Annie Genevard : "Emmanuel Macron a reculé"

Publié le 08/08/2017 - 19:01
Mis à jour le 09/08/2017 - 10:19

L’actu politique du moment, c’est le vote de la loi sur la moralisation de la vie politique. Annie Genevard, députée LR de la 5e circonscription du Doubs, participera ce mercredi 9 août 2017 au vote. La moralisation, la baisse des dotations aux collectivités, la réserve parlementaire. Annie Genevard dresse un premier bilan. Elle a répondu aux questions de la rédaction…

premier bilan

  • Ce mercredi 9 août voit les députés voter pour la version finale de la loi sur la moralisation de la vie politique. Ce jour signera également leur départ en vacances.

maCommune.info a tenu à interroger les députés du Doubs afin de dresser, avec eux, un bilan de ces premiers mois de législature… Annie Genevard, députée de la 5e circonscription du Doubs, s'est ainsi prêtée au jeu avec la rédaction.

maCommune.info : Trouvez-vous que cette loi soit allée assez loin ? Certains dénonçaient le "retrait" et les "mesurettes" pris par Emmanuel Macron, par exemple sur le casier judiciaire…  

  • Note : une promesse de campagne d'Emmanuel Macron était l'interdiction de se présenter à une élection pour une personne si celle-ci avait un casier judiciaire non-vierge. Finalement, le projet de loi prévoit qu'un juge décidera – ou non - d'une peine d'inéligibilité.

Annie Genevard : Emmanuel Macron a reculé. Le vrai problème, c'est la distance qui existe entre promesses et réalisation. Comme sur le verrou de Bercy, il a dû se rétracter parce que le travail avait été mal préparé. Sa mesure sur le casier judiciaire était en réalité inconstitutionnelle, il aurait pu y penser avant ! Il a juste créé un effet d'annonce mais le résultat n'est pas sérieux, on le voit aujourd'hui.

Bien sûr, il y a des mesures auxquelles je souscris, par exemple sur les emplois familiaux. Même si en réalité, il y a une distinction à faire entre emplois fictifs et emplois familiaux… Mais l'opinion publique exerçait une telle pression qu'il était certainement difficile de faire autrement.

La principale observation à faire est que souvent le parlementaire - député ou sénateur- a été présenté sous un jour défavorable. Ce n'est pas juste car cela ne rend pas compte de l'honnêteté du travail effectué. Cette loi stigmatise le parlementaire. La preuve, on a à peine éteint une polémique qu'une autre a ressurgi.

Quel est votre avis sur la suppression de la réserve parlementaire, qui permettait à un parlementaire de distribuer pour 130.000 euros de subventions aux agents qu'il voulait ? Celle-ci était notamment critiquée parce qu'on l'accusait de favoriser le clientélisme…

C'est vraiment une grosse bêtise. Je vois une démarche qui constituera un lourd préjudice aux associations et aux petites communes. Elles ne bénéficieront plus de l'aide que l'Etat pouvait leur apporter par mon intermédiaire. Cela s'ajoute aux 300 millions de baisse de dotations…

De plus, le mécanisme est très transparent. Je ne vois pas en quoi il est immoral, pas plus en tout cas que lorsque ce se sont des fonctionnaires qui décident de l'attribution des subventions. Désormais, on ne sait même pas comment la répartition va se faire. Ce sera soit disant transparent et égalitaire, mais pour l'instant c'est opaque et discret.

Que pensez-vous de la suppression de certains avantages des députés ? (régime de retraite calqué sur les autres régimes, tout comme le chômage, ou la fin de la gratuité des transports pour les anciens députés)

Il est normal de rentrer dans le droit commun. Toutefois, lorsqu'ils rentrent en fonction, les députés mettent leur carrière professionnelle entre parenthèse, avec une forte incertitude de l'avenir ; c'est ce qui justifiait ce dispositif particulier. Mais les Français ont besoin de gages et d'équité.

Je m'interroge tout de même : est-ce que cela suffira à faire disparaître la mauvaise image qu'a l'opinion publique des élus ? Aujourd'hui, tout est passé au crible, on créé polémique sur polémique… Je ne suis vraiment pas convaincue.

La dotation des collectivités locales va baisser de 13 milliards sur toute la France et de 50 millions sur Besançon. Quelles conséquences cela aura-t-il sur la vie des Français ? 

C'est insoutenable. On a perdu onze milliards sous le précédent quinquennat et on tire déjà tous la langue. On a fait des efforts et des économies; il faut bien voir, on a essayé de ne pas toucher aux services, aux subventions… Mais une baisse d'encore 13 milliards aura des conséquences. Soit on diminuera les services, soit on augmentera les impôts … Dans tous les cas, c'est le contribuable qui va payer. Si on ajoute à ça la hausse de la CSG, je trouve que l'Etat fait des économies à bon compte. Il semble qu'il y ait d'autres choses à réformer plutôt que de spoiler les collectivités locales, qui sont bonnes gestionnaires et utiles à la population.

Personnellement, j'attends qu'on fasse des réformes sur des secteurs ni cadrés ni maitrisés. Par exemple, dans le médical. On condamne depuis longtemps la dérive de l'AME, l'aide médicale d'Etat, qui atteint aujourd'hui le milliard. Il y a des choses à faire dans des domaines autres que les collectivités, car les sacrifices sur ces dernières fragilisent directement les Français.

Bien sûr, il y a des efforts à faire. Mais le problème, c'est que ces efforts ne sont pas équitablement partagés. L'Etat fait des économies sur le dos des collectivités plutôt que de réformer ; durant l'année 2017, Hollande faisait des dépenses non financées. Aujourd'hui, le gouvernement hérite de cette situation. Pire encore, Macron utilise les mêmes recettes dépassées de son prédécesseur…

Le vote de la loi a été reporté au mercredi 9 août ; qu'est-ce que cela implique pour votre départ en vacances ? Est-ce que cela vous gêne ?

Cela ne me gêne pas à titre personnel. Toutefois, l'Assemblée Nationale a cédé encore une fois à l'opinion publique et on nous fait revenir pour un unique vote. Je vais faire le trajet pour un jour, c'est dommage.

Où partirez-vous en vacances ?

Je pars faire de la marche en Auvergne ! 

Politique

Loi d’urgence agricole : deux rassemblements prévus samedi dans le Doubs avant le vote définitif

À quelques jours du vote définitif au parlement de la loi dite d'urgence agricole, prévu le 21 juillet 2026, deux rassemblements sont annoncés samedi 19 juillet dans le Doubs à l'appel de plusieurs associations. Baptisées ”À notre santé”, ces mobilisations se tiendront à 10 heures à la Gare d'eau de Besançon et à la Fontaine des Frenelots, entre Morteau et Les Fins.

Après des années de débats, le Parlement français approuve l'”aide à mourir”

Un vote historique : le droit à l'"aide à mourir", réforme sociétale majeure de la présidence Macron, a été entériné mercredi 15 juillet 2026 par l'Assemblée nationale, sous les applaudissements de partisans du texte, ses opposants regardant désormais du côté du Conseil constitutionnel.

Après trois mandat, Alain Joyandet fait ses adieux au Sénat

Le sénateur Alain Joyandet, a pris part le 8 juillet dernier à son ultime séance au Sénat durant laquelle il a pu poser une dernière question au Gouvernement en tant que sénateur de la Haute-Saône. L’homme politique avait annoncé en avril 2026 ne pas vouloir briguer un 4e mandat pour les prochaines élections sénatoriales qui auront lieu le 27 septembre 2026.

Incendies et sécheresse dans le Doubs : La France insoumise appelle à une réponse politique

Dans un communiqué du dimanche 12 juillet 2026, La France insoumise (LFI) du Doubs réagit à la multiplication des incendies et à la sécheresse qui touchent le département. Le mouvement estime que ces événements ne relèvent pas de phénomènes isolés mais sont liés au changement climatique et aux choix économiques et politiques.
 

Les Écologistes de Haute-Saône alertent sur l’avenir de la loi Nature, cinquante ans après sa promulgation

À l'occasion du cinquantième anniversaire de la loi relative à la protection de la nature, promulguée le 10 juillet 1976, le groupe des Écologistes de Haute-Saône appelle à renforcer les politiques de protection de la biodiversité et du climat. Le collectif estime que les principes fondateurs de cette loi sont aujourd'hui fragilisés, dans un contexte marqué par le réchauffement climatique et des restrictions budgétaires.

À Besançon, le permis de construire de la future école des Vaîtes est délivré

Le permis de construire de la future école des Vaîtes a été délivré, a-t-on appris dans un communiqué de la Ville de Besançon jeudi 9 juillet 2026, actant le choix d'une construction neuve plutôt que la réhabilitation de l'école Tristan Bernard. Cette décision intervient à l'issue des analyses techniques, fonctionnelles et financières menées ces derniers mois, nous précise-t-on.

L’Assemblée nationale approuve la présomption d’usage légitime des armes pour les forces de l’ordre : LFI parle de “permis de tuer”

La France insoumise Besançon a réagi à l'adoption, mardi 8 juillet, en première lecture par l'Assemblée nationale, d'une loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre faisant usage de leur arme. Dans un communiqué, le mouvement critique le soutien apporté à cette mesure par la majorité présidentielle, la droite et l'extrême droite, estimant que cette réforme constitue une atteinte à l'État de droit.

Face au changement climatique, les élus écologistes bisontins veulent construire des propositions avec les habitants

À Besançon, les élu(e)s Ecologistes, Génération.s et Société Civile du conseil municipal de Besançon misent sur le dialogue citoyen pour préparer la ville au changement climatique. C’est en ce sens qu’ils organiseront à la rentrée de septembre une convention citoyenne autour du sujet de la canicule et de la sécheresse afin de "nourrir des propositions" qu’ils présenteront ensuite en conseil municipal. D’ici là, les élus mèneront un cycle d’échange sous forme de rencontres informelles tout au long de l’été pour alimenter les réflexions.

Présidentielle 2027 : “Si on veut s’en tirer, faut se tirer !” selon le Mouvement Franche-Comté

Le président du Mouvement Franche-Comté (MFC), Jean-Philippe Allenbach, estime que les perspectives de l'élection présidentielle de 2027 justifient une réflexion sur l'avenir institutionnel de la Franche-Comté. Dans un communiqué intitulé ”Présidentielle 2027 : Si on veut s’en tirer, faut se tirer !”, il affirme que, compte tenu de la candidature annoncée de Marine Le Pen et des sondages actuels, les Francs-Comtois pourraient se retrouver sous la présidence de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, ce qu'il craint.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Les données météo sont momentanément indisponibles.

Sondage