"Suicide forcé" d'une femme : son ex-compagnon condamné en appel à la peine maximale

Publié le 28/03/2025 - 12:00
Mis à jour le 28/03/2025 - 11:24

Un homme de 43 ans a été condamné jeudi 27 mars 2025 par la cour d'appel de Besançon à six ans et six mois d'emprisonnement pour avoir harcelé son ex-compagne, jusqu'à la pousser au suicide.

Palais de justice Besançon © D poirier
Palais de justice Besançon © D poirier

David Grandclaude, rencontré par Agnès Gauer dans une clinique psychiatrique en 2020, a été jugé coupable d'avoir harcelé cette femme de 57 ans au point de la pousser à mettre fin à ses jours à Beaucourt (Territoire-de-Belfort) en juillet dernier. La cour a retenu l'altération de son discernement et l'a condamné à la peine maximale encourue, compte-tenu de cette circonstance atténuante.

Il avait écopé de neuf ans de prison en première instance devant le tribunal correctionnel de Belfort et avait fait appel. "C'est une personne dangereuse, une personnalité psychopathe qui s'en prend à des personnalités fragiles", "son harcèlement constant a conduit au suicide" d'Agnès Gauer, a estimé l'avocat général Emmanuel Vion. Mais "c'est un homme qui frise la maladie mentale", a-t-il ajouté avant de requérir six ans de prison.

En un an, il lui a adressé plus de 12.000 communications, dont 1.000 messages dans les trois jours précédant son suicide.

Déjà condamné en 2022 pour appels téléphoniques malveillants envers la victime, le prévenu avait ignoré l'interdiction de contact prononcée à son encontre. En un an, il lui a adressé plus de 12.000 communications, dont 1.000 messages dans les trois jours précédant son suicide. Dans un discours fleuve et confus, sans aucune remise en question, l'électricien a affirmé n'avoir eu aucun rôle dans le suicide de sa compagne. Ni appels malveillants, ni surveillance, ni harcèlement, ni menaces.

"J'étais bienveillant et aux petits soins avec elle, je l'aimais", a-t-il assuré devant le frère et les trois filles meurtris de la victime, alors qu'une multitude de messages, de mains courantes et de signalements révélés par les investigations attestent d'un harcèlement au long cours. "Je lui ai dit +d'aller se pendre+, mais en 2022, pas en 2024. Et entre dire et faire...", a-t-il toutefois admis sans sourciller.

"Et bien, vous l'avez dit, elle l'a fait", a rétorqué, cinglant, l'avocat des parties civiles, Richard Belin. Selon l'avocat de la défense, Jean-Michel Vernier, au contraire, les éléments du dossier "ne permettent pas de démontrer que son comportement harcelant a eu un lien direct avec ce suicide".

Me Vernier a plaidé la relaxe, soulignant les "tentatives de suicide antérieures" d'Agnès Gauer qui était "fragile psychiquement" et prenait "des médicaments pouvant avoir des effets accélérant sur les tentatives de suicide". M. Grandclaude, qui a effectué plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, "n'avait pas conscience de son attitude harcelante", a soutenu le conseil. "Il y a une distorsion entre la réalité et sa perception, il ne ment pas".

Un expert psychiatre qui l'a examiné entre les deux procès a conclu à une "altération de son discernement" au moment des faits.

En 2020, la France est devenue l'un des premiers pays européens à faire entrer les "suicides forcés" dans son code pénal, un nouveau délit passible de dix ans d'emprisonnement et de 150.000 euros d’amende.

(Source AFP)

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