Éric Zemmour officiellement candidat à la présidentielle

Publié le 30/11/2021 - 13:38
Mis à jour le 02/12/2021 - 15:06

Le polémiste d'extrême droite Eric Zemmour a officialisé mardi sa candidature à l'élection présidentielle dans une vidéo au ton dramatique, à l'issue d'une précampagne agitée et de premiers ressacs dans les sondages. Suppression du droit du sol, port d'un prénom "français", baisse des impôts de production, lancement de 14 nouveaux EPR, retraite à 64 ans, retour de l'uniforme à l'école ou encore sortie du commandement intégré de l'Otan : Zemmour avait déjà égrainé quelques proposition durant sa "pré-campagne"

 © Capture YouTube Eric Zemmour
© Capture YouTube Eric Zemmour

"J'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle", a-t-il annoncé, installé devant une bibliothèque, assis derrière un micro d'époque, mimant le parallèle avec l'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940.

Le polémiste de 63 ans a renvoyé dos-à-dos les "bien-pensants", les "élites", les "journalistes", les "islamo-gauchistes" et les tenants de "la théorie du genre".

Après cette annonce tournée il y a deux semaines et qui doit être suivie d'une interview au 20H de TF1 -cette fois en direct-, il va tenir son premier meeting de campagne dimanche après-midi au Zénith de Paris. La CGT, Solidaires et des militants antifascistes ont déjà promis une manifestation pour faire "taire Zemmour", à 13h dans la capitale.

Eric Zemmour "nous a vendu qu'il était le Trump français. C'est un Trump commandé sur Wish, cette plateforme de contrefaçons qui vend des trucs qui ne fonctionnent pas, qui sont faux", a cinglé mardi sur Europe 1 Gabriel Attal.

Le porte-parole du gouvernement a dit se "poser des questions sur sa capacité à représenter notre pays" après la visite chahutée du polémiste à Marseille samedi qui s'est terminée par un échange de doigts d'honneur avec une passante. Un geste "fort inélégant", avait convenu Eric Zemmour le lendemain.

Financement

Les partisans de Zemmour se targuent d'avoir déjà pesé sur les thématiques de la campagne, particulièrement sur la lutte contre l'immigration, le sujet numéro 1 du polémiste, associé à ses critiques de l'islam, une "civilisation" qu'il juge "incompatible avec les principes de la France".

Adepte de la théorie complotiste du "grand remplacement" de la population européenne par des immigrés non européens, sa mesure la plus controversée vise à interdire de porter un premier prénom d'origine étrangère.

Les polémiques se sont multipliées durant sa pré-campagne. Notamment quand Eric Zemmour a pointé un fusil vers des journalistes durant la visite d'un salon sur la sécurité ou s'est rendu devant le Bataclan, le jour de commémoration des attentats du 13-Novembre, pour accuser l'ancien président François Hollande de n'avoir "pas protégé les Français".

Ou quand il affirme, contre l'avis des historiens, que Pétain aurait "sauvé des juifs de France" pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jusque dans la couverture de son dernier ouvrage, "La France n'a pas dit son dernier mot", Eric Zemmour fait de l'ancien président américain Donald Trump une source d'inspiration, même s'il ne bénéficie pas du soutien d'un grand parti.

La constitution d'un réseau sur le terrain sera d'ailleurs l'un de ses nombreux défis, ne serait-ce que pour obtenir les 500 parrainages d'élus nécessaires à une candidature à la présidentielle. Son camp assure s'appuyer sur 250 à 300 promesses de parrainages.

Il lui faudra aussi récolter des dons pour sa campagne, alors qu'il a déjà perdu le soutien du financier Charles Gave, qui lui a prêté 300.000 euros. Le polémiste est en outre accusé d'agressions sexuelles selon plusieurs témoignages de femmes recueillis par Mediapart. Mais aucune plainte n'a été annoncée contre lui.

Les premières propositions du candidat Zemmour (pré-campagne)

Suppression du droit du sol, port d'un prénom "français", baisse des impôts de production, lancement de 14 nouveaux EPR, retraite à 64 ans, retour de l'uniforme à l'école ou encore sortie du commandement intégré de l'Otan: voici de premières propositions d'Éric Zemmour, candidat d'extrême droite à la présidentielle, distillées pendant sa pré-campagne.

Immigration

  • Référendum sur l'immigration
  • Suppression du droit du sol
  • Suppression du droit au regroupement familial
  • Expulsion des étrangers purgeant une peine de prison
  • "Forcer" les pays d'origine à les "reprendre". En cas de refus de ces pays: suppression des aides au développement et des visas
  • Déchéance de la nationalité des binationaux auteurs de crimes ou plusieurs délits successifs
  • Interdiction de porter un premier prénom d'origine étrangère
  • Fin de l'automaticité du renouvellement des titres de séjours (notamment pour les chômeurs et les parents d'enfants délinquants)
  • Fin de la régularisation des clandestins
  • Suspension de l'espace Schengen et création de garde-frontières à statut militaire pour "contrôler nos frontières nationales"

Protection sociale

  • Suppression des allocutions non contributives (RSA, APL, allocations familiales) aux étrangers qui ne paient pas d'impôt, même s'ils sont en situation régulière
  • Restreindre l'Aide médicale d'État (AME) aux soins urgents uniquement

Commerce

  • Blocage des accords de libre-échange signés par l'UE
  • "Patri-score" pour signaler les "produits plus ou moins français"
  • Oeuvrer à la mise en place d'une taxe carbone aux frontières européennes

Economie

  • Baisse des impôts de production
  • Progressivité plus importante de l'impôt sur les sociétés
  • Création d'un haut commissariat à la simplification administrative, directement rattaché au président de la République
  • Suppression des droits de succession sur les transmissions des entreprises familiales
  • Augmentation de l'âge de départ à la retraite à 64 ans
  • Favoriser les entreprises françaises dans la commande publique
  • Environ 3 % du PIB alloué à la recherche et au développement à horizon 2027
  • Pas de rétablissement de l'ISF et exonération de la résidence principale dans le calcul de l'IFI
  • Pas d'augmentation du Smic
  • Programme de construction de 14 nouveaux EPR à horizon 2050

Défense, diplomatie

  • Sortie du commandement intégré de l'Otan
  • Augmentation "massive" du budget de l'armée
  • "Indépendance vis-à-vis des Etats-Unis" (lutter contre l'extra-territorialité du droit américain), "tout en étant méfiant avec la Chine" pour être "une puissance d'équilibre"
  • Levée des sanctions contre la Russie

Education

  • Retour de l'uniforme à l'école
  • Rétablissement des classes de niveaux
  • Interdiction de l'écriture inclusive
  • Suppression du collège unique avec mise en place en parallèle de la filière générale, de filières professionnelles en alternance dès 14 ans
  • Suppression des allocations familiales aux parents qui ne "sanctionnent pas leur enfant" perturbateur

Sécurité routière

  • Suppression du permis à point
  • Retour de la limitation de vitesse à 90km/h sur les routes nationales

Droit 

  • "Modifier" l'Etat de droit
  • Réforme constitutionnelle pour que le droit national (les lois votées après les Traités européens) prime sur le droit européen
  • "S'affranchir" de la Cour européenne des droits de l'homme

"Brutalité"

Stanislas Rigault, qui anime "Génération Z", le mouvement de jeunesse du candidat, a reconnu sur BFMTV un moment "compliqué" à Marseille mais "ne pense pas que la dynamique va s'essouffler, on a un Zénith qui sera rempli".

Condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, Eric Zemmour se déclare au moment où les sondages se tassent autour de 14 à 15 % d'intentions de vote au premier tour, derrière le président sortant Emmanuel Macron (25 %) et la candidate du RN Marine Le Pen (entre 19 et 20 %).

Et dans une période agitée pour son camp, où certains critiquent un déficit d'organisation ou l'omniprésence de sa conseillère Sarah Knafo.

En se déclarant mardi, il parasite le processus d'investiture en cours chez les LR qui départagent de mercredi à samedi leurs cinq prétendants, après un dernier débat mardi soir, et l'entrée au Panthéon de Joséphine Baker.

Il embarrasse également sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen (RN), qui a déploré mardi sur Sud Radio qu'il "disperse des voix utiles au redressement du pays". "Il n'apporte rien", a-t-elle dit, en critiquant notamment la "brutalité" de ses mesures sur l'immigration ou sa vision des femmes.

Pour Sébastien Chenu (RN), sur BFMTV, "cette annonce est faite pour essayer de colmater les brèches, au moment où il enclenche une descente de son propre fait".

(Avec AFP)

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