#fromagissons ! Un collectif pour soutenir les appellations d'origine laitières pendant la crise

Publié le 04/05/2020 - 16:39
Mis à jour le 13/05/2020 - 17:03

A l’initiative du Conseil National des Appellations d’Origine Laitières (Cnaol) en partenariat avec la Fédération Nationale des Producteurs de Lait (FNPL), la Fédération Nationale Ovine (FNO) et la Fédération Nationale des Eleveurs de Chèvres (FNEC), le collectif « Soutenons nos fromages, nos terroirs et nos producteurs » s’est constitué afin de soutenir les 50 Appellations d’Origine Protégée (AOP), les 10 Indications Géographiques Protégés (IGP) laitières et tous les opérateurs touchés par la crise sanitaire : éleveurs, producteurs fermiers, TPE / PME, artisans et distributeurs de fromages AOP-IGP, fromages fermiers et fromages de pays…

© Pierre-Yves Beaudouin. CC4
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© Pierre-Yves Beaudouin. CC4 © DR

En plus des organisations représentatives des producteurs de lait et de fromages, ce collectif regroupe aujourd’hui, lundi 4 mai, une soixantaine de personnalités de la société civile, en plus des initiateurs. Chefs cuisiniers, chroniqueurs, auteurs, journalistes, scientifiques, sportifs, chefs d’entreprises1... ont accepté de s’engager pour défendre la patrimoine fromager français et éviter le gaspillage alimentaires de 2000 tonnes de fromages AOP et IGP, fermiers et de pays, privées du jour au lendemain d’un accès direct aux consommateurs.

2 000 tonnes de fromages de première qualité restées confinées et dont la durée de vie est limitée

Bleu d’Auvergne, Bries, Brocciu, Camembert de Normandie, Cantal, Chavignol, Fourme d’Ambert, Fourme de Montbrison, Maroilles, Morbier, Munster, Neufchâtel, Picodon, Reblochon, Rocamadour, Roquefort, Saint-Marcellin, Saint-Nectaire, Tomme de Savoie, Valençay... pour citer les plus menacés, et les dizaines de milliers d’emplois, de producteurs et de petites entreprises qui sont derrières se retrouvent gravement impactés par les conséquences de la crise du Covid-19.

Depuis la décision du gouvernement de fermer les commerces non essentiels, les différents acteurs ont été confrontés à un arrêt brutal des circuits de commercialisation des fromages et d’une partie des lieux de consommation. Ayant pour conséquence immédiate, la gestion d’un stock massif d’invendus dont la plupart ne peut se conserver au-delà de plusieurs semaines. Pour 80 % des fromages, la durée de conservation n’excède pas huit semaines et même pour certains, moins d’un mois. Un sur-stockage massif de 2 000 tonnes de fromages AOP et IGP s’est donc instantanément formé. "S’ils ne trouvent pas des débouchés à leur optimum, ces derniers ne pourront être consommés et seront, de surcroît, détruits", souligne le Conseil nation des appellations d'origine laitières.

Les mesures d’urgence, engagées par les opérateurs et la filière, avec l’appui de quelques collectivités territoriales et les campagnes de solidarité mises en place ont déjà permis de le réduire de 1 000 tonnes le stock. Mais ce n’est pas suffisant. Dans un contexte où la production laitière des vaches, chèvres et brebis étant toujours plus importante au printemps, il reste encore 1 000 tonnes de fromages qui doivent trouver des consommateurs à très court terme.

"A ce jour, sans débouchés, certains ne peuvent se conserver indéfiniment du fait d’une durée de vie de quelques semaines (Bleu d’Auvergne, Cantal, Fourme d’Ambert, Reblochon, Salers, Selles-sur-Cher, Tome des Bauges, Tomme de Savoie, Valençay...)", selon le Cnaol. "Les modalités de déconfinement annoncées ne permettront pas de réduire cet enjeu sur les stocks qui continuent d’augmenter. Au-delà du risque de provoquer un immense gâchis, la pérennité d’un secteur est en jeu et cela pourrait avoir des conséquences importantes pour les territoires ruraux dont ils représentent, souvent, la seule activité économique sont également à prévoir".

Un collectif mobilisé pour maintenir la diversité fromagère, la France aux 1000 fromages

"Le temps presse, il devient extrêmement urgent que ces fromages de première qualité trouvent des consommateurs" alerte le Cnaol. C’est pour cela que le collectif  "Soutenons nos fromages, nos terroirs et nos producteurs" se mobilise. "Car aujourd’hui, certaines réponses pour réduire ce stock sont impossibles à mettre en place du fait des règlementations en vigueur, des circuits de commercialisation non encore accessibles ou tout simplement des consommateurs qui ont fortement modifié leurs comportements et qui se replient vers des produits qu’ils considèrent comme davantage de première nécessité", explique le Conseil.

Ce collectif a pour ambition de se mobiliser en soutenant les différentes démarches entreprises pour éviter le gaspillage alimentaire, permettre d’organiser des achats solidaires, encourager la sélection de ces fromages dès la reprise dans la restauration collective et soutenir toutes les solutions permettant une gestion "juste et durable" pour écouler les stocks de fromages invendus, "tout en permettant à l’extraordinaire diversité fromagère de la France de survivre".

"Les dons alimentaires et autres actions de solidarité se poursuivent et se poursuivront, les producteurs s’y engagent" précise le Cnaol. Il appelle les dirigeant, les décideurs et les consommateurs à "aider à concrétiser de nouvelles initiatives et à mieux consommer nos produits ! #fromagissons ensemble !"

Infos + - les chiffres clés des fromages AOP et IGP

  • 230 000 tonnes
  • 2,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires
  • Soit plus de 30 % du chiffre d’affaires "fromages" autres que frais et fondus, des entreprises laitières françaises 19 500 producteurs de lait
  • Dont 1 300 producteurs fermiers
  • 390 établissements de transformation
  • Tous plus ou moins impactés (baisse de chiffre d’affaires de 10 à 90 %) par les conséquences de la crise Covid-19
  • En moyenne 60 %, et des conséquences immédiates pour certains et à moyen long terme pour d’autres

(Communiqué)

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