Premier coup de pioche dans la déconstruction de la Rhodiaceta à Besançon...

Publié le 04/07/2017 - 18:20
Mis à jour le 10/07/2017 - 12:04

La ville de Besançon a lancé, ce mardi 4 juillet 2017, la démolition de la friche de 60.000 m2 de la filature de la Rhodiaceta (groupe Rhône-Poulenc), dont elle est devenue propriétaire après 25 ans de bataille judiciaire, pour aménager un grand parc urbain post-industriel. Le maire, Jean-Louis Fousseret, a officiellement remis les clés du site aux entreprises de démolition et participé à celle-ci en donnant le premier coup de "pioche".

Démolition de la Rhodiaceta à Besançon from maCommune.info on Vimeo.

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L’entreprise, lovée dans la vallée du Doubs, au pied de la Citadelle classée à l’Unesco, fut la « première filature de soie artificielle du monde » au milieu du XXe siècle, devenant le leader du fil synthétique en France, avant sa fermeture en 1982, souligne la municipalité.

« Un grand parc urbain de cinq hectares aménagé en 2019 »

« Un grand parc urbain de cinq hectares sera ensuite aménagé à l’issue des travaux, en 2019 », en conservant certains bâtiments emblématiques de
l’architecture industrielle, a indiqué Jean-Louis Fousseret « nous conserverons les bâtiments historiques du comte Hilaire de Chardonnet, la cathédrale, le château d’eau et le transbordeur ou quai de déchargement des péniches ».

Un chantier « lourd et complexe avec une phase de dépollution »
   

Le chantier « s’avère lourd et complexe » et s’accompagnera d’une importante phase de dépollution, a-t-il noté, précisant que « le coût de la démolition et de l’aménagement du parc public devrait avoisiner cinq millions d’euros au total ». La ville de Besançon est devenue propriétaire du site par décision de justice en mai 2015, pour un euro symbolique, mettant fin à 25 ans de bataille judiciaire entre la municipalité et l’ancien propriétaire, la société de promotion immobilière Physenti.

Le site de la Société de la soie Chardonnet a été acquis en 1952 par la société Rhodiaceta, du groupe français Rhône-Poulenc. « La Rhodia« , qui employa jusqu’à 3.500 salariés, fut aussi une usine au centre de la contestation ouvrière dès 1967. Son activité déclina avec l’ouverture du Marché commun, jusqu’à sa fermeture en 1982. Démantelée puis laissée à l’abandon pendant 30 ans par les propriétaires qui suivirent, l’usine est devenue le temple du graffiti.

Un « pincement au coeur » pour les anciens de l’usine

Jacques Mathey, un ancien employé de l’entreprise, ne cache pas une certaine émotion « nous avons toujours un pincement au coeur quand on se sépare de quelque chose. Ce site nous a nourri, nous y avons travaillé des jours, des nuits entières et les dimanches ». Cet ancien comptable et gestionnaire a commencé à y travailler à 18 ans « je suis sorti en 1956 licencié économique. En 1983, ils ont lancé un plan de formation que j’ai suivi pour être comptable et ils m’ont gardé avec 29 autres car j’avais une famille à charge », se souvient-il. 

Plus de 600 fresques

Un inventaire de plus de 600 fresques a ainsi été réalisé en septembre 2016 par un photographe, Nicolas Waltefaugle, et un sociologue, Nicolas Mensch. La plupart seront détruites avec la réhabilitation du site, mais leur rapport de 600 clichés et 400 pages sera conservé par la ville pour garder la mémoire de ce travail artistique, indissociable de l’histoire de la « Rhodia ».

(Avec AFP)

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