Un dîner au restaurant "Le Petit Nice" pour Emmanuel Macron et Angela Merkel

Publié le 07/09/2018 - 18:57
Mis à jour le 08/09/2018 - 08:44

Le président de la République accueille la chancelière allemande Angela Merkel ce vendredi 7 septembre 2018 à Marseille. Les deux dirigeants ont dîné  au restaurant trois étoiles "Le Petit Nice" du chef Gérald Passedat. Emmanuel Macron a ensuite déambulé dans les rues du vieux-port durant près d'une heure...

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Le célèbre restaurant marseillais du chef étoilé a été entièrement privatisé ce vendredi soir pour un dîner au sommet entre Emmanuel Macron et Angela Merkel. Les deux dirigeants sont repartis peu après 23h et n’ont pas dormi sur place.  Le président français a ensuite improvisé un bain de foule à la sortie de l’établissement. Il  a passé trois quarts d’heure avec des Marseillais vendredi soir sur le Vieux-Port, répondant aux questions sur l’affaire Benalla, le carriérisme des politiques ou les règlements de compte et bavardant même avec Jean-Luc Mélenchon à minuit passé.

Multipliant les selfies, au milieu des cris de « Macron » ou « Manu » enthousiastes, il a argumenté une dizaine de minutes avec un jeune homme qui accusait les politiques de carriérisme et lui demandait de s’expliquer sur l’affaire Benalla.

« Moi je gagnais beaucoup mieux ma vie avant. Je ne le fais pas pour moi, président, mais parce que je crois dans mon pays (…) Si je pensais avant tout à ma carrière je n’aurais pas fait ce que j’ai fait. Ce n’est pas le meilleur moyen de protéger ma famille, de mettre de l’argent de côté, de vivre tranquille et d’être considéré (…) », a répondu Emmanuel Macron.

Pour défendre les politiques, il a cité en exemple son adversaire de la France Insoumise. « Je ne partage pas les idées de Jean-Luc Mélenchon, mais il croit dans ce qu’il dit, il ne fait pas sa carrière. Il serait beaucoup plus tranquille s’il faisait autre chose« .

 

Interpellant le président,  le jeune homme têtu lui a ensuite demandé des comptes sur Alexandre Benalla, selon lui « protégé par l’Elysée » puisque « le ministre de l’Intérieur n’a pas saisi la justice » pour les violences commises par l’ancien collaborateur du président.

Ce qu’Emmanuel Macron a réfuté, avec énergie. « Il a été sanctionné par l’Elysée dès le lendemain. Il n’a pas été protégé », a-t-il assuré. « Au vu du contexte, il n’y avait pas matière à saisir la justice, car Alexandre Benalla était invité par la préfecture de police. » « On n’a rien caché. Il n’y pas eu obstruction de la justice, je vous le dis les yeux dans les yeux », a plaidé le président, alors que la commission d’enquête du Sénat va auditionner mercredi son chef de cabinet.

La question de la migration

« L’Allemagne et la France ont la même approche des problèmes (…) Nous devons continuer à oeuvrer pour la souveraineté de l’Europe », a déclaré la chancelière allemande après avoir été chaleureusement accueillie par le président français au palais du Pharo, avec une vue imprenable sur le Vieux-Port de Marseille.

Les deux dirigeants devaient passer quatre heures ensemble pour parler en tête à tête, puis avec leur équipe et enfin autour de l’une des plus belles tables marseillaises des nombreux sujets de l’actualité européenne, comme les migrations, la défense commune, le Brexit ou l’avenir de la zone euro.

En arrivant au Pharo, les deux dirigeants sont d’ailleurs passés en voiture à proximité de l’Aquarius, le bateau de l’ONG SOS Méditerranée, qui s’est retrouvé au coeur des disputes européennes pour accueillir les migrants cet été.

Jeudi, SOS Méditerranée a appelé « urgemment à un sursaut du couple franco-allemand » pour parvenir à « un mécanisme pérenne de débarquement » des migrants secourus en mer Méditerranée. La Méditerranée a été « plus mortelle que jamais » pour les migrants au cours des premiers mois de 2018, plus de 1.600 personnes ayant trouvé la mort depuis le début de l’année, selon un rapport du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU publié lundi.

Consolider l’arc progressiste

Avant d’arriver à Marseille en début d’après-midi, le président français a parachevé jeudi au Luxembourg une tournée européenne qui l’a conduit à rencontrer sept dirigeants en sept semaines. Emmanuel Macron souhaite consolider son « arc progressiste » face aux nationalisme.

Au menu des discussions, les deux dirigeants aborderont la question  de la montée du nationalisme anti-migrant qui progressent en Europe et jusqu’au cœur du gouvernement allemand. Cette rencontre intervient en effet au moment où la chancelière allemande, au pouvoir depuis 2005, est de nouveau fragilisée au sein de sa coalition, au terme d’une passe d’armes sur l’immigration jeudi avec son ministre de l’Intérieur, deux mois seulement après avoir évité l’éclatement de sa coalition sur ce sujet.

Horst Seehofer, président du très conservateur parti bavarois CSU, a affirmé que « la question migratoire est la mère de tous les problèmes » en Allemagne, disant comprendre les manifestations antimigrants de Chemnitz qui ont donné lieu à des échauffourées faisant plusieurs blessés. Des débordements qui « ne sont pas tolérables », a rétorqué la chancelière.

Ces questions migratoires, « la ville de Marseille les connait ô combien, comme toute la Méditerranée« , a estimé Emmanuel Macron. Marseille, port d’accueil depuis des siècles, est « un lieu propice pour discuter de cette question« , a abondé Angela Merkel.

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