"Mots Doubs" et mots cinglants au conseil municipal de Besançon

Publié le 01/03/2016 - 10:51
Mis à jour le 24/08/2016 - 11:35

Ce lundi soir au conseil municipal de Besançon (29 février 2016), tous les élus attendaient finalement l’instant où le sujet « Mots Doubs » allait éclater. Annulé en 2016 par la nouvelle majorité départementale, le Salon du livre n’a pas suscité que des mots tendres entre la majorité de Jean-Louis Fousseret et son opposition.

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Mais comment s'est invitée l'annulation des Mots Doubs, une manifestation portée par le Département, au conseil municipal de Besançon ce lundi 29 février ?

Pour comprendre les échanges de tirs verbaux au conseil municipal, il faut bien intégrer que des élus de l'opposition au conseil municipal siègent également au sein de la nouvelle majorité du conseil départemental. En première ligne dans ce dossier, le conseiller municipal "Les Républicains" Ludovic Faugaut. Il est aussi aujourd'hui vice-président à la citoyenneté, au sport et à la culture au Département du Doubs. C'est lui qui s'est exprimé dans la presse en fin de semaine dernière pour expliquer cette "suspension" des Mots Doubs.

Fousseret : "Vous participez à l'affaiblissement du rayonnement de Besançon"

Après une heure de débat sur les orientations budgétaires, une petite phrase du maire en réponse à Jacques Grosperrin et une intervention du conseiller PC Christophe Lime a mis le feu aux poudres. C'est parti pour une heure de passe d'armes. "Mais quelle est votre cohérence, M. Fagaut ?" s'est agacé le maire de Besançon. " J'ai remarqué aussi la menace. En 2017, cela pourrait avoir lieu ailleurs dans le département. Peut-être même à Morteau. Mais pourquoi pas ? Mais je prends note que vous êtes un fervent supporter du rayonnement de Besançon (…) Ma question est celle-ci : quel lieu pour accueillir 30.000 personnes avec des transports en commun, des TGV, des hôtels. Mieux que Besançon pour le faire ? Cherchons. Il y en a assez de ces doubles discours qui nous flinguent ici (NDLR : au conseil municipal) en permanence sur notre manque d'ambition et ce discours inverse dès que vous êtes là-bas à la Gare d'eau (au Département) "

Ph. Gonon  : "Vous nous permettrez quand même de réfléchir non pas strictement en élu bisontin"

L'UDI Philippe Gonon, également vice-président au département du Doubs, a bien tenté de calmer le jeu en insistant qu'il ne s'agissait pas d'une suppression, mais d'un report dans le temps pour permettre de travailler sur les compétences partagées avec les autres collectivités (loi NOTRé). "C'était déjà le cas auparavant !" lui a rétorqué le maire.

Réponse de M Gonon :  "Nous sommes sur un autre ressort territorial que celui de la ville. Vous nous permettrez quand même de réfléchir non pas strictement en élu bisontin, mais en élus départementaux avec un projet culturel global pour l'ensemble du Doubs et non pas exclusivement à la ville de Besançon. Ce qui nous permettra peut-être comme l'a dit Christophe Lime d'aller à Micropolis…   

P. Bonnet : "Ne demandez pas au Département de s'interdire les modifications que vous avez faites vous même" 

Toujours du côté de l'opposition, Pascal Bonnet (LR) a enjoint le maire de Besançon à respecter les décisions du Département. "Je connais Christine Bouquin (présidente du conseil départementale) depuis 20 ans et je ne crois pas qu'elle soit hostile à Besançon et à la culture. Vous avez rappelé que Claude Girard était le fondateur de cet événement sur une idée de Daniel Leroux. Je suis attaché à cet événement, à la littérature, mais lorsque j'entends l'ancienne majorité départementale (PS) s'insurger aujourd'hui, je me pose des questions. A-t-elle réfléchi à une évolution qui permette de pérenniser les Mots Doubs à partir du moment ou l'on sait que le contexte budgétaire oblige le Département à se recentrer sur ses compétences ? (..) Ne demandez pas au Département de s'interdire les modifications que vous avez faites vous même ici sur la politique culturelle de la ville…

L. Faugaut : "Il est normal qu'une majorité se pose la question sur une manifestation à un demi-million d'euros"

Ludovic Fagaut a insisté sur le fait que selon lui une politique culturelle ne se résumait pas à un seul évènementiel. "En terme de philosophie, les Mots Doubs appartenaient à la politique de la communication du Département. Lors de mon arrivée au mois d'avril à ma délégation en tant qu'adjoint au sport à la jeunesse et à la culture, je pensais piloter la manifestation des Mots Doubs. Ce que je trouve aberrant. (…)  Par ailleurs, le Département a comme compétence obligatoire les médiathèques départementales. Or, les 288 médiathèques n'étaient pas associées aux Mots Doubs (4 rencontres en 2015). Deuxième point : quand le Département du Doubs va perdre 123 millions d'euros entre 2015 et 2020 en baisse de dotation globale de fonctionnement, heureusement qu'une majorité se pose la question sur une manifestation à un demi-million d'euros".

"Chiche !"

"Vous vous raccrochez aux branches. Vous n'assumez pas !" lui a finalement répondu le maire. 'Vous avez fait un mauvais choix et vous avez pris une décision d'affaiblissement du rayonnement de Besançon. Et si la culture est une compétence partagée. J'ai envie de vous dire "Chiche" ! Que mettez-vous au conservatoire de musique ? À l'Isba ? Partageons aussi nos préoccupations… »

Les élus du conseil municipal ont du bien se résoudre à clore les discussions sur l'intervention d'Éric Alauzet. Le député regrette que le Département ne mène pas sa réflexion tout en maintenant les Mots Doubs cette année. Et entre les pétitions qui circulent sur le net, la volonté des libraires de poursuivre "les Mots Doubs", il semble que la polémique autour de cette annulation en 2016 n'en soit qu'à ses débuts. Fin du chapitre, pas du roman.  

annulation Mots Doubs

La Ville et le Grand Besançon réécrivent l’histoire des “Mots Doubs” avec un nouveau festival littéraire

Il fallait aller vite et prendre date pour ne pas que les éditeurs et auteurs n’aillent voir ailleurs. La Ville de Besançon et la communauté d’agglomération ont décidé de réécrire l’histoire pour remplacer les Mots Doubs en créant un nouveau festival littéraire. Rendez-vous à Besançon les 16, 17 et 18 septembre 2016.

Pour Christine Bouquin, “les Mots Doubs ne peuvent plus s’inscrire dans les priorités du département”

Il y a une semaine, MaCommune.info vous annonçait l’annulation du festival littéraire des Mots Doubs. Cette décision a provoqué une véritable polémique ayant fait réagir de nombreux élus de la Ville de Besançon et du Département. Ce vendredi 4 mars 2016, Christine Bouquin, présidente du Département du Doubs, a tenu à rappeler, dans un communiqué, le contexte ayant conduit à l’annulation de l’édition 2016. 

Festival des Mots Doubs : “Un nouveau coup dur pour la culture” selon Claude Jeannerot

Claude Jeannerot (PS), l’ancien président du Conseil général du Doubs s’est exprimé dans un communiqué ce samedi 27 février 2016 à propos de l’annulation de l’édition 2016 du festival littéraire des Mots Doubs à Besançon annoncé ce vendredi. Le conseiller départemental du Doubs se dit « fermement opposé à cette décision » qu’il a appris « avec consternation« .

Pourquoi l’édition 2016 des Mots Doubs est-elle annulée ?

Arrivée au pouvoir en mars 2015 après les élections départementales, la nouvelle majorité souhaite réinventer le festival du Livre les Mots Doubs et créer un nouvel événement culturel littéraire en 2017. Ludovic Fagaut, vice-président du conseil départemental en charge de la citoyenneté, du sport et de la culture explique cette décision.

Politique

151 nouveaux maires reçus à la préfecture du Doubs

Aux côtés de plusieurs acteurs de la région tels le Département du Doubs, l’ARS, la DDT ou encore les finances publiques, 151 nouveaux maires se sont rendus ce 28 avril 2026 à la préfecture du Doubs. Une journée dédiée aux nouveaux élus qui pourront poser leurs questions au cours des différents ateliers proposés.

Fleurissement de Besançon : un retour "aux fleu-fleurs" dénoncé par Alternatiba

La Ville de Besançon a récemment voté lors du dernier conseil municipal du 23 avril 2026, une augmentation de l’enveloppe budgétaire consacrée au fleurissement de la ville. Soit un budget multiplié par 4 passant d’environ 50.000€ à 200.000€. Un choix qualifié de "désespérante marche arrière" par Alternatiba Besançon.

Le RN suspend le député haut-saônois Villedieu poursuivi pour “conduite en état d’ivresse”

Le groupe RN à l'Assemblée nationale a suspendu le député de Haute-Saône Antoine Villedieu, impliqué vendredi 24 avril 2026 dans un accident de la route et qui fait l'objet d'une enquête notamment pour "conduite sous l'empire d'un état d'ivresse manifeste", ont indiqué des sources du parti.

Refus d’autorisation en gastro-entérologie à Belfort : Cédric Perrin invite l’ARS à revoir sa copie

Pour le sénateur du Territoire de Belfort, cette décision risque "d’entraîner des conséquences graves pour les patients du territoire" et en particulier pour les personnes atteintes de "maladies inflammatoires chroniques de l’intestin", souligne ce mois d’avril 2026 Cédric Perrin.

Élu RN à Grand Besançon Métropole : la France insoumise demande son départ

Lors du conseil d’installation des conseillers au Grand Besançon Métropole le 20 avril 2026, la désignation des vice-présidents a suscité une vive polémique notamment chez les opposants de gauche comme les élu(e)s de la France insoumise qui exigent son départ.

Un conseil municipal de Besançon plus serein, une évolution bienvenue

ÉDITO • Après le tumulte du conseil municipal d’installation du nouveau maire et de son équipe, le 23 mars dernier, marqué par l’impossibilité pour l'ensemble des groupes d’opposition de s’exprimer et leur départ de la séance, ce qui apparaît comme le véritable premier conseil municipal s’est tenu jeudi 23 avril 2026 dans un climat nettement plus serein. Une évolution salutaire, notamment pour l’image de la politique bisontine, mais aussi dans son ensemble.

Incendies à répétition, crainte des habitants… Le PCF alerte sur les conditions de vie rue Albrecht-Dürer à Planoise

Dans une lettre ouverte adressée à Loge GBM le 22 avril 2026, la section de Besançon du Parti communiste français (PCF) dénonce la situation des habitants de la rue Albrecht-Dürer, dans le quartier de Planoise. Le courrier évoque une réalité devenue ”intolérable pour les habitantes et habitants” de ce secteur.

Grand Besançon Métropole : une élection inédite du RN au bureau exécutif fait polémique

Réuni lundi 20 avril 2026, le conseil communautaire de Grand Besançon Métropole a élu un vice-président issu du Rassemblement national, une première dans l’histoire de l’institution. Le candidat a obtenu 58 voix, contre 39 pour son opposant et 22 abstentions ou votes blancs. Cette élection a suscité de nombreuses réactions dans l'assemblée de la part de représentant(e)s de la gauche.

Stationnement gratuit, marché de Noël, police municipale… Ludovic Fagaut lance ses premières mesures

À deux jours du conseil municipal prévu jeudi 23 avril 2026, le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, entouré de plusieurs adjoints, a présenté de grandes orientations budgétaires et les projets qui seront soumis au vote. Ce budget, qualifié de “budget de transition”, s’inscrit dans un calendrier contraint et dans une volonté affichée de réorientation politique.

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