Les agriculteurs campent autour de Paris, le gouvernement promet des annonces ce mardi

Publié le 30/01/2024 - 09:56
Mis à jour le 30/01/2024 - 09:56

Des milliers d'agriculteurs mobilisés en France, dont un millier qui bloquent des autoroutes autour de Paris: le monde agricole ne relâche pas lundi soir la pression sur le gouvernement qui promet de "nouvelles mesures" dès mardi 30 janvier 2024 après un premier volet jugé insuffisant. Pour rappel, un convoi est parti de la Haute-Saône.

 © Hélène Loget
© Hélène Loget

Tout autour de Paris, des portions d'autoroutes sont fermées à la circulation à quelques dizaines de kilomètres de la capitale, selon le site Sytadin. Paris elle-même n'est pas bloquée, ni le marché vital de Rungis (Val-de-Marne) et les aéroports parisiens.

De "nouvelles mesures seront prises dès demain" en faveur des agriculteurs, a annoncé la porte-parole du gouvernement Prisca Thevenot à l'issue du Conseil des ministres.

Le chef du gouvernement, Gabriel Attal, a reçu dans la soirée le président du premier syndicat agricole français FNSEA, Arnaud Rousseau, et son homologue du syndicat allié Jeunes agriculteurs (JA) Arnaud Gaillot. Ils n'ont pas pris la parole à l'issue et n'étaient pas joignables par l'AFP.

Non convié, le syndicat minoritaire Confédération paysanne, de gauche, appelle les autres organisations à porter avec lui principalement "deux mesures": "l'arrêt des accords de libre-échange et la suspension immédiate de toutes les négociations" et "l'interdiction formelle de l'achat des produits agricoles en dessous de leur prix de revient".

Les organisations écologistes s'inquiètent d'un éventuel retour en arrière sur les normes environnementales, les syndicats majoritaires tentant de pousser leur avantage. Ils demandent notamment de revenir sur des restrictions d'usage des pesticides.

"Pas envie d'embêter"

Selon une source policière, "un peu moins de 10.000 agriculteurs étaient mobilisés sur le terrain dans toute la France" lundi en fin d'après-midi, "avec près de 5.000 engins". "Les blocages autour de Paris comptent un millier d'agriculteurs et un peu plus de 500 engins", selon cette même source qui relève que "l'objectif de tenir jusqu'à vendredi est manifeste".

A une trentaine de kilomètres à l'est de la capitale, à Jossigny (Seine-et-Marne), l'A4 est bloquée. Camions frigorifiques, groupes électrogènes, citernes d'eau et toilette de chantier: le groupe de manifestants s'est donné les moyens de tenir pendant au moins trois jours. Une vingtaine d'entre eux a prévu de passer la nuit dans un semi-remorque au plancher recouvert de paille. "On a tous envie de retourner auprès de nos cultures et de nos animaux," assure Samuel Vandaele, secrétaire général de la FDSEA 77 et ex-président des JA. "On n'a pas envie d'embêter nos concitoyens", ajoute-t-il, tout en organisant le campement.

A l'ouest, l'autoroute A13, qui relie la Normandie à Paris, est fermée dans les deux sens vers la gare de péage de Buchelay, dans les Yvelines. Les agriculteurs se sont organisés pour tenir jusqu'à jeudi, avec tours de garde et renforts prévus mardi. L'A6, au sud de Paris, et l'A1, au nord, sont aussi coupées, dans ce dernier cas à quelques encablures de l'aéroport Paris-CDG. Même mot d'ordre: les agriculteurs dormiront sur place "le temps qu'il faudra", dit le vice-président de la FNSEA, Luc Smessaert.

Modération

Le gouvernement laisse faire et encadre les manifestants, mais veut empêcher que les tracteurs n'entrent dans "Paris et les grandes villes", le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin demandant de la "modération" à ses troupes.

M. Attal, qui fera sa déclaration de politique générale mardi, a dévoilé vendredi de premières mesures, dont des indemnités gonflées pour les éleveurs dont les bovins ont été touchés par la maladie hémorragique épizootique et l'abandon de la hausse de la taxe sur le gazole non routier (GNR). Mais il n'y a pas que les tracteurs qui roulent au GNR. Et les artisans du bâtiment ont dénoncé lundi une "iniquité de traitement" car leur niche fiscale est toujours vouée à disparaître.

Les manifestants disent attendre autre chose que des "mesurettes" dans une France qui a perdu les trois quarts de ses exploitants en 50 ans et recourt de plus en plus aux importations: un poulet consommé en France sur deux vient d'ailleurs, comme 60% des fruits. Dans le Lot, des agriculteurs ont pénétré dans un supermarché Leclerc à Capdenac pour y prélever des produits importés. Selon la préfecture, ils ont emporté l'équivalent de 25 chariots. Des denrées ont été remises aux Restos du cœur, a affirmé Julien Vielcazal, président des JA du Lot, à une correspondante de l'AFP.

Le marché de gros de Rungis, poumon alimentaire de la capitale, est protégé par des blindés de la gendarmerie, destination annoncée d'une trentaine de tracteurs qui ont pris la route lundi matin depuis Agen, à l'appel du syndicat Coordination rurale. Ceux-ci n'arriveront pas avant mardi soir ou mercredi. Signe d'une certaine fébrilité, la préfecture de la Drôme a demandé aux habitants du département "de ne pas constituer de stocks alimentaires", assurant que "les principales grandes surfaces de la Drôme restent correctement approvisionnées en denrées alimentaires et en carburant".

L'enjeu est loin d'être circonscrit au territoire national, les agriculteurs recevant l'essentiel de leurs subsides de l'Union européenne, via la PAC.

L'Elysée a annoncé que le chef de l'Etat Emmanuel Macron allait s'entretenir avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen jeudi à Bruxelles de la crise du monde agricole et des mesures de soutien que les agriculteurs demandent au niveau de l'UE.

(Source AFP)

Politique

" Casseurs-payeurs " : un projet de loi critiqué au Sénat, en plein coeur de la contestation

Au coeur d'un automne marqué par de nombreux mouvements de contestation virant parfois aux pillages, le Sénat se penche mardi sur le projet de loi "casseurs-payeurs" et ses mesures décriées sur la responsabilité collective des fauteurs de trouble et la saisie de leurs prestations sociales.

Le sénateur Longeot dépose un amendement pour interdire de manifester à visage dissimulé

Jean-François Longeot, sénateur du Doubs, a déposé un amendent visant à interdire de manifester avec le visage dissimulé. Ce dernier sera consulté dans le cadre de l'examen, mardi 27 octobre 2026, du Projet de loi relatif à la réparation des dommages résultant de dégradations commises dans l'espace public.

Attaques de Trappes : les élus de l’opposition municipale de Besançon demandent au maire d’organiser un rassemblement lundi à 18h00

Mise à jour • Un homme a tué une personne et fait cinq blessés dans les Yvelines vendredi 23 octobre 2026 lors d'une attaque "terroriste raciste" selon Emmanuel Macron. Les élus de l’opposition demandent à Ludovic Fagaut, le maire de Besançon, d’organiser un rassemblement à 18h00 place Granvelle lundi 26 octobre 2026.

Olivier Rietmann réélu à la tête de la Délégation aux entreprises du Sénat

Le sénateur de la Haute-Saône a été reconduit jeudi 22 octobre 2026 pour trois années supplémentaires à la présidence de cette instance parlementaire, qui rassemble plus de 40 sénateurs de différents horizons politiques, chargée de rapprocher le Sénat du monde économique et de soutenir le développement des entreprises.

À Besançon, À Gauche Citoyens ! condamne les violences et défend les revendications sociales

L’association À Gauche Citoyens ! condamne les violences, les dégradations et les pillages survenus en marge de la manifestation du 17 octobre. Dans un communiqué daté du 19 octobre 2026, elle défend les revendications portées par les manifestants et critique la politique du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le collectif annonce également qu’il ne s’est pas associé à l’appel du maire de Besançon lundi soir.

Rassemblement contre les violences urbaines à Besançon : un appel à l’apaisement qui tourne à la confrontation

VIDÉO • Réunis lundi 19 octobre devant l’hôtel de ville à l’appel de l’Association des maires de France et de France urbaine, environ 250 personnes ont répondu à l’invitation du maire, Ludovic Fagaut. L’arrivée d’un contre-rassemblement d’une centaine de personnes a rapidement tendu l’atmosphère. Entre condamnation des dégradations, revendications sociales et désaccords sur les valeurs républicaines, les échanges ont illustré les divisions apparues après les événements du 17 octobre.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 10.57C°
couvert
le 28/10 à 10h00
Vent
2.94 m/s
Pression
1028 hPa
Humidité
92 %

Sondage