Covid-19 : ce qu'il faut retenir des annonces du Premier ministre...

Publié le 11/12/2020 - 07:00
Mis à jour le 12/02/2021 - 17:39

Noël oui, le Nouvel An non. Face à une situation sanitaire moins favorable qu’anticipé, les Français pourront de nouveau circuler partout dès mardi 15 décembre 2020 mais seulement la journée, avec un couvre-feu avancé à 20 heures, qui ne sera levé que pour Noël.

Jean Castex a par ailleurs douché les espoirs du monde de la culture: les cinémas, théâtres et musées ne pourront rouvrir le 15 décembre, comme initialement prévu, mais devront rester fermés trois semaines de plus.

Au cours d'une conférence de presse, Jean Castex a fixé le nouvel "objectif": "permettre à chacune et chacun de profiter des fêtes de fin d'année" mais tout faire "pour réduire le risque de devoir vivre un 3ème confinement dans les prochains mois".

Or, "la partie est loin d'être gagnée" et "l'amélioration de l'épidémie" de coronavirus "marque le pas depuis une semaine" en France, a-t-il prévenu, en appelant à nouveau à "la mobilisation de tous".

De ce fait, la France sortira bien du confinement le 15 décembre et les déplacements seront de nouveau autorisés partout en France, comme l'avait annoncé Emmanuel Macron fin octobre. Mais seulement la journée car il y aura un couvre-feu plus sévère que prévu puisqu'il débutera à 20H et non à 21H, et jusqu'à 06H, sauf en Outre-mer.

Seule exception : les déplacements seront autorisés le soir de Noël, le 24 décembre, a indiqué le chef du gouvernement en recommandant à nouveau de réunir "pas plus de six adultes à la fois". Il a aussi conseillé de "limiter les interactions au cours des 5 jours précédents" en cas de rencontre avec une personne âgée ou vulnérable.

Il faudra en revanche rester chez soi le 31 décembre, car le réveillon du Nouvel An "concentre tous les ingrédients d'un rebond épidémique", selon Jean Castex, qui n'a pas rejeté qu'on puisse inviter quelques personnes en respectant le couvre-feu.

"Consternés"

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé qu'il n'y aura "pas de consignes d'indulgence" et que les contrôles seront "renforcés", notamment le soir du 31 décembre. Plus de 2,9 millions de contrôles, donnant lieu à plus de 285.000 verbalisations, ont été effectués depuis le début du deuxième confinement.

Les cinémas, théâtres et musées restent donc fermés car "la logique que nous devons suivre est d'éviter d'accroître les flux, les concentrations, les brassages de public". Sont également concernés les enceintes sportives, les cirques, les parcs zoologiques ou encore les salles de jeux et les casinos.

"Nous sommes consternés et révoltés", a réagi le délégué général de la Fédération nationale des cinémas français, Marc-Olivier Sebbag, en appelant le monde de la culture à se mobiliser.

Selon cette même logique, les jauges de fréquentation pour les lieux de culte, âprement négociées par les responsables religieux, "ne seront pas revues à la hausse" mardi prochain, selon lui.

Depuis le 3 décembre, les cérémonies religieuses peuvent rassembler plus de 30 personnes, mais de nouvelles règles ont été fixées: deux sièges doivent rester libres entre chaque personne ou entité familiale et une rangée sur deux doit rester inoccupée dans les églises, temples, mosquées et synagogues du pays.

"Lassitude"

Ces derniers jours, l'exécutif avait préparé les esprits à un déconfinement plus restrictif qu'envisagé. Car, à la fin octobre, Emmanuel Macron avait conditionné la phase 2 du déconfinement, après la réouverture des commerces fin novembre, à plusieurs critères, dont le seuil de 5.000 cas détectés par jour, qui s'éloigne chaque jour même si le pic de 60.000 cas de la deuxième vague, fin octobre-début novembre, est loin.

"Nous sommes sur une sorte de plateau", a souligné le Premier ministre, alors que quelque 14.000 contaminations ont été recensées jeudi, relevant qu'elles avaient même tendance "à légèrement réaugmenter depuis quelques jours".

A la mi-journée, Emmanuel Macron s'est alarmé de "situations très critiques" dans "beaucoup d'endroits en Europe" et avait appelé à une forte coopération entre pays de l'UE, notamment sur l'accès aux vaccins. Intervenant aux côtés de Jean Castex, le ministre de la Santé Olivier Véran a mis en garde contre l'utilisation abusive des tests, que des Français songent à passer avant les fêtes, qui ne sont pas un "totem d'immunité".

"Il faut aussi éviter l'engorgement des laboratoires des pharmacies, des médecins qui réalisent des tests", a-t-il aussi demandé.

Jean Castex a de nouveau repoussé un isolement "obligatoire" pour les personnes testées positives, soulignant que cette idée ne faisait "pas consensus".

Alors que le Premier ministre a dit comprendre "la lassitude, les doutes et les souffrances" malgré l'espoir du vaccin, l'exécutif doit faire face à la défiance des Français: seuls 36 % font confiance au gouvernement pour lutter efficacement contre l'épidémie selon un sondage Elabe, soit 12 points de moins qu'il y a deux semaines.

Avant son intervention, les Républicains et le Rassemblement national avaient appelé le gouvernement à faire confiance aux Français. Le député LR Julien Aubert a ensuite jugé "totalement ingérable" le protocole pour le 31 décembre, souhaitant "bonne chance aux policiers" pour l'appliquer.

La commission d'enquête du Sénat a par ailleurs dénoncé jeudi "un défaut de préparation, de stratégie et de communication adaptée" dans la gestion gouvernementale de cette crise sanitaire inédite. Après un rapport déjà très critique de l'Assemblée, la chambre haute a également pointé la responsabilité du N°2 du ministère de la Santé, Jérôme Salomon, dans la pénurie de masques dont a souffert la France au début de l'épidémie au printemps.

(Source AFP)

Politique

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