La députée ouvre son courrier sur un constat qu’elle qualifie d’urgent. Elle écrit que ”près de 8 millions des habitants de notre pays sont aujourd'hui confrontés à la précarité alimentaire.” Elle décrit également les arbitrages difficiles auxquels sont confrontés de nombreux ménages : ”Dans le Doubs comme ailleurs, des femmes, des hommes, des familles doivent chaque jour arbitrer entre se nourrir, se loger, se chauffer ou se soigner.”
L’élue écologiste souligne le rôle croissant des associations, mais aussi leurs difficultés : ”Face à cette réalité, les associations d'aide alimentaire essayent de prendre le relais. Mais elles agissent dans un contexte de plus en plus difficile : hausse de la pauvreté, coûts logistiques en progression et ressources d'autant plus insuffisantes que les soutiens publics se tarissent.”
Les collectes solidaires en grande distribution questionnées
Dominique Voynet s’attarde ensuite sur les opérations de collecte organisées en magasins, qu’elle reconnaît comme largement soutenues par la population : ”Vos magasins accueillent régulièrement des opérations de collectes solidaires. Elles constituent un rendez-vous profondément ancré dans le cœur des Français : plus des trois quarts d'entre eux ont déjà participé à une action de don.”
Elle soulève cependant une critique sur le fonctionnement de ces dispositifs : "Je veux attirer votre attention sur ce qui me semble une anomalie : lorsque l'un des clients de vos magasins achète des boîtes de sardines, des paquets de lentilles ou des boîtes de lait pour bébé, pour les déposer dans le caddy placé dans le hall de votre magasin, le montant de son achat ne bénéficie que partiellement à la cause qu'il défend.”
Et affirme une exigence de principe : ”Lorsqu'un citoyen fait un don, l'intégralité de son geste devrait bénéficier à la solidarité alimentaire.”
L’exemple des marges commerciales et une piste de réforme
La députée cite des pratiques existantes pour soutenir sa proposition :”C'est possible : les magasins Biocoop procèdent déjà au reversement aux associations de solidarité de leur marge commerciale lors des Collectes Bio Solidaires, ont la prochaine se tient les 12 et 13 juin.”
Elle plaide pour une généralisation de ce modèle :”Le reversement intégral des marges réalisées sur les produits collectés doit devenir la norme.” Selon elle, l’enjeu dépasse le seul financement des associations : ”Il ne s'agit pas seulement de renforcer les ressources des associations de solidarité mais aussi et surtout d'accroître la confiance des citoyens dans le don.”
Vers une évolution législative annoncée
Enfin, la députée évoque une initiative parlementaire en préparation telle qu'”une proposition de loi transpartisane est en préparation, qui vise à inscrire ce principe dans la loi.”
Elle conclut son courrier en appelant les acteurs de la distribution à s’engager : ”Face à l'urgence, il s'agit de faire en sorte que chaque don compte davantage", et termine sur un appel à la coopération :”Convaincue que la grande distribution partage cette ambition et qu'elle voudra démontrer sa capacité à innover, je vous remercie pour l'attention que vous porterez à cette démarche et pour votre engagement aux côtés des associations de solidarité.”


