Dijon : "Irresponsabilité pénale" pour le chauffard qui avait foncé sur 13 piétons ?

Publié le 18/12/2015 - 10:22
Mis à jour le 18/12/2015 - 10:23

Il avait foncé sur des piétons fin 2014 à Dijon, blessant treize personnes : la justice s'achemine vers une déclaration d'irresponsabilité pénale à l'encontre de ce déséquilibré assurant avoir agi en "soutien à la population tchétchène", a indiqué le parquet de Dijon ce jeudi 17 décembre 2015.

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Pas de terrorisme mais une "pathologie mentale grave"

Trois experts psychiatres ont "tous conclu à l'existence d'une pathologie mentale grave ayant entraîné l'abolition de son discernement", a déclaré à l'AFP le procureur de la République de Dijon, Marie-Christine Tarrare. "Aucune qualification terroriste n'a été retenue dans cette affaire", a précisé la magistrate. L'instruction ayant été clôturée le 23 novembre 2015, "il appartiendra à la chambre de l'instruction de prononcer les mesures de sûreté que son état de santé nécessite". La date de cette audience n'a pas été précisée.

"157 passages en unité psychiatrique "

Le 21 décembre 2014, vers 20h, un automobiliste avait heurté en plusieurs endroits du centre ville de Dijon, une dizaine de personnes, les blessant toutes, dont deux plus grièvement, avant d'être interpellé sans résistance. Assurant avoir agi en "soutien à la population tchétchène", ce quadragénaire qui affichait 157 passages en unité psychiatrique entre février 2001 et novembre 2014, avait confié aux enquêteurs avoir "crié +Allah Akbar+" au moment de son passage à l'acte pour se "donner du courage".

Mis en examen pour "tentative d'assassinats", il est détenu depuis dans une unité spécialisée à Lyon.

Des faits similaires à Nantes et Joué-les-Tours

Au lendemain des faits qui avaient suscité une vive émotion, un autre automobiliste avait foncé sur un marché de Noël bondé du centre ville de Nantes, blessant dix personnes, dont une mortellement, avant de se porter plusieurs coups de couteau. Sur fond de menaces de l'Etat islamique visant la France et après l'attaque à l'arme blanche de trois policiers au commissariat de Joué-les-Tours, le 20 décembre 2014, par un homme abattu par les forces de l'ordre, les autorités avaient rapidement écarté l'hypothèse d'attaques coordonnées.

"Ces trois événements n'ont pas de lien entre eux en apparence mais il y a une concomitance", avait déclaré le président François Hollande, appelant les Français à la "vigilance" et à un "très grand sang-froid". Seule l'agression de Joué-lès-Tours est confiée au parquet anti-terroriste.

(AFP)

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