Ces "petits" maires lessivés qui jettent l’éponge

Publié le 12/01/2020 - 09:01
Mis à jour le 10/01/2020 - 16:02

En zone rurale comme périurbaine, des « petits » maires pourtant passionnés ne se représenteront pas cette année, usés par la charge de travail et le manque de moyens mais aussi lassés de servir de souffre-douleur.

illustration (archives)  © D Poirier
illustration (archives) © D Poirier

Conseiller municipal depuis 1989 et maire depuis 2001, Christian Bresson ne sera pas candidat en mars à Saulx, village de 1 000 habitants dans le nord de la Haute-Saône, malgré les regrets de certains de ses administrés. "Les gens ne savent plus à qui réclamer quelque chose, ils viennent voir le maire pour tout et pour rien, surtout dans les communes de 1.000 habitants", constate cet ancien technicien qualité chez PSA à Vesoul.

Les services publics ont déserté sa commune, laissant l’élu seul face aux récriminations. Isolé, sans service technique, le maire de village fait "tout, tout seul" et devient "le souffre-douleur de la population" raconte M. Bresson, pour qui "la goutte d’eau qui a fait déborder le vase" a été son agression par l’un de ses administrés. "Maintenant, les gens viennent à la campagne et veulent les avantages de la ville, notamment au niveau des équipements, alors qu’on n’a pas les moyens", complète Philippe Bel, maire de Fouchécourt, commune bucolique de 117 habitants, à 30 kilomètres de Saulx, qui jette également l’éponge cette année.

Insomnies

Pourtant élue dans une commune plus peuplée et moins isolée, Anne-Catherine Weber, maire de Plobsheim (Bas-Rhin) – 4 400 habitants dans la grande couronne de l’agglomération strasbourgeoise – se dit elle aussi submergée par les attentes de ses administrés, sans commune mesure avec ses moyens. "Soit je recommence à dormir correctement, soit je continue mon rôle de maire", résume cette quinquagénaire venue à la politique par l’engagement associatif.

Dans son petit bureau aux murs jaunes, si mal isolé qu’elle y porte sa doudoune, Anne-Catherine Weber raconte les nuits passées à se tracasser, lorsqu’elle cherchait des fonds pour bâtir une nouvelle école ou des solutions pour les parents dont les enfants n’avaient pas de place au périscolaire. Elle pointe aussi les recours systématiques d’habitants qui allongent les délais de mise en œuvre du moindre projet. "On a mis un préfabriqué dans la cour de l’école maternelle, ça a donné un recours", soupire-t-elle.

Les trois élus, tous sans étiquette, décrivent pourtant les immenses satisfactions tirées de leur fonction, de la célébration des mariages à la fête de Noël des aînés où "vous emmagasinez du bonheur pour trois mois", en
passant par les journées citoyennes où chacun met la main à la pâte pour améliorer les espaces publics. Mais avec des normes toujours plus nombreuses et des moyens qui ne suivent pas, l’enthousiasme s’étiole, entre deux réunions et une avalanche de courriels.

580 euros par mois

"Avec la loi NOTRe (adoptée en 2015 et qui confie, entre autres, la gestion de l’eau et des déchets aux intercommunalités, NDLR), les compétences intéressantes vont partir aux communautés de communes et les maires des petits villages ne vont plus gérer que les problèmes de chiens, de voisinage, l’état civil, le cimetière… C’est gai !" prédit Philippe Bel. "La com’com, j’y croyais, mais on n’y a rien gagné. On va vers la fin des petites communes et je ne veux pas en être le fossoyeur", assène l’édile qui indique toucher environ 580 euros par mois, pour plus de 20 heures par semaine.

Petite lueur à l’horizon : la loi "Engagement et proximité" adoptée en décembre entend répondre au sentiment d’impuissance des maires et faciliter leur quotidien, via la revalorisation de leurs indemnités, la prise en charge de frais de garde des enfants ou un droit à la formation dès le début du mandat. Selon une étude menée en novembre 2019 par le CEVIPOF et l’Association des maires de France auprès de quelque 6 000 maires, 48 % d’entre eux étaient alors certains de se représenter, 23 % restaient indécis et 28 % souhaitaient abandonner. L’étude montrait un net "effet taille", avec près de deux fois plus d’abandons chez les maires des communes de moins de 3 500 habitants que chez ceux de plus de 30 000.

(AFP)

Politique

Municipales dans le Doubs : 575 candidatures déposées, 800 attendues avant le 26 février en préfecture

À l’approche des élections municipales et communautaires des 15 et 22 mars 2026, la préfecture du Doubs a rappelé les modalités de dépôt des candidatures et les démarches de prise de rendez-vous. Ce jeudi 19 février, 575 rendez-vous ont été enregistrés, 800 ont attendus avant le 26 février.

Municipale 2026 à Besançon : Force ouvrière interpelle les candidat(e)s dans une lettre ouverte

Le syndicat Force Ouvrière (FO) a rendu public le 18 février 2026 une lettre ouverte adressée aux candidats à l'élection municipale prévue à Besançon. Dans ce courrier, le syndicat souligne son souhait de connaître la position des futurs élus sur plusieurs thématiques touchant directement les agents de la Ville, du Grand Besançon Métropole (GBM) et du CCAS.

Municipales à Besançon : Jacques Grosperrin appelle Anne Vignot à refuser toute alliance avec La France insoumise

Dans un communiqué de presse du 18 février 2026, le sénateur Les Républicains Jacques Grosperrin interpelle directement la maire de Besançon, Anne Vignot, après la mort de l'étudiant de 23 ans, militant d'extrême droite, Quentin Deranque. En ouverture de son texte, il lance d'emblée : ”Un peu de dignité ne nuit pas Madame la Maire !”

Élections municipales 2026 : Pascal Routhier veut “poursuivre le travail engagé”

Pascal Routhier a confirmé sa candidature à sa réélection pour les prochaines élections municipales de mars 2026. Le maire sortant dit vouloir poursuivre le travail engagé depuis déjà quatre mandats en s’appuyant sur un projet fondé sur "l’action concrète et la proximité". 

Anne Vignot invite Marine Tondelier, Clémentine Autain et Guillaume Roubaud-Quashi à son grand meeting

Dans le cadre de la campagne de la liste de la maire sortante ”Besançon vivante, juste et humaine”, Anne vignot et son équipe organisent un grand meeting mardi 3 mars 2026 au grand Kurssal en présence de personnalités politiques nationales.

Besançon : une soixantaine de chercheurs interpellent les candidats aux élections sur la transition écologique

Plusieurs dizaines de chercheurs de l’Université Marie et Louis Pasteur se mobilisent pour interpeller les candidats aux élections municipales à Besançon sur la transition écologique. Ils adresseront à chaque liste un document présentant les enjeux locaux et les actions prioritaires pour le territoire. 

À Belfort, la permanence de Florian Chauche vandalisée par des ”individus cagoulés”

+ réaction des Écologistes • La permanence de Florian Chauche, député du Territoire de Belfort et candidat à la mairie de Belfort, a été la cible de dégradations dans la nuit. L’élu a annoncé ce mardi 17 février sur les réseaux sociaux que son local de campagne avait été vandalisé "par des individus cagoulés".

Municipale à Besançon : Anne Vignot lance ses rendez-vous de proximité dans les quartiers

À l’approche des élections municipales qui auront lieu les 15 et 22 mars 2026, la maire sortante, candidate à sa réélection Anne Vignot lance une série de rendez-vous de proximité intitulés "On se retrouve sur Place !". Accompagnée de son équipe, elle invite les habitant(e)s à échanger directement près de chez eux sur l’avenir de la ville, de leur quartier, ainsi que leur avenir.

Haute-Saône : 120 millions d’euros engagés pour l’aménagement de la RN19 entre Calmoutier et Amblans

Après plus de vingt ans de débats, l’aménagement de la RN19 entre Calmoutier et Amblans (Haute-Saône) franchit une étape décisive, ce jeudi 12 février 2026. L’État, la Région et le Département de la Haute-Saône ont signé un protocole engageant plus de 120 millions d’euros pour aménager cet axe stratégique.

Municipales 2026 à Besançon : les travailleurs sociaux interpellent les candidats sur l’urgence sociale

LETTRE OUVERTE • À l’approche des élections municipales des 15 et 22 mars, les travailleurs sociaux de Besançon prennent la parole. Dans une lettre ouverte adressée aux candidats le 15 février, ils les interrogent sur leurs engagements en matière de politique sociale, d’accès aux droits et de soutien aux publics les plus fragiles.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 5.52
légère pluie
le 19/02 à 21h00
Vent
3.53 m/s
Pression
1005 hPa
Humidité
94 %