Pancartes anti-migrants au carnaval de Besançon : une enquête est ouverte

Publié le 09/04/2024 - 08:17
Mis à jour le 11/04/2024 - 14:37

Le parquet de Besançon a annoncé lundi 8 avril en fin de journée l'ouverture d'une enquête après que deux jeunes femmes ont brandi dimanche des pancartes associant migrants et violeurs lors du carnaval de la ville.

 © Schlick Vincent
© Schlick Vincent

"Nous avons aussitôt demandé qu'une procédure soit diligentée pour provocation à la haine raciale à l'égard d'un groupe de personnes en raison de leur origine", a annoncé à l'AFP le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux. Ces faits sont passibles d'un an d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende, a-t-il rappelé.

Lors du carnaval, qui a attiré plus de 20.000 personnes, deux femmes d'une vingtaine d'années ont emprunté le parcours du défilé, brandissant des pancartes où l'on pouvait lire: "Violeurs étrangers dehors" et "Libérez-nous de l'immigration".

D'après l'Est Républicain, qui a immortalisé la scène, les deux jeunes femmes, membres du collectif d'extrême-droite Némésis, qui se définit comme "féministe identitaire", sont passées devant la tribune officielle où étaient installés les élus.

Une plainte déposée par la maire

"Une banderole avec un message similaire a été suspendue sur une façade de la Grande rue", a précisé sur son compte X la maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Besançon, Anne Vignot, qui a déposé plainte pour "incitation à la haine raciale".

La banderole montrait le dessin d'un visage de fillette blonde aux yeux bleus, partiellement recouvert de deux mains noires. "On ne peut accepter que les étrangers servent de boucs émissaires à toutes les crises que nous traversons", a déclaré Mme Vignot lors d'une conférence de presse, faisant le parallèle avec la montée du fascisme dans les années 1930. "Je me battrai toute ma vie contre ce genre de dérives", a promis la maire de Besançon, précisant avoir reçu plus d'un millier de commentaires haineux en ligne à la suite de son message sur X. "On relève les messages et on déposera plainte", a-t-elle averti.

Némésis rétorque

Sur la page Facebook du collectif Némésis, les militantes ont estimé que Anne Vignot déposait plainte "simplement parce que nous lui avons rappelé qu'en 2023, 46 femmes auraient pu être épargnées si les OQTF (obligation de quitter le territoire français, ndlr) avaient été appliquées. Simplement parce que nous voulons que la loi soit appliquée".

La maire écologiste a reçu le soutien du député Modem du Doubs Laurent Croizier. "Cet acte raciste sous couvert de pseudo-féminisme, à l'occasion de cet événement populaire et familial, n'est que la mise en scène grotesque d'une idéologie haineuse", a-t-il estimé. "Le combat pour l'égalité entre les femmes et les hommes mérite mieux que ces faux-prophètes. Le féminisme auquel je crois, celui qui se bat pour l'égalité et la justice, s'oppose à l'intolérance et à l'obscurantisme des extrêmes, dont le but n'est que de semer la division".

(AFP)

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