CCAS de Besançon : où va l’argent de l’action sociale ?

Publié le 04/09/2026 - 11:35
Mis à jour le 04/09/2026 - 11:24

Le Centre communal d'action sociale (CCAS) de Besançon est responsable de la mise en œuvre des politiques sociales sur le territoire de la commune. Aides financières, accompagnement des seniors, accueil des personnes sans domicile, services de proximité : le CCAS intervient sur de nombreux fronts. Son rapport d’activité 2025, transmis à la presse fin août, permet de mesurer l’ampleur de ces missions et les moyens mobilisés, à l’heure où une nouvelle équipe municipale s’apprête à définir ses orientations en matière de politique sociale.

CCAS de Besançon © photo jean-Charles Sexe
CCAS de Besançon © photo jean-Charles Sexe

Le CCAS agit au sein d'un "environnement complexe marqué par une évolution permanente des besoins sociaux" et est "un acteur majeur de la conception et de la mise en œuvre des politiques sociales sur le territoire communal", peut-on lire dans le rapport d'activité du CCAS de l'année 2025.

Comment est financé cet écosystème ?

Le plus gros contributeur du budget du CCAS est la ville de Besançon, à hauteur de 40 %, et le second, à 17 %, vient des usagers. Arrivent ensuite l'État et le département, à respectivement 16 % et 11 %. Ce budget sert non seulement à financer le fonctionnement de l'organisme, mais contribue aussi à l'une de ses missions : financer des associations partenaires. "Ces partenariats ne sont pas périphériques mais pleinement constitutifs de son action, qui s'inscrit dans la subsidiarité avec les autres intervenants", est-il précisé dans le rapport.

Les associations principales bénéficiaires

Les principales bénéficiaires des subventions du CCAS sont les associations d'aide alimentaire. 250 000 euros ont été alloués à l'association Boutique Jeanne Antide, ce qui a permis d'offrir 21.165 repas dans l'année 2025. La Banque alimentaire et les autres associations signataires de la charte de l'aide alimentaire ont reçu 150.800 euros afin de couvrir les besoins de 6.000 bénéficiaires en moyenne chaque semaine, rien qu'à Besançon. Ce budget est en augmentation de 6,25 % par rapport à 2024. Le CCAS affirme que "le nombre de bénéficiaires atteint, voire dépasse régulièrement, le seuil capacitaire des associations". À cette tension s'ajoutent "la crise du bénévolat et des difficultés croissantes d'approvisionnement en denrées, générées par l'inflation comme par la diminution des collectes auprès de la grande distribution".

Des services pour accompagner les plus fragiles

En plus de ses missions de financement et de coordination, le CCAS gère directement des services de proximité essentiels à la mise en œuvre des politiques sociales.

Le CCAS s'appuie sur des lieux d'accueil permanents, tels que la Maison des seniors à Battant, les antennes sociales de quartier (Planoise, Montrapon, Palente, Grette) et l'Espace France Services, à Planoise, qui héberge aussi son siège. Ces structures d'accueil sont les endroits où se rencontrent les bénéficiaires des politiques sociales et les travailleurs et travailleuses qui les accompagnent. En tout, ce sont 406 personnes qui travaillent pour l'organisme.

La Maison des seniors est le lieu où, selon le CCAS, 7 travailleurs sociaux "apportent une réponse de premier niveau à toutes les interrogations liées à l'âge, orientent les usagers vers les associations et les différents interlocuteurs : parcours logement, accès aux droits, culture, loisirs, activité physique adaptée". L'organisme complète : "les travailleurs sociaux assurent également des missions d'accompagnement social sur le long terme auprès des usagers des services à domicile ou auprès des habitants des résidences autonomie du CCAS". C'est aussi la Maison des seniors qui organise des événements, tels que la Journée des seniors qui, en 2025, a réuni 1 774 seniors de 64 ans et plus à Micropolis autour du thème de la musique.

Favoriser l'insertion sociale et profesionnelle

Le CCAS a également pour mission d'accueillir et de prendre en charge des personnes sans domicile stable. Ce service d'accueil et d'accompagnement social a permis de domicilier 1.303 personnes différentes et d'accueillir 298 personnes à l'abri de nuit en 2025.

Ce service est complété par le celui d'aides, secours et subsistance, qui s'appuie sur 3 piliers : l'aide légale, l'aide financière et l'aide alimentaire. Cet outil a pour but de "favoriser l'insertion sociale et professionnelle des personnes les plus en difficulté : aides aux projets, microcrédit, fonds énergie, fonds urgence santé", écrit l'institution. En 2025, 2.241 personnes ont été aidées, pour un montant global de 238.272 euros, dont 12.547 euros de prêts à taux zéro. Ces aides sont uniquement destinées aux personnes isolées de plus de 26 ans ou aux couples sans enfant mineur à charge. "Le contexte économique contraint ces dernières années avait fait craindre une augmentation des sollicitations d'aides financières, qui n'a finalement pas eu lieu. Les montants accordés connaissent même une baisse globale de 6,6 % en 2025", précise le CCAS.

L'aspect médico-social

Ces politiques de lutte contre l'exclusion se traduisent par la gestion d'établissements sociaux et médico-sociaux qui "couvrent les domaines d'intervention en direction de différents publics bénéficiaires en situation de vulnérabilité : personnes en situation de grande précarité, de troubles psychiques ou de handicap, personnes âgées en situation de risque de perte d'autonomie et d'isolement", explique le CCAS.

Un exemple concret est le dispositif "Un chez-soi d'abord", qui a offert 81 logements stables et "un accompagnement global aux personnes en situation de grande précarité ou d'exclusion, souffrant de troubles psychiques sévères", ajoute le CCAS.

Un centre d'hébergement existe aussi à l'Agora, situé à Montrapon. Ici, les dispositifs se concentrent sur l'hébergement d'urgence, et un autre s'inscrit dans un parcours à plus long terme. L'ensemble de ces logements est occupé à 93 %.

Dans l'optique de permettre aux populations de vivre dans des conditions décentes, le CCAS gère quatre résidences autonomie, implantées dans ou à côté d'un quartier prioritaire de la politique de la ville, qui "proposent des appartements pour personnes retraitées de plus de 60 ans, ou personnes en situation de handicap, qui souhaitent allier autonomie, lien social et sécurité", assure le CCAS. L'accent est mis sur le lien social et sur les rencontres intergénérationnelles ; c'est en cela que les résidences accueillent des jeunes en formation ou en premier emploi.

L'accent mis sur le vieillissement de la population

C'est dans cette optique que l'institution a produit une analyse des besoins sociaux. Les personnes âgées sont de plus en plus bénéficiaires des différents services qu'offre le CCAS. Le résultat "illustre la nécessité de prendre en compte dès à présent le vieillissement dans la diversité et la globalité des politiques publiques, et non plus dans le seul champ de l'action sociale", informe le CCAS. Les résultats de cette étude ont été communiqués lors de réunions organisées dans 6 quartiers de la ville de Besançon.

C'est grâce à sa connaissance du terrain, à travers le nombre de services que le CCAS pilote et coordonne, qu'il peut mener sa mission de conception des politiques sociales sur le territoire. L'ultime volet de son action est de participer à des études et de produire des idées permettant d'améliorer l'efficacité de son action et d'en faire profiter ses partenaires.

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