À Besançon, le rooftop de la CCI Saône-Doubs avance, mais attend le feu vert des Bâtiments de France

Publié le 09/09/2026 - 08:00
Mis à jour le 08/09/2026 - 17:39

EXCLUSIVITÉ • Le projet de rooftop de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) Saône-Doubs, avenue Villarceau à Besançon, est toujours d’actualité. Près d’un an après l’annonce du projet sur maCommune.info, le dossier a même franchi plusieurs étapes techniques. Mais avant de voir les premières entreprises intervenir sur le toit, la CCI doit encore obtenir un feu vert administratif et trouver les financements nécessaires.

”Nous avons tous les dossiers qui sont prêts, nous avons les plans qui ont été faits, nous avons tous les calculs de résistance du toit”, nous informe Jean-Luc Quivogne, président de la CCI Saône-Doubs, contacté ce mardi 8 septembre. Selon lui, les études réalisées permettent désormais d'écarter la question de la solidité du bâtiment. ”Tout est OK pour recevoir ce bâtiment dans l'état des plans que nous leur avons fournis”, assure-t-il.

Le bois au cœur des discussions

Le principal dossier en suspens se trouve désormais du côté de l’architecte des Bâtiments de France (ABF). Le bâtiment de la CCI est situé dans un périmètre où son avis est requis. Or, la conception retenue pour le rooftop ne correspond pas nécessairement aux attentes de l’administration. ”Ils estiment qu'on est dans un périmètre et qu'il faudrait faire ce bâtiment en dur”, explique Jean-Luc Quivogne. Un choix qui, selon le président de la CCI, n’est pas compatible avec les caractéristiques de la toiture. ”On sait très bien qu'en dur, le toit ne supportera pas.”

Le projet prévoit donc une structure en bois. Un choix assumé par la CCI, qui rappelle que le bâtiment existant a lui-même été conçu dans cette logique. ”Le bâtiment a été fait en bois exprès et aux normes environnementales pour respecter toutes les normes acoustiques, visuelles, etc.”, précise-t-il.

Le dossier est actuellement entre les mains des Bâtiments de France. La CCI a parallèlement écrit à la préfecture et à plusieurs organismes de l’État pour faire le point sur les éventuels obstacles à venir. Le courrier a été envoyé fin juin. À ce jour, aucune réponse n’est encore parvenue à la chambre consulaire. ”Fin septembre, on relancera”, annonce Jean-Luc Quivogne.

La CCI cherche un investisseur

Autre frein, et non des moindres : l’argent. Lorsque le projet avait été dévoilé en novembre 2025, son coût était évalué entre 3,5 et 4,5 millions d’euros. La CCI envisageait alors encore de financer elle-même l’opération. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

”On avait les moyens de faire l'investissement, aujourd'hui, on n'a plus les moyens”, reconnaît le président de la CCI. Il met en cause la baisse importante des ressources fiscales des chambres de commerce ces dernières années. ”En 14 ans, les chambres de commerce ont vu leur baisse de ressources fiscales baisser d'un peu plus de 70 %”, déplore-t-il.

La stratégie consiste donc désormais à faire appel à un acteur privé. La CCI souhaite cibler en priorité de "grands groupes du secteur de la restauration". Mais pas question de lancer immédiatement la recherche d’investisseurs. La chambre veut d’abord savoir si le projet, dans sa configuration actuelle, pourra obtenir son autorisation.

Un restaurant d’environ 60 places

Le projet reste, dans ses grandes lignes, celui présenté en 2025. Il prévoit l’aménagement d’environ 500 m² sur le toit de la CCI, avec un restaurant et deux terrasses. Pour permettre au public d’y accéder sans passer par les locaux de la chambre, un ascenseur extérieur doit notamment être installé sur l’esplanade et relié au toit par une passerelle. Des espaces et des stationnements indépendants sont également prévus.

L’objectif est de créer un équipement qui puisse fonctionner sans perturber l’activité de la CCI. ”Ça n'entraverait strictement et absolument pas le fonctionnement de la chambre”, assure-t-il.

Une course contre la montre avant 2027

Reste désormais à débloquer le dossier administratif, puis à trouver le ou les partenaires financiers capables de porter l’investissement. Le calendrier est d’autant plus important pour Jean-Luc Quivigne qu’une nouvelle mandature doit débuter à la CCI en octobre 2027.

Le président de la CCI se veut malgré tout optimiste. ”Vous connaissez ma ténacité. Je pense honnêtement que j'y arriverai. Je mettrai peut-être un peu de temps, mais je pense que j'y arriverai”, nous confie-t-il.

”Une vue à couper au couteau sur la Citadelle”

Au-delà des contraintes administratives et financières, Jean-Luc Quivigne défend toujours avec enthousiasme l’intérêt du projet pour Besançon. ”Ce serait le seul beau rooftop qu'on aurait, avec une vue à couper au couteau sur la Citadelle, maintenant qu'elle est à nouveau illuminée”, estime-t-il.

Pour l’heure, aucune date d’ouverture ne peut être avancée.

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