Les produits ménagers industriels contribuent à polluer l'air intérieur

Publié le 12/04/2019 - 08:38
Mis à jour le 16/04/2019 - 17:42

Pour diminuer la pollution de l’air intérieur, mieux vaut se passer de produits ménagers industriels, composés de « substances toxiques » affirme ce vendredi 12 avril 2019  le magazine 60 Millions de consommateurs.

pxhere © CCO ©
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Pour diminuer la pollution de l’air intérieur, mieux vaut se passer de produits ménagers industriels, composés de « substances toxiques » affirme vendredi le magazine 60 Millions de consommateurs et favoriser des produits « faits maison » rapporte une étude de l’Ademe.

Nettoyants, désodorisants, sprays... 60 Millions de consommateurs a étudié dans son hors-série la composition de 60 produits ménagers parmi les plus vendus, en se basant sur la lecture de leur étiquette et de leur fiche de données de sécurité réglementaire. Son verdict: "ils se révèlent toxiques et polluants". "Beaucoup contiennent une ou plusieurs substances toxiques, nuisibles à notre santé ou à l'environnement", écrit-il en préambule, les accusant d'être les "principaux responsables" de la pollution de l'air intérieur.

De leur côté, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) ont analysé une trentaine de produits, et testé en condition réelle une dizaine, 6 manufacturés et 4 "faits maison".

Les produits industriels émettent beaucoup plus de composés organiques volatils (COV), de minuscules poussières dont certaines sont classés cancérigènes possibles, comme l'acétaldéhyde, ou avérés, comme le formaldéhyde. "Les produits manufacturés ont davantage de produits chimiques, donc ils vont dégager un cocktail de molécules plus grand" explique à l'AFP Isabelle Augeven-Bour, ingénieure qualité de l'air à l'Ademe. Mais "dans les conditions d'utilisation normales, en respectant les quantité du fabriquant et en aérant, il n'y a aucun problème", tempère t-elle.

Importante précaution pour les produits "faits maison": limiter les huiles essentielles. "Plus il y en a, plus les émission de COV augmentent. Deux-trois gouttes suffisent!", prévient Isabelle Augeven-Bour. 60 Millions de consommateurs cible également les isothiazolinones, des conservateurs qui doivent tuer les micro-organismes à leur contact. Présents dans 67% des produits, "ils se révèlent extrêmement allergisants".

Sur les 60 produits testés, aucun n'est classé comme vertueux, neuf contiennent des substances "nocives", émettant plusieurs "substances toxiques".

"Il faut aussi regarder le rapport coût/bénéfice. Pour avoir une certaine efficacité en désinfection, on doit avoir certaines substances actives présentes", relève auprès de l'AFP Sonia Benacquista, responsable des affaires techniques et réglementaires à l'Afise, le syndicat des produits d'hygiène industrielle.

 "Nutriscore" des produits ménagers

Pour mieux visualiser sur l'étiquette la qualité d'un produit, "60 Millions" propose un "Menag'score" qui classerait les produits de A à E en fonction de la quantité de ces substances nocives sur le même principe que le nutri-score ainsi que la liste complète des composants.

"Pour les détergents, il y a déjà une obligation de mettre les ingrédients sur internet. Il nous semble plus important de mettre sur l'étiquette des informations pratiques sur l'utilisation plutôt que la composition entière avec des noms de produits chimiques qui n'ont pas forcément du sens aux consommateurs", réplique Christelle Henry, directrice développement durable de l'Afise.

Les conseils pratiques comme aérer une pièce avant de l'occuper, ne pas y fumer sont aussi donnés par "60 Millions", qui rappelle que l'air intérieur est sept fois plus pollué que l'air extérieur.

(AFP)

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