Le Frac Franche-Comté propose trois nouvelles expositions...

Publié le 14/10/2019 - 14:01
Mis à jour le 18/11/2019 - 11:58

Jusqu’au 12 janvier 2020, trois expositions investissent le Frac Franche-Comté à Besançon : « Syncopes et Extases. Vertiges du temps », Nino Laisné l’air des infortunés » et le Frac invite le musée du Temps ».

Syncopes et Extases. Vertiges du temps

Tomber en syncope ou en extase, c’est vivre un vertige du temps, une suspension temporelle. Temps mort ou temps d’arrêt ? Contretemps ou ellipse ? Hors temps, certainement.

Cette exposition interroge l’état dans lequel le corps se trouve lorsqu’il perd conscience et s’abandonne tandis que l’esprit s’échappe. Corps lâché qui subit de plein fouet toute sa gravite?, yeux clos ou mi-clos, bouche entrouverte, caractérisent en effet les représentations dont L’Extase de Sainte Thérèse du Bernin, celle de Saint François du Caravage ou encore L’évanouissement d’Esther de Nicolas Poussin ont inspire? de nombreux artistes.

Syncope et extase dont les artistes cherchent a? traduire le mystérieux hors de soi. Le chirurgien Ambroise Pare? définissait déjà la syncope comme une soudaine et forte défaillance des facultés et des vertus, précisant que les anciens l’appelaient aussi « la petite mort ». L’image frappante de cet effondrement sous le coup d’un choc, le plus souvent émotionnel, ne doit pas éclipser la volonté des artistes de partager les effets ressentis et le sentiment d’absence éprouvé. Parce qu’il ne reste généralement aucun souvenir, aucune trace dans la mémoire, exceptés le vertige, la fulgurance, le silence assourdissant, le trou noir ou, a? l’oppose?, l’éblouissement. Impressions paradoxales et contradictoires en apparence comme le mot « syncope » lui-même qui vient du grec sun « avec » et koptein « couper ».

La syncope et l’extase bouleversent et transportent simultanément, d’ou? la tension inhérente a? ces états dans leur rapport a? la mort, intimement induit par la chute, l’abandon du corps devenu inerte. Comme si la syncope-extase en était le premier sas,« l’image vivante », si l’on peut dire. On comprend encore aujourd’hui l’intérêt particulier des artistes contemporains qui ne cherchent pas seulement a? représenter ce bouleversement indicible mais a? le faire ressentir, pour en cerner l’ambivalence entre abandon et résistance.

L’exposition propose d’abord une plongée en syncope- extase ou? l’on perçoit des impressions et sensations de trouble de la vue, des tensions contraires, des ruptures temporelles. Après une traversée des états extatiques ou? plaisir et mystique s’interpénètrent, l’exposition interroge la syncope, comme la révélation d’un corps révolté et d’un hiatus de l’histoire.

Selon Louis Marin, « la syncope est en même temps interruption et réintégration, déchirure et reprise » ; et si la syncope et l’extase servaient a? comprendre et a? penser l’art ? Soit la possibilité de traduire ce qui est de l’ordre de l’insaisissable, de l’irreprésentable, de l’inaudible et de l’indicible. Ce dont on ne se souvient pas ou que l’on ne perçoit qu’a posteriori ? Vertiges du temps.

Avec les œuvres de Caroline Achaintre, Istvàn Balogh, Guillaume Boulley, Luc Breton, Balthasar Burkhard, William S. Burroughs, Julian Charrière, Cément Cogitore, Charles Antoine Coypel, Salvador Dali?, Isaac Fisches, Douglas Gordon, Thomas Hirschhorn, Thomas Huber, Ann Veronica Janssens, Atsunobu Kohira, Marie-Jo Lafontaine, Ange Leccia, Ingrid Luche, Myriam Mechita, Franc?ois Morellet, Géraldine Pastor Lloret, Neo Rauch, Gerhard Richter, Hannah Rickards, Jimmy Robert, Stéphanie Solinas, Alia Syed, Julien Tiberi.

L'air des infortunés

Nino Laisné

L’exposition monographique de Nino Laisné est le fruit d’un dialogue au long cours entre l’artiste et le Frac. Une rencontre d’abord autour de son travail, l’artiste ayant identifie? le Frac comme interlocuteur, autour des problématiques du temps et de la musique, qui traversent autant son œuvre que la collection du Frac elle-même depuis 2006. De cette rencontre est d’abord née une invitation en résidence, afin de prendre le temps de se construire une histoire commune. Dès lors, les choses étaient en place, le contexte parfait ou? convergeaient la spécificité d’une collection et la tradition horlogère d’une région. L’exposition L’air des infortunés est quant a? elle l’aboutissement de cette résidence qui s’est prolongée pour donner corps a? deux œuvres : un mécanisme horloger et un film, conçus par Nino Laisné et qui viendront enrichir la collection du Frac.

Le travail de Nino Laisné se situe au croisement entre photographie, mise en scène vidéo et pratique musicale. Proposant des œuvres empreintes d’une certaine étrangeté, l’artiste se détache d’une narration linéaire et cherche des points de correspondance entre musique traditionnelle et langage cinématographique. L’histoire de la musique s’intègre dans ses œuvres, notamment dans les rapports ambigus qu’elle entretient avec la fiction.

Cette intrusion progressive d’éléments musicaux est aussi le reflet d’un goût prononce? pour la pluridisciplinarité, pour le métissage entre les arts et pour les formes hybrides qui peuvent en résulter. Pour l’exposition au Frac, cet entrelacement se traduit par la production de deux œuvres intimement liées.

La première pièce, produite en collaboration avec la Plateforme Technologique Microtechniques- Prototypage de Morteau, consiste en une réplique du mécanisme de La joueuse de tympanon, automate conçu par l’horloger Peter Kinzing et l’ébéniste David Roentgen, et conserve? au Musée des Arts et Métiers de Paris. Cet automate, offert a? Marie-Antoinette en 1785, représente la reine musicienne, assise devant un tympanon loge? dans la structure d’un clavecin, frappant les cordes a? l’aide de petits martelets.

L’étonnante singularité de cet automate réside dans le fait que la musique provient réellement du geste sur l’instrument miniature, et non du mécanisme lui-même. Sous sa robe se cachent de nombreux rouages qui engendrent les mouvements de bras. Ce mécanisme propose une variation de huit mélodies, dont l’une est attribuée a? Gluck, l’un des compositeurs favoris de Marie-Antoinette et initiateur du classicisme viennois. L’œuvre de Nino Laisné, si elle semble être une réplique parfaite du mécanisme, en est en réalité une contrefaçon, aux mélodies altérées.

La seconde pièce est une vidéo, produite et acquise par le Frac, qui s’appuie sur la version falsifiée du mécanisme, proposant une réflexion sur les notions de mémoire et d’imposture. L’artiste s’est en effet intéressé aux « faux Louis XVII », nombreux imposteurs qui prétendirent être le dauphin, et notamment un certain Karl Wilhelm Naundorff, horloger de métier et personnage insaisissable, qui eut de multiples démêlés avec la justice.

Dans ce contexte flou, la porosité entre réalité et fiction est prétexte a? une ouverture vers une narration fantasmée, ou? s’entrechoquent preuves réelles et contrefaçons. Des œuvres qui marquent également l’intérêt profond de Nino Laisné pour les musiques anciennes et traditionnelles et sa fascination pour les prouesses horlogères.

Le Frac invite le musée du Temps

Depuis 2018, a? l’occasion des 24h du Temps, manifestation mettant a? l’honneur l’horlogerie a? Besançon, le musée du Temps et le Frac proposent un dialogue entre leurs collections autour de la question du temps, thématique fondamentale au sein des deux institutions.

Après l’exposition L’emploi du Temps réalisée a? partir des œuvres du Frac et présentée au musée du Temps de juin a? septembre 2019, c’est au tour du Frac d’inviter le musée. Ainsi des objets de sa collection, qu’il s’agisse d’œuvres anime?es ou d’automates, sont mis en regard d’une œuvre de Peter Regli appartenant à la collection du Frac.

L’ensemble fait écho aux expositions présentées simultanément au Frac : Syncopes et Extases, Vertiges du Temps et plus encore a? celle de Nino Laisné, L’air des infortunés, qui trouve sa source dans La Joueuse de tympanon, automate conserve? au Musée des arts et métiers de Paris.

Infos +

  • Frac Franche-Comté
  • 2, passages des Arts – 25 000 Besançon
  • Ouvert du mercredi au vendredi de 14h à 18h et le samedi et dimanche de 14h à 19h
  • Tarifs : 4€ / 2€
  • www.frac-franche-comte.fr/fr

Le Frac est accessible aux personnes en situation de handicap. A chaque exposition, une visite en langue des signes est programmée. Fiches en braille, guides « facile a? lire et a? comprendre », guides en gros caractères, boucles auditives, cannes siège et un fauteuil roulant sont disponibles sur place.

Culture

Ce week-end, les Absinthiades ont mis Pontarlier au vert…

PALMARÈS DES MEILLEURES ABSINTHES • Les 3 et 4 octobre 2026, Pontarlier a une nouvelle fois vécu au rythme de la fée verte. Pendant deux jours, les Absinthiades ont réuni professionnels, amateurs, passionnés et curieux autour d’un même emblème : l’absinthe. Un rendez-vous devenu incontournable, où la découverte se mêle à la convivialité et où, le temps d’un week-end, la célèbre boisson est véritablement reine.

À La Rodia, le ”4 x 8” change de main : Chérine Couësmes et Pierre Roca imaginent une street food au fil des concerts… et au-delà

EXCLUSIVITÉ • Le point de restauration installé sur la terrasse de La Rodia à Besançon, depuis 2022 change d'équipe de restauration. Pierre Roca et Chérine Couësmes ont remporté l’appel d’offres lancé par la salle des musiques actuelles cet été. Première soirée le 6 octobre 2026, avec une carte courte, locale et pensée pour les différents publics...

Hubert-Félix Thiéfaine, atteint d’une maladie incurable, annonce une tournée d’adieu

Hubert-Félix Thiéfaine, auteur-compositeur-interprète et poète jurassien, annonce une ultime tournée après la révélation de son état de santé. Selon son épouse, l’artiste de 78 ans souffre d’une maladie évolutive et incurable. Il se produira néanmoins sur scène en France et en Belgique du 3 octobre 2026 au 5 juin 2027.

De l’acier au verre, Paul Gonez raconte 60 ans de sculpture dans son atelier à Besançon

VIDÉO • Bien connu dans la région notamment pour ses sculptures monumentales, le sculpteur bisontin Paul Gonez célèbre actuellement ses 60 ans de création et ouvre les portes de son atelier situé au 14 rue de l’Avenir à Besançon. L’occasion pour nous de venir rencontrer l’artiste et ses oeuvres dans leur milieu d’origine. Dans notre interview, Paul Gonez revient sur ses soixante années de création et sur l’exposition rétrospective qu’il y présente tous les week-ends jusqu’au 25 octobre 2026.

Avec 4 500 spectateurs le festival Détonation a trouvé son nouvel équilibre

La 13e édition du festival Déntonation a réuni 4 500 spectateurs durant deux jours, les 25 est 26 septembre 2026 à Besançon. Pour la première fois dans l’histoire du festival sous son nouveau format, le festival a affiché complet avant même l’ouverture des portes. Dans son communiqué de bilan du festival, la Rodia évoque une réussite qui "confirme la dynamique engagée depuis la transformation de Détonation en 2024".

Biblis en folie le 3 octobre au Frac Franche-Comté

Quoi de 9 ? • Le samedi 3 octobre 2026, le Frac vous invite à plusieurs rendez-vous dans le cadre de Biblis en folie, journées nationales dédiées aux bibliothèques et aux médiathèques, et en écho à l’exposition un monde renversé de Nina Laisné. Cette journée sera aussi l’occasion de découvrir la bibliothèque de la Cité des Arts.

Les Petites Fugues célèbrent 25 ans de littérature à travers la Bourgogne Franche-Comté

Depuis un quart de siècle, les livres prennent la route en Bourgogne-Franche-Comté. Du 16 au 28 novembre 2026, Les Petites Fugues, nées en Franche-Comté, fêteront leur 25e édition avec 16 auteurs et autrices invités et près d’une centaine de rencontres organisées dans toute la grande région. Un anniversaire placé sous le signe de la transmission, de celles et ceux qui font vivre la littérature au quotidien et d’une aventure collective patiemment construite au fil des années.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 19.94C°
ciel dégagé
le 05/10 à 14h00
Vent
1.84 m/s
Pression
1025 hPa
Humidité
74 %

Sondage