Une femme retrouvée morte près de Besançon : "très probablement" un féminicide 

Publié le 25/07/2021 - 13:29
Mis à jour le 29/07/2021 - 09:53

Une femme a été retrouvée morte dans le coffre de sa voiture vendredi 23 juillet au soir à Guillon-les-Bains près de Besançon. Elle a « très probablement » été tuée par son compagnon, mortellement blessé ensuite par le tir d’un gendarme après s’être montré ultra-violent, a indiqué dimanche le procureur de la République de Besançon.

Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon. © Alexane Alfaro
Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon. © Alexane Alfaro

La victime, âgée de 54 ans et mère de deux filles majeures, présentait des "coups multiples" au niveau de la tête qui était "violacée", a indiqué à l'AFP Etienne Manteaux.

Son compagnon, 39 ans, blessé au thorax par le tir d'un gendarme, a confié à un pompier avant de s'écrouler qu'il avait "tabassé" sa conjointe car elle l'avait "trompé", a poursuivi le procureur. "Nous sommes très probablement en face d'un féminicide", a-t-il ajouté.

L'inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a par ailleurs été saisie. La garde à vue du gendarme auteur du tir a été levée, selon M. Manteaux, qui évoque de premiers "éléments concordants" permettant d'envisager un tir "de légitime défense", le forcené ayant déployé une grand violence face aux forces de l'ordre.

Les faits

Les faits remontent à vendredi soir, dans le village Guillon-les-Bains, près de Besançon. Le corps de la quinquagénaire avait été retrouvé par des gendarmes dans le coffre de sa voiture, visiblement endommagée et stationnée au bord d'une route sur les hauteurs du village.

Les militaires avaient été appelés pour maîtriser son conjoint qui, extrêmement excité, semait notamment la panique dans une fête du village, en contrebas.

Alertés par une personne frappée au visage avec une pierre, les pompiers ont aussi fait les frais de sa "rage" : il a frappé l'un d'eux et poursuivi en courant les soldats du feu qui rebroussaient chemin dans leur camion, selon M. Manteaux.

Lors de la fête, les villageois munis "de pelles" et de "balais" ont réussi à le mettre en fuite, a précise le procureur. Sur les hauteurs du village, il a voulu s'emparer d'un camion de pompiers, avant de partir dans la forêt et d'en revenir armé de pierres. C'est là, après les sommations d'usage, qu'un gendarme lui a tiré dessus "à une reprise", sans savoir s'il l'avait touché en raison de l'obscurité, selon M. Manteaux.

Le forcené a encore tenté de prendre un véhicule de gendarmerie, avant qu'une élève-gendarme n'utilise son taser pour l'arrêter. Enfin maîtrisé, il a confié à un pompier le meurtre de sa conjointe. Hospitalisé, il est décédé quelques heures plus tard à l'hôpital. Les autopsies auront lieu en début de semaine.

Aucun signalement pour violences

Le parquet de Besançon n'avait reçu aucun signalement pour violences conjugales concernant ce couple, domicilié dans les environs. Toutefois, l'une des filles de la victime dit avoir déjà assisté à une "scène de violence" du conjoint sur la quinquagénaire, selon M. Manteaux.

Le suspect, chaudronnier de profession, avait deux mentions à son casier, pour vol et conduite en état alcoolique, avait indiqué samedi le parquet de Besançon.

Le couple s'était vraisemblablement formé il y a "quelques mois" mais ils se connaissaient depuis plus longtemps, a expliqué M. Manteaux.

(AFP)

1 Commentaire

bel article de cette journaliste,qui sans cela ont aurait penser que la victime se serait mis des coups sur la tête et le corps et se serait enfermer dans le coffre pour y mourir,qu elle repose en paix et son assassin ne recommencera plus,au moins une chose de sur
Publié le 25 juillet 2021 à 20h28 par jacob rabbie • Membre

Un commentaire

Laisser un commentaire

Justice

Incendie en Suisse : le propriétaire évoque une porte “verrouillée de l’intérieur” dans le bar

Le propriétaire français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana a indiqué aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qui a fait 40 morts qu'une "porte de service" était "verrouillée de l'intérieur" lors de son audition vendredi 9 janvier 2026.

Incendie à Crans-Montana : un avocat de victimes suisses craint la “destruction de preuves”

Des familles de victimes de l'incendie d'un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana craignent une "destruction de preuves" de la part des propriétaires ou de "quelqu'un qui leur est proche" faute de perquisition ou de détention des intéressés, a indiqué leur avocat mercredi 7 janvier 2026.

Incendie mortel en Suisse : l’Italie dénonce une tragédie évitable et souhaite que les propriétaires du bar soient arrêtés

L'incendie du bar Le Constellation de la station suisse de Crans-Montana le 31 décembre 2025, qui a fait 40 morts et 119 blessés, aurait pu et "dû être évitée", a affirmé lundi 5 janvier 2026 devant la presse l'ambassadeur d'Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado.

Péchier, “un tueur en série” avec une clinique pour “terrain de jeu” selon la cour

Frédéric Péchier, condamné à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels, s'est comporté comme "un tueur en série" avec pour "terrain de jeu" la clinique de Besançon où il exerçait comme anesthésiste, selon les motivations de la cour récupérées mardi 23 décembre 2025 par l'AFP.

L’ex-anesthésiste Frédéric Péchier a déposé une demande de mise en liberté

L'ancien anesthésiste Frédéric Péchier, condamné jeudi 18 décembre 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné 30 patients, dont 12 sont morts, a déposé une demande de mise en liberté dans l'attente de son procès en appel, a indiqué vendredi 19 décembre le parquet général de Besançon.

Frédéric Péchier jugé coupable : “La fin d’un cauchemar”, selon des parties civiles

VIDÉO • La cour d’assises a rendu son verdict ce jeudi 18 décembre 2025 dans l’affaire de Frédéric Péchier, après plus de trois mois de procès à Besançon. L’ex-anesthésiste est reconnu coupable pour les 30 chefs d’accusation. Il est condamné à la peine maximale, soit la réclusion criminelle à perpétuité. Voici les réactions de parties civiles dont Nathalie Simard, victime en 2017, et d’Amandine Ihelen, fille de Damien Ihelen décédé en 2008.

Frédéric Péchier reconnu coupable : “L’un des plus grands criminels du siècle” selon Me Giuranna

VIDEO • La cour d’assises a reconnu l’ex-anesthésiste coupable pour tous les chefs d’accusation et l’a condamné à la peine de réclusion criminelle à perpétuité ce jeudi 18 décembre 2025 à Besançon. Voici la réaction de Me Stéphane Giuranna, Me Frédéric Berna, avocats de parties civiles.

Procès Péchier : “Il n’y aucun point commun entre Frédéric Péchier et un serial killer” selon Me Schwerdorffer

VIDÉO • La cour d’assises a rendu son verdict ce jeudi 18 décembre 2025 dans l’affaire Péchier, après plus de trois mois de procès. Elle a reconnu l’ex-anesthésiste coupable pour les 30 chefs d’accusation et l’a condamné à la peine de réclusion criminelle à perpétuité. Voici la réaction de son avocat, Me Randall Schwerdorffer.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 6.59
couvert
le 12/01 à 15h00
Vent
1.33 m/s
Pression
1017 hPa
Humidité
85 %