Le gros de la mobilisation devrait être réparti sur l'ensemble du territoire, même si de nombreux ronds-points ont été évacués cette semaine par les forces de l'ordre. Selon le ministère de l'Intérieur, environ 300 ronds-points ont été évacués par les forces de l'ordre depuis le 15 décembre.
L'acte VI des Gilets jaunes ce samedi doit- être le théâtre de blocages dans les zones frontalières. Priscilla Ludosky, l'une des figures du mouvement, indique au Parisien sa présence sur un péage à la frontière espagnole. "La mobilisation aux frontières n'est pas nouvelle. Beaucoup de gens dans les régions sont venus à Paris, cette fois, on leur propose de rejoindre les Gilets jaunes des frontières", explique Priscilla Ludosky, l'une des figures du mouvement. Pour respecter la libre-circulation des personnes, les Gilets jaunes prévoient de "bloquer les camions et de laisser passer les particuliers".
Une trêve des confiseurs ?
Mais du côté de Fabrice Schlegel, un des fondateurs du mouvement à Dole (Jura), on appelle à "une sorte de trêve des confiseurs" face à la crainte que le mouvement ne se "radicalise", avec des "énervés qui ne vont pas rentrer à la baraque comme ça". "?On est dans un collectivisme où celui qui a le gilet le plus sale, celui qui a brûlé le plus de palettes, c'est le chef", déplore-t-il.
Un automobiliste de 36 ans tué à Perpignan
Un automobiliste de 36 ans a été tué dans un accident, vendredi soir vers 23h45, en marge d’un barrage des Gilets jaunes sur un rond-point de la D900 menant à l'A9 à Perpignan. Plusieurs camions étaient immobilisés. L'automobiliste s’est engagé dans le rond-point et a percuté un des camions garés. "La victime est décédée quasiment sur le coup" selon la police.
Acte VI
A trois jours de Noël, les "gilets jaunes" comptent donc de nouveau mobiliser leurs troupes dans toute la France pour un sixième samedi consécutif de manifestations, à Versailles notamment, juste en face du château visité par des millions de personnes chaque année, ils pourraient être "plusieurs centaines", voire "un millier", à faire entendre leurs revendications liées pour beaucoup au pouvoir d'achat, selon le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot.
D'autres "gilets jaunes" comptent se rendre à Paris, théâtre de violents affrontements lors de manifestations précédentes. Samedi "c'est Paris, forcément", affirmait ainsi un "gilet jaune" lorrain, qui souhaitait rester anonyme. "La colère monte. (...) On se tâte à se mettre à crier sérieusement".
"Un dispositif de sécurité proportionné et adapté sera mis en place" privilégiant la "mobilité et la réactivité", a affirmé, de son côté, le ministère de l'Intérieur sans préciser le nombre de forces mobilisées.
Mobilisation en baisse
Mais l'inconnue de ce samedi réside surtout dans la participation. Car depuis le pic du 17 novembre et les 282.000 manifestants recensés, la mobilisation est en baisse. Ils étaient 166.000 "gilets jaunes" à manifester le 24 novembre, 136.000 les 1er et 8 décembre et 66.000 le 15 décembre.
Et le ministère de l'Intérieur a décompté 3.680 "gilets jaunes" jeudi, soit l'étiage le plus bas depuis le début de ce mouvement né en réaction à une hausse prévue des taxes sur les carburants - que le gouvernement a depuis annulée.
"On attend d'autres propositions sur l'augmentation du pouvoir d'achat, la revalorisation des retraites, les handicapés, il n'en a pas parlé, et surtout l'emploi", expliquait vendredi Christian, un "gilet jaune" toulousain, pas convaincu par les mesures de l'exécutif pour apaiser la crise.
Vendredi, le Parlement a donné son feu vert à des mesures d'urgence économiques et sociales: défiscalisation des heures supplémentaires, exonération élargie de hausse de CSG pour des retraités et possibilité pour les entreprises de verser une "prime exceptionnelle" de 1.000 euros, exonérée de toutes cotisations sociales et d'impôt sur le revenu, pour leurs salariés rémunérés jusqu'à 3.600 euros.
(Avec AFP)


