Alexia Daval : le "gendre idéal" devenu meurtrier. Gray sous le choc

Publié le 31/01/2018 - 15:59
Mis à jour le 18/04/2019 - 12:32

Jonathann Daval, le "gendre idéal" qui cachait depuis trois mois son crime sous les pleurs, a avoué ce mardi 31 janvier 2018 avoir tué son épouse Alexia, retrouvée morte dans un bois à Esmoulins près de Gray en Haute-Saône.  "Sidérés", ses beaux-parents veulent comprendre sans accabler. Des questions restent en suspens...

maison daval gray
Perquisition dans la maison du couple Daval le 29 janvier 2018 à Gray© DR
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« Ils n’ont rien vu venir, maintenant ils voudraient comprendre », a déclaré Me Jean-Marc Florand, lors d’une conférence de presse à Vesoul (Haute-Saône), au lendemain du « coup très dur à encaisser » qu’ont été les aveux de l’informaticien de 34 ans.

« C’est une dispute violente qui a très mal tourné (…) Quand vous étranglez quelqu’un à mains nues et que vous voyez ses yeux, on ne peut pas dire que c’est un accident », a expliqué le conseil, contredisant les propos tenus la veille par les avocats de Jonathann Daval.

Me Ornella Spatafora et Me Randall Schwerdorffer ont affirmé que leur client avait tué l’employée de banque de 29 ans « par accident », qu’il « ne voulait pas », et qu’il était la cible de « violences verbales » de la part de sa femme qui, « en période de crise, pouvait avoir des accès de violence extrêmement importants ».

Vive réaction la secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes

La secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a jugé mercredi « proprement scandaleux » de mettre en avant la « personnalité écrasante » d’Alexia Daval, demandant « d’arrêter de trouver des excuses » aux féminicides.

Selon Me Florand, les parents d’Alexia n’avaient pas connaissance de violences. « Dans ce couple, il y avait une personnalité plus effacée et Alexia plus dominante, énergique, sportive, battante », a-t-il dit.

Encore des zones d’ombre

A la disparition de sa femme, Jonathann Daval était apparu sans cesse effondré, en pleurs, soutenu par ses beaux-parents qu’il a continué à voir quasiment quotidiennement depuis la mort d’Alexia.

  • « La comédie qu’il a jouée lui coûtera très cher dans l’esprit des jurés », a estimé l’avocat des parents, qui table sur un procès au mieux dans le courant de 2019. Mis en examen et écroué pour « meurtre sur conjoint », il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

L’enquête, démarrée il y a trois mois et menée par la Section de recherches (SR) de la gendarmerie de Besançon, épaulée par les gendarmes des groupements de Haute-Saône et du Doubs, se poursuit pour éclaircir les zones d’ombre restant autour de la mort d’Alexia Daval.

Le corps de la jeune femme, retrouvé le 30 octobre 2017 dissimulé sous des branchages dans le bois d’Esmoulins, près de Gray, non loin du domicile du couple, a été en partie calciné. Son mari affirme ne pas l’avoir brulé.

Gray sous le choc

Mardi, confronté à « plusieurs éléments accablants », -un traceur sur son véhicule professionnel attestant que le véhicule avait bougé le soir de la disparition d’Alexia, des traces de pneus correspondant à ce véhicule et un drap du couple retrouvé près du corps-, M. Daval a avoué avoir étranglé son épouse, « sans intention de donner la mort », ont expliqué ses conseils.

L’homme n’a avoué le crime qu’à la fin de sa garde à vue, acculé par les éléments scientifiques rassemblés par les gendarmes de la SR de Besançon. Il avait jusque-là toujours maintenu qu’Alexia était partie courir et n’était jamais revenue. C’est lui qui avait alerté les gendarmes.

Des questions restent en suspens: « Où l’a-t-il tuée ? Quand ? Pourquoi était-elle en tenue de joggeuse alors qu’elle n’est pas partie ? Est-ce qu’elle a souffert ? Qui l’a brulé ? », a dit l’avocat des parents d’Alexia. À Gray-la-ville (Haute-Saône), les quelque 2.000 habitants  étaient sous le choc et « abasourdis » mercredi matin.

Les femmes restent les premières victimes des violences au sein des couples: 123 femmes ont été tuées par leur compagnon, ex-compagnon ou amant en France en 2016, soit une tous les trois jours.

(Avec AFP)

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