentée LR.

  • Le déficit de la "Sécu", fixé à 8,8 milliards d'euros en 2023 puis 10,7 milliards en 2024 selon les dernières prévisions du gouvernement, pourrait atteindre 17,5 milliards à l'horizon 2027. Des projections jugées "sous-estimées" par le Sénat.

La chambre haute a remanié ce budget de la "Sécu" sur différents pans comme la fraude sociale, la délivrance de médicaments à l'unité ou la réforme du financement des hôpitaux. Mais ses efforts risquent d'être vains : l'article 49.3 permet au gouvernement de conserver uniquement les mesures qu'il souhaite et tourner le dos à toutes les autres.

"Désarçonnant"

"C'est désarçonnant", s'est alarmé le sénateur socialiste Bernard Jomier au cours des débats. "On peut discuter autant qu'on veut, on n'a aucune illusion", a-t-il ajouté, s'indignant devant les nombreuses mesures ajoutées par le gouvernement à son budget à la dernière minute, sans avis du conseil d'Etat ni étude d'impact.

Ce PLFSS "est réaliste, ambitieux et soutenable", a rétorqué mardi la ministre déléguée aux Professions de Santé, Agnès Firmin Le Bodo.

"Nous avons eu des désaccords réels mais nous nous rejoignons sur un point: il faut doter notre pays d'un budget de la Sécurité sociale", a-t-elle ajouté, un tacle à peine masqué à l'attention des députés, qui avaient rejeté ce texte en commission avant de voir son examen en séance escamoté par l'utilisation du 49.3.

Au cours de la semaine de débats, le ministre des Comptes publics, Thomas Cazenave, avait dû constater l'impasse: "J'aurais eu beaucoup de mal à vous convaincre", a-t-il relevé, dépité.

De coup de semonce en coup de semonce, le Sénat a en effet rejeté plusieurs dispositions du texte comme la trajectoire budgétaire 2024-2027 ou l'objectif de dépenses de l'Assurance maladie pour 2024, fixé par le gouvernement à 254,9 milliards d'euros.

"Taxe sodas" et "taxe lapin"

Les sénateurs ont montré leur désapprobation concernant plusieurs réformes du gouvernement, en reportant par exemple à 2028 celle de la tarification à l'activité (modèle de financement des hôpitaux). Ils ont également tenu à faire figurer dans le texte de loi des dispositions permettant de s'assurer que l'exécutif ne ponctionnera ni la caisse de retraites complémentaires du privé Agirc-Arrco, ni l'Unédic.

Le Sénat a aussi tenté de s'assurer que le gouvernement ne procédera pas au doublement des franchises médicales - le reste à charge des assurés sur les médicaments et les consultations -, un dossier sur lequel "aucune décision n'est prise" selon le ministre de la Santé, Aurélien Rousseau.

Quelques ajouts de la Haute Assemblée ont toutefois fait parler, comme cette "taxe lapin" visant à pénaliser des patients qui n'honoreraient pas leurs rendez-vous médicaux, ou cette augmentation des taxes sur les boissons sucrées, adoptée contre l'avis du gouvernement à l'initiative du groupe... macroniste.

Autant de mesures qui disparaîtront, sauf surprise, du budget final de la "Sécu" lors d'une nouvelle lecture à l'Assemblée nationale, vouée au 49.3.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Politique

Municipales 2026 : quand Séverine Véziès parodie Ludovic Fagaut sur les réseaux sociaux…

Depuis le lancement de sa campagne municipale, Ludovic Fagaut, candidat Les Républicains à la mairie de Besançon, publie régulièrement des vidéos sur les réseaux sociaux. On l’y voit parcourir différents quartiers de la ville, exposer sa vision et critiquer la situation actuelle. Ce format très reconnaissable a récemment été repris et détourné par Séverine Véziès, candidate de La France insoumise, dans une vidéo lundi 12 janvier 2026 consacrée à la neige, à un tire-fesses jusqu'à la gare et des pingouins à la Citadelle...

Sondage – Comptez-vous aller voter aux élections municipales 2026 ?

Les élections municipales se dérouleront les 15 et 22 mars 2026. Les alliances se sont resserrées et la campagne commence bel et bien à l’approche du premier tour… Reste encore à avoir les programmes complets des candidats.. Et vous ? Comptez-vous aller voter aux prochaines élections municipales ? C’est notre sondage de la semaine.

Élections municipales 2026 : dépôt des listes en préfecture au plus tard le 26 février

Dans le cadre des élections municipales et communautaires prévues les 15 et 22 mars 2026, la préfecture du Doubs rappelle que la date limite de dépôt des listes de candidats pour le premier tour est fixée au jeudi 26 février 2026. Dans le Doubs, cette échéance est définie par l’arrêté préfectoral du 18 décembre 2025, qui précise les dates et modalités des déclarations de candidatures dans le département.

Municipales à Besançon : Allenbach évoque une alliance entre Fagaut et le RN au second tour

Dans un communiqué du 10 janvier 2026, Jean-Philippe Allenbach, président du Mouvement Franche-Comté, expose une stratégie mettant en avant l’hypothèse d’un rapprochement entre Ludovic Fagaut et le Rassemblement national dans le cas où Anne Vignot s'allierait avec La France insoumise au second tour.

Le ministre de la Transition écologique en déplacement dans le Jura le 12 janvier

Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, se rendra dans le Jura le lundi 12 janvier 2026. Ce déplacement est consacré à la mise en œuvre des politiques publiques de transition écologique dans les territoires, notamment à travers les dispositifs du Fonds vert et du Fonds chaleur.

Municipales 2026 : Anne Vignot inaugure son local de campagne devant près de 200 personnes

La maire sortante de Besançon et candidate à sa réélection Anne Vignot, a inauguré samedi 10 janvier 2026 son local de campagne pour les élections municipales, situé au 49 Grande rue, en centre-ville. Environ 200 personnes étaient présentes pour l’événement, qui a rassemblé des sympathisants, des militants et plusieurs représentants de partis de gauche et écologistes, dont le Parti socialiste.

Le Parti socialiste rejoint Anne Vignot : Place publique se retire de l’élection municipale…

Municipales 2026 • Le mouvement social-démocrate Place publique, co-présidé par Raphaël Glucksmann et Aurore Lalucq, a annoncé qu’il ne participera pas à la coalition de gauche conduite par la maire sortante Anne Vignot pour les élections municipales de 2026 à Besançon. Cette coalition devrait, selon le mouvement, s’allier avec La France insoumise au second tour.

Municipales 2026 : Séverine Véziès inaugure son local de campagne rue Battant à Besançon

C’est au tour de Séverine Véziès, candidate de la France insoumise à l’élection municipale de Besançon d’inaugurer sa permanence de campagne située au 62 rue Battant. Avec sa liste d’union populaire et écologique ”Faire mieux pour Besançon”, la candidate souhaite y accueillir les Bisontines et les Bisontins pour les écouter et poursuivre l'élaboration de son programme.

Entre inquiétudes mondiales et humour local, le préfet du Doubs présente ses vœux

À l’occasion de la cérémonie des vœux à la préfecture, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a dressé un bilan de l’année 2025 et présenté les grandes priorités de l’État pour 2026. Comme à son habitude, il a aussi glissé une touche d’humour et de légèreté, bienvenue ”dans une période qui en manque singulièrement” , dans un contexte international tendu.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 8.49
couvert
le 14/01 à 03h00
Vent
4.59 m/s
Pression
1017 hPa
Humidité
75 %