La critique littéraire de Thierry : Espionnage et terrorisme en Afghanistan

Publié le 05/10/2025 - 12:00
Mis à jour le 06/10/2025 - 10:30

Critique littéraire • Afghanistan, 2021. Les Américains partent. Les talibans attendent leur heure. Dans ce chaos annoncé, une terroriste française, la "Veuve Blanche", signe ses crimes. Pour l'arrêter, Paris envoie un fantôme : Edgar Scan, un agent clandestin. Une mission de nettoyage sur une terre de fractures.

Les méchants, les bons et une veuve… blanche

Kaboul suffoque. L’Amérique s’en va. Le vide aspire déjà les talibans. Dans ce cimetière d’empires, une Française joue avec la mort. Alice Marsan. La "Veuve Blanche". Une gosse de bonne famille passée au terrorisme version Daech. Pas par foi. Par goût du sang. Du pouvoir. Une psychopathe.

L’ordre tombe de Paris, tranchant : il faut l’effacer. Une question d’honneur national. Pour cette sale besogne, on sort un homme de l’ombre. Un agent que la DGSE n’avouera jamais connaître. Edgar Van Scana. "Scan". Trente-trois ans. Efficace. Solitaire. S’il tombe, il n’est personne. Sa mission est simple : une balle, une cible. Mais un grain de sable grippe la mécanique. Un enlèvement d’infirmières japonaises. La Veuve Blanche est derrière.

Coopération franco-afghane

L’opération change de nature. Scan ne peut plus agir seul. Il a besoin d’un relais local. Un flic. Oussama Kandar. Commandant à la police de Kaboul. Un des rares à ne pas être pourri. Un roc d’intégrité dans une mer de corruption. Le roman bascule. Deux hommes que tout oppose. L’espion parisien, technologique, cynique. Le flic afghan, ancré dans la poussière, les traditions, les trahisons de son pays à l'agonie. Une alliance forcée. Une méfiance mutuelle rongée par l’urgence. L’enquête se dédouble.

Polar, thriller et "géopo"

À Paris, on analyse le renseignement. À Kaboul, Kandar plonge dans les bas-fonds, interroge, soudoie, risque sa peau à chaque coin de rue. Le livre devient une créature hybride. Moins un roman d’espionnage pur qu’un thriller policier sur fond de chaos géopolitique. Certains lecteurs le notent : l’espion du titre s’efface parfois derrière le flic de Kaboul, personnage récurrent et puissant de Bannel. C’est la force du récit. Son réalisme.

Un style d’écriture digne d’une lame à rasoir

Cédric Bannel, ancien de l’ENA et du Trésor, connaît ces rouages. Il ne fantasme pas. Il documente. Son écriture est sèche, visuelle, presque clinique. Des phrases courtes. Des scènes qui coupent. Pas de gras. Pas de psychologie superflue. L’action prime. La tension est constante. On sent l’odeur de la peur, le poids de la chaleur, le désespoir d’un peuple abandonné. La traque de la Veuve Blanche devient un prétexte. Une ligne de fuite pour explorer la chute d’un pays et la rencontre de deux solitudes. L’espion sans attache et le flic qui voit son monde s’effondrer. Un duel à trois, brutal et sans concession.

Pour conclure

Mais en refermant le livre, une question demeure, plus large que l'intrigue elle-même. En dépeignant la victoire tactique d'un agent face à l'effondrement stratégique de l'Occident, Bannel nous interroge : à quoi bon gagner une bataille si la guerre est déjà perdue ? La neutralisation d'une menace n'est-elle qu'un sursis dérisoire avant la prochaine vague de chaos ?

Le livre : L'espion français de Cédric Bannel en poche aux éditions POCKET.

Les visuels (à l'exception de la couverture du livre) ont été créés par Thierry Brenet à l'aide d'une IA générative (Seedream 4)

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