Sondages de l'Elysée : prison ferme requise contre Claude Guéant

Publié le 10/11/2021 - 08:42
Mis à jour le 10/11/2021 - 08:42

Au procès des sondages de l’Elysée, l’accusation a requis mardi un an de prison dont six mois ferme contre l’ancien secrétaire général de la présidence (et ancien préfet du Doubs de 1998 à 2000), ainsi que des peines allant de l’amende à un an ferme pour quatre autres anciens proches de Nicolas Sarkozy.

Le procès s’achève mercredi, avec les plaidoiries de la défense. La décision devrait être mise en délibéré.

Depuis le 18 octobre, cinq ex-membres du cercle rapproché de l'ancien chef de l'Etat doivent s'expliquer à la barre du tribunal de Paris sur des millions d'euros dépensés en conseil politique et en sondages pour la présidence entre 2007 et 2012.

Au cours d'un réquisitoire de près de trois heures, le parquet national financier (PNF) a fait valoir que ces contrats, attribués sans publicité ni appel d'offres, devaient être sanctionnés comme du favoritisme au plus haut sommet de l'Etat.

"Le code des marchés publics doit s'appliquer sur l'ensemble du territoire français, y compris au 55 rue du Faubourg Saint-Honoré", l'adresse du "Château", a souligné le procureur financier François-Xavier Dulin.

Bras droit du président et "grand manitou de l’Élysée", Claude Guéant a eu un "rôle central dans les infractions", a estimé le PNF, requérant sa condamnation pour favoritisme et détournement de fonds publics par négligence, avec en plus 10.000 euros d'amende.

L'accusation a aussi pointé la "disposition toute particulière" de ce "grand commis de l'Etat" à "dire tout et son contraire" au cours des investigations, "une vraie disposition de délinquant chevronné".

Le ministère public a par ailleurs requis deux ans d'emprisonnement dont un an ferme et 100.000 euros d'amende contre l'ex-conseiller Patrick Buisson, ainsi que 550.000 euros d'amende contre ses deux sociétés, Publifact et Publi-Opinion.

Le politologue, qui murmurait alors à l'oreille de Nicolas Sarkozy, a "généré des profits en s'affranchissant de la règlementation en vigueur, ou pire, en détournant des fonds publics", ont estimé les magistrats.

En tant que "conseiller extérieur", il a été rémunéré environ 32.000 euros par mois, soit "plus que le président de la République" payé 19.000 euros, selon les calculs du PNF, qui a estimé que le contrat signé en 2007 par sa société Publifact était un "stratagème" pour "accaparer les fonds publics".

Pour le PNF, entre 2007 et 2009, Patrick Buisson a acheté 235 sondages à des instituts, ensuite revendus à l'Elysée avec des marges "indues" et "exorbitantes" allant de 65 à 71%.

L'ancien patron du journal Minute, absent au procès pour des raisons de santé, faisait en sus une "confusion totale" entre son patrimoine et celui de ses sociétés, ont ajouté les procureurs, demandant qu'il soit aussi reconnu coupable d'abus de biens sociaux pour avoir fait supporter à ses deux sociétés environ 180.000 euros de frais personnels sur six ans.

"Dossier emblématique"

Pour le ministère public, l'autre conseiller Pierre Giacometti, qui a fondé en 2008 sa société de conseil après avoir quitté Ipsos, "s'est servi de l'Elysée pour lancer son entreprise".

Il doit être condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et 70.000 euros d'amende et sa société, rebaptisée No Com, à une amende de 250.000 euros, selon le PNF.

Le ministère public a en outre requis 500.000 euros d'amende pour recel de favoritisme contre l'institut de sondages Ipsos, principal bénéficiaire des commandes réalisées directement par le cabinet de l'Elysée, sans aucun contrat, entre 2007 et 2009.

L'accusation a en revanche été plus clémente pour celle qui fut directrice de cabinet de l'Elysée, Emmanuelle Mignon, qui a eu un "comportement délinquant" mais aussi une "ambition réformatrice qui ne peut être contestée": une peine de 10.000 euros d'amende a été demandée.

Enfin, 5.000 euros d'amende ont été requis contre l'ex-conseiller technique "opinion" Julien Vaulpré, simple "cheville ouvrière de l'infraction de favoritisme".

Plus tôt dans l'après-midi, l'avocat de l'Agent judiciaire de l’État, Renaud Le Gunehec, a demandé que Patrick Buisson et ses sociétés soient condamnés à payer "à minima" 1,4 million d'euros de dommages et intérêts, le montant des sommes retenues par l'accusation au titre des soupçons de détournement de fonds publics.

L'avocat d'Anticor a sollicité 100.000 euros pour l'association, qui a "porté le fer juridique et judiciaire" pendant "dix ans", dans un dossier "emblématique", qui "parle de démocratie, d'éthique, de probité".

Justice

Violences sexistes et sexuelles : un dernier rassemblement à Besançon avant le vote d’une loi " intégrale "

Réunies lundi 12 octobre devant le palais de justice de Besançon, des membres de l’Intersyndicale féministe et des personnes mobilisées chaque lundi depuis juin dernier, ont appelé une dernière fois les députés à adopter une loi dite intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, assortie de moyens financiers conséquents et d’un volet préventif renforcé.

Interpellation d’un lycéen à Belfort : enquête ouverte pour tentative de meurtre, l’IGPN saisie

Une enquête a été ouverte pour "tentative de meurtre" après la plainte déposée contre un policier par un lycéen interpellé à Belfort, a indiqué mercredi 7 octobre 2026 le parquet de Vesoul, qui a confié les investigations à l'inspection générale de la police nationale (IGPN).

Interpellation aux abords d’un ruisseau à Belfort : l’enquête visant un policier dépaysée

La plainte pour tentative de meurtre déposée contre un policier par un adolescent de 17 ans, lui-même mis en cause pour avoir pris part à des violences contre ce fonctionnaire vendredi à Belfort en marge du mouvement lycéen, a été dépaysée à Vesoul, a indiqué mardi 6 octobre 2026 le parquet général de Besançon.

Le lycéen interpellé par le policier agressé à Belfort porte plainte pour tentative de meurtre

Un lycéen soupçonné d'avoir participé au passage à tabac d'un policier à Belfort vendredi en marge de la mobilisation lycéenne, va déposer plainte pour tentative de meurtre, a indiqué à l'AFP Arié Alimi, avocat de cet adolescent que le policier a tenté d'interpeller avant d'être agressé.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 10.64C°
légère pluie
le 18/10 à 05h00
Vent
3.4 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
87 %

Sondage