Un octogénaire condamné à 15 ans de prison pour l’assassinat d’une nourrice

Publié le 24/01/2015 - 08:49
Mis à jour le 24/01/2015 - 08:49

Un octogénaire a été condamné vendredi à 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Haute-Saône à Vesoul pour avoir tué en 2013, d'une balle dans la tête, une nourrice qui passait devant chez lui avec une poussette.

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©Alexane Alfaro
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À l’issue de trois jours d’audience, Germain Hayaux, 87 ans, a été reconnu coupable de l’assassinat de Marielle Paris et d’avoir mis en danger l’enfant qui se trouvait avec elle.
L’avocate générale, Claude Ruard, avait requis 20 ans de réclusion criminelle, soulignant la préméditation des faits. L’accusé « a plus de 60 ans d’expérience de chasse. En choisissant le calibre 12, il savait quels dégâts cela ferait et il a tiré sur Marielle comme du gibier », a estimé la magistrate.
Cet homme irascible, aux nombreux problèmes de voisinage, a reconnu les faits. Il a dit qu’il était « énervé » contre la victime, comme il l’était contre beaucoup d’habitants de son village, mais sans réellement expliquer pourquoi.
Le 31 janvier 2013, à Malans (Haute-Saône), Germain Hayaux avait aperçu la nourrice de 50 ans passer devant chez lui avec un enfant dans une poussette. L’octogénaire était sorti avec un fusil de chasse, mettant en joue Mme Paris et tirant à deux reprises, avant de rentrer tranquillement dans sa maison, pour retrouver sa compagne.
La victime, qui se rendait à la descente du bus scolaire pour aller chercher des enfants, a été touchée à la tête, l’enfant qui l’accompagnait a été épargné. L’assistante maternelle, particulièrement appréciée dans le village de 130 habitants, avait succombé après trois semaines de coma.
Me Alexandre Liard, l’avocat de l’accusé, a obtenu de la cour qu’elle retienne que le discernement de son client était « altéré » au moment des faits. Tout au long du procès, l’homme de 87 ans est apparu diminué, affirmant « ne rien entendre », « ne rien comprendre ».
Son avocat a par ailleurs plaidé que la préméditation n’était pas établie. « C’est quelqu’un d’impulsif et quelqu’un d’impulsif ne prépare pas les choses à l’avance », a-t-il soutenu.
« M. Hayaux en voulait à tout le monde et Mme Paris était aimée de tout le monde: en la tuant, il faisait du mal à tout le village », a souligné Me Marjorie Weiermann, avocate de la famille de la victime.
La salle d’audience était bondée, de nombreux habitants du village ayant fait le déplacement pour soutenir la famille de la victime. A deux reprises, les maires successifs de Malans avaient prévenu les autorités de la dangerosité de M. Hayaux, qui possédait des armes de chasse.

(Source AFP)

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