Pour Annie Genevard, le "mea culpa" d’Emmanuel Macron "s’est arrêté aux portes des mairies"

Publié le 19/11/2018 - 14:40
Mis à jour le 19/11/2018 - 16:55

Le Congrès de l’Association des Maires de France (AMF) s’ouvre mardi 20 novembre 2018 à Paris, entre tensions et appel au dialogue de part et d’autre, après des mois de brouille entre l’exécutif et les collectivités territoriales. Signe de cette crispation ? Emmanuel Macron n’ira pas devant le Congrès pour rendre compte de ses engagements, comme il s’y était engagé l’an dernier. Pour Annie Genevard, députée  LR du Doubs et secrétaire générale des Républicains, le président de la République « s’enferme dans une vision centraliste et technocratique… »

© annie genevard ©
© annie genevard ©

Si le chef de l'État ne s'exprimera pas au congrès de l'association des maires de France, il le fera en evanche mercredi 21 novembre 2018 au soir devant les maires invités à l’Élysée. Il vient aussi d’écrire à  "tous les maires" pour "rendre compte" des mesures prises depuis un an, a fait valoir Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires.

Le Premier ministre Édouard Philippe devrait prononcer jeudi prochain le discours de clôture du Congrès. En 2017, Emmanuel Macron avait été sifflé par une partie des maires et les motifs d’incompréhension perdurent entre les élus et l’exécutif.

"Il y a des désaccords" mais "ce qui importe, c’est qu’on puisse négocier", a estimé dimanche François Baroin (LR), président de l’AMF, qui ne veut plus de "l’addition de mauvaises manières, de mauvaises méthodes" » de la part du gouvernement. Après une quasi-rupture fin septembre 2018 lors du Congrès des régions, le chef de l’État a souhaité rétablir le dialogue avec les collectivités.

Les élus attendent pour leur part des réponses concrètes sur plusieurs dossiers. Au premier rang : les conditions dans lesquelles va être compensé pour les communes le montant de la taxe d’habitation que l’exécutif a commencé à supprimer. Plusieurs scénarios sont évoqués pour garantir aux communes l’équivalent de cette taxe qui constitue l’une de leurs principales ressources, mais rien n’est décidé. Les maires redoutent une réforme mettant à mal l’autonomie fiscale des collectivités à laquelle ils sont attachés. Plus globalement, la réforme de la fiscalité locale qui doit être discutée dans les prochains mois inquiète les élus.

Autre point de friction : la campagne #balancetonmaire, lancée mi-octobre par des militants d’En Marche sur les réseaux sociaux, pour dénoncer des hausses de la taxe d’habitation dans certaines communes, a été vécue comme une humiliation par nombre d’élus et alimente le malaise

Communiqué d'Annie Genevard

"Mercredi dernier, dans son entretien télévisé, Emmanuel Macron a reconnu qu’il n’avait pas apporté assez de « considération » aux Français et promis de gouverner « d’une manière différente » à l’avenir. Malheureusement, ce mea culpa présidentiel s’est arrêté net à la porte des mairies.

A quelques jours du Congrès des Maires de France, auquel il ne se rendra pas malgré l’engagement pris l’an dernier, le Président de la République n’a pas eu, en effet, un seul mot pour saluer les serviteurs de l’intérêt général que sont au quotidien les 33.350 maires de France, ni prendre véritablement la mesure du désarroi de beaucoup d’entre eux, qui ne se représenteront pas en 2020, un sur deux dit-on, ce qui est inédit.

En « demandant aux administrations centrales, aux ministres et à ceux qui les conseillent » d’aller porter la bonne parole gouvernementale sur le terrain, Emmanuel Macron persiste et surtout s’enferme dans une vision centraliste et technocratique pour laquelle tout doit venir d’en haut dans notre pays. Il ferait mieux, pourtant, de tenter de retisser les fils d’un véritable dialogue avec les élus locaux et d’entendre l’appel de Marseille pour une relance de la décentralisation, lancé par leurs associations représentatives le 26 septembre dernier.

Attaquées dans leurs compétence, voyant leur autonomie fiscale et financière remise en cause et leurs dotations réduites pour 22.000 d’entre elles, les collectivités locales, et tout particulièrement nos communes, sont les grandes oubliées du début du quinquennat d’Emmanuel Macron.

Pire, la complaisance avec laquelle certains comptes Twitter proches de La République en Marche ont relayé l’ignoble campagne #BalanceTonMaire témoigne du mépris à l’égard des maires, qui sont en permanence sur le terrain à l’écoute de nos compatriotes.

Avec les Républicains, nous avons toujours été aux côtés des Maires. Nous sommes fiers de nos édiles et nous voulons réaffirmer notre indignation face à la méconnaissance par Emmanuel Macron du formidable travail conduit par les 500 000 élus locaux que compte notre pays.

Monsieur le Président, honorez votre promesse de l’an dernier. Quitte à entendre certaines vérités désagréables, prenez la peine d’aller au-devant de l’ensemble des maires de France à l’occasion de leur Congrès. Ces serviteurs de la République le méritent"

Annie Genevard

Grand rendez-vous des maires et des communes, le Congrès doit réunir 10 à 15 000 personnes sur trois jours Porte de Versailles à Paris. Finances locales, sécurité, inégalité d’accès aux services de proximité, figurent parmi les nombreux thèmes au programme. Et plusieurs ministres – Jean-Michel Blanquer (Éducation), Annick Girardin (Outre-mer), Julien Denormandie (Ville) ou Mounir Mahjoubi (Numérique) – viendront débattre.

Politique

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