C'est en effet sous une chaleur de plomb, avec des pics attendus à 42 degrés mercredi selon Météo-France, que débutent les quatre semaines de promotions estivales. D'une intensité "exceptionnelle", la canicule est "de durée encore incertaine", selon d'institut météorologique, qui a placé mardi 58 départements en vigilance rouge et 31 autres en orange. 90% de la population française est donc exposée à des chaleurs extrêmes, un niveau jamais atteint.
"Centres-villes déserts"
Autre point positif : "la chaleur incite les gens à s'équiper pour l'été", estime auprès de l'AFP Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du commerce (grandes enseignes). "Vendre des maillots de bain sous la pluie, ça ne fonctionne pas..."
Mais la canicule, c'est aussi le risque que les consommateurs restent chez eux, ne souhaitant pas s'aventurer au milieu des bâtiments et des rues bétonnées, ou dans les transports en commun.
"Pour les commerces indépendants dans les rues, c'est une catastrophe", regrette Pierre Talamon, président de la Fédération nationale de l'habillement, redoutant des "centres-villes déserts".
Contexte "défavorable"
"Le grand gagnant de la canicule, c'est l'e-commerce", appuie de son côté Gildas Minvielle, directeur de l'observatoire économique de l'Institut français de la mode (IFM).
Mais ce report des ventes ne sera pas équitable entre les enseignes, dit-il: lorsque les consommateurs achètent en ligne, ils se dirigent selon lui davantage vers les plateformes d'ultra fast-fashion asiatiques, telles que Shein ou Temu, au détriment des boutiques en ligne des autres marques, présentes en magasin.
"Pour beaucoup, les ventes en ligne sont associées à des prix bas, et donc à l'ultra fast-fashion", détaille M. Minvielle, précisant que ces enseignes possèdent les tarifs moyens les plus bas du marché.
Mais avec ou sans chaleur caniculaire, "il est rare que le bilan des soldes soit très satisfaisant", nuance-t-il. Depuis plusieurs années, les promotions se multiplient et s'étendent dans le temps, réduisant ainsi l'effet des soldes.
Et le marché de l'habillement "n'est pas épargné du contexte général défavorable de la consommation", relève-t-il, en pointant notamment l'effet néfaste de l'augmentation des prix de l'essence depuis le début de la guerre menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.
(Source AFP)


