La course aux 500 parrainages est lancée. À Besançon, Séverine Véziès, l’une des deux coordinatrices nationales de La France insoumise chargées de recueillir les signatures nécessaires à la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2027, appelle les élus locaux à se mobiliser. Pour la responsable insoumise, le parrainage d’un candidat ne doit pas être considéré comme un soutien politique. Il relève, selon elle, d’une responsabilité institutionnelle confiée aux élus par la Constitution.
”On ne leur demande pas d’être d’accord avec nous”
Le message adressé aux maires est clair : parrainer ne signifie pas voter pour le candidat concerné. ”En fait, un parrainage ce n’est pas un soutien politique”, insiste Séverine Véziès. ”On ne leur demande pas d’être d’accord avec nous, on ne leur demande pas de valider notre programme”, poursuit-elle. Selon elle, l’enjeu est de permettre aux différentes sensibilités politiques de participer à l’élection présidentielle : ”On leur demande juste de faire en sorte que le pluralisme démocratique... puissent s’exercer en France et que notre démocratie fonctionne comme il faut.”
Un argument que Séverine Véziès met en regard du résultat obtenu par Jean-Luc Mélenchon en 2022. Le candidat de LFI avait recueilli 21,95 % des suffrages exprimés au premier tour. ”Parce que si un candidat qui a fait 22% en 2022 ne peut pas se présenter en 2027, je ne suis pas sûre qu’on soit dans une démocratie qui fonctionne vraiment correctement”, estime-t-elle.
Les maires au cœur de la collecte
À Besançon comme ailleurs, LFI entend désormais se tourner vers les élus habilités à accorder leur parrainage. Séverine Véziès insiste particulièrement sur le rôle des maires, qui représentent le principal contingent de parrains potentiels.
”Il y a 35 000 maires en France”, rappelle-t-elle, en précisant que les maires ne sont toutefois pas les seuls élus habilités : peuvent également parrainer un candidat les maires délégués, les conseillers départementaux et régionaux, les députés, les sénateurs ainsi que certains élus des trois principales villes françaises.
La responsable insoumise en profite d'ailleurs pour mettre en garde contre une confusion entre les ”grands électeurs” des élections sénatoriales et les élus pouvant parrainer un candidat à la présidentielle. Être grand électeur ne donne pas automatiquement le droit de parrainer. ”Nous, on est grands électeurs en tant qu’élus au conseil municipal. J’adorerais pouvoir accorder mon parrainage à Jean-Luc Mélenchon, mais malheureusement, je n’en ai pas le pouvoir”, explique-t-elle.
Pour convaincre les élus, Séverine Véziès défend une conception institutionnelle du parrainage. Elle compare notamment cette responsabilité à celle exercée par les maires lorsqu’ils célèbrent un mariage. ”Par exemple, un maire, il a la responsabilité de marier des gens. Même s’il n’aime pas les gens, il va les marier.” Avant de conclure : ”le parrainage républicain, c’est la même chose. C’est de leur responsabilité de permettre le pluralisme démocratique.”
Un argument qui vise directement les maires du Doubs susceptibles d’être sollicités dans les prochains mois.
LFI reconnaît une difficulté
La collecte s’annonce néanmoins délicate pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. ”Il est vrai qu’on n’a pas 500 parrains insoumis contrairement à d’autres forces politiques parce qu’on est une force politique jeune”, reconnaît Séverine Véziès, ”La France insoumise elle a 10 ans.” La responsable ne nie donc pas la difficulté, mais assure que le mouvement a commencé son travail auprès des élus.
En s'appuyant sur la Commission de rénovation et de déontologie de la vie publique, dirigée par l'ancien Premier ministre Lionel Jospin et remise au président Hollande en 2012, qui propose notamment de remplacer les traditionnels parrainages d'élus par un "parrainage citoyen" reposant sur un seuil de signatures populaires, le mouvement revendique ”pratiquement 360 000 parrainages citoyens” après avoir franchi le seuil de 150 000 signatures en moins de 24 heures, selon Séverine Véziès.
La coordinatrice fait également référence à l’appel lancé en 2022 par David Linnard, présenté comme un appel en faveur de l’accès des différents candidats à la présidentielle au scrutin malgré les difficultés à obtenir leurs parrainages. Selon Séverine Véziès, la situation politique de 2027 pourrait toutefois être différente. Elle affirme notamment que l’écart entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dans l’hypothèse d’un second tour ”est en train de s’amenuire”. Elle estime ainsi que LFI aurait ”de grandes chances de gagner cette présidentielle”. Une projection politique qui explique, selon elle, l’importance de la bataille actuelle autour des parrainages.
Pour l’heure, le mouvement ne souhaite pas communiquer de nombre précis concernant les parrainages d’élus déjà recueillis.


