Viralata, Le fils du caïman : le dernier roman du Bisontin Sébastien Acacia...

Publié le 08/07/2018 - 17:00
Mis à jour le 10/07/2018 - 11:34

Une invitation au voyage... • Après sa trilogie Neuvième PlanèteSébastien Acacia a publié son quatrième roman Viralata, Le fils du caïman le 22 juin 2018. Entre autobiographie et fiction, l'auteur bisontin fait voyager le lecteur à Rio de Janeiro, une ville qui l'a éperdument marqué. Deux jours après sa sortie, ce roman s'est hissé à la troisième place des ventes sur Amazon… Interview.

Sebastien Acacia
©Marie-Laure Gianella
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maCommune.info : Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ?

Sébastien Acacia : « Je suis lorrain d’origine, né dans la banlieue de Metz en 1974. J’ai donc 44 ans. J’ai grandi dans les Pyrénées ariégeoises puis je suis venu m’installer à Besançon vers l’âge de 14 ans. Je suis parti travailler dans le domaine du multimédia à Paris après deux ans aux Beaux-arts de Besançon. J’ai très vite monté ma webagency et développé des activités de production et de création à cheval entre la Suisse et la France. J’ai vécu 10 années intenses à Paris. Intenses, car je travaillais beaucoup. Toujours en voyage, toujours à développer des projets, dont un a été produit par France 5 (la série pour enfants « Le Monde des Chumballs »). Et puis, j’ai découvert le Brésil, j’en suis tombé amoureux. J’ai décidé de développer mes activités à Rio de Janeiro. Initialement, j’y suis allé pour une semaine de vacances, finalement, j’y passerai presque 12 ans, avant de rentrer sur Besançon suite au diagnostic de maladie orpheline de mon petit garçon. »

mC : Depuis quand écrivez-vous ?

S. A : « C’est difficile à dire. Je me souviens de ma première bande dessinée reliée avec du scotch marron à l’âge de 4 ans. Une vague histoire de cowboys et d’indiens. Je me souviens avoir toujours commencé des histoires sous forme de bandes dessinées, et ce durant toute mon enfance. Par la suite, j’ai produit et coécrit des bandes dessinées et des séries éducatives en coproduction pour la télévision suisse romande, notamment. Cela faisait plus de 10 ans que je voulais me lancer dans le roman. J’écrivais régulièrement des synopsis, mais je ne trouvais jamais le temps de me lancer. Finalement, il aura fallu que mon fils se trouve dans cette situation pour chambouler toute ma vie et me retrouver avec beaucoup de temps à consacrer à l’écriture. Je me suis lancé en février 2016. Depuis j’écris à temps plein quasiment. »

mC : Pourquoi cette envie ?

S. A : « Le besoin de créer, tout simplement. C’est à la fois une thérapie, une échappatoire, un plaisir, une autonomie de vie, et puis c’est devenu un projet de carrière. Je suis une personne curieuse, très curieuse. J’aime apprendre, chercher à comprendre, découvrir. Un très cher ami brésilien me disait récemment « tu as une vision ample du monde, l’écriture est faite pour toi ». Je pense qu’il a raison dans le sens où écrire aide à structurer son esprit, ses idées, à exorciser ses peurs, ses démons, à penser le monde. »

mC : Viralata, Le fils du caïman est sorti le 22 juin dernier : de quoi parle-t-il ?

S. A : « Viralata c’est un exercice particulier. C’est à la fois autobiographique, avec des lieux où j’ai vécu, où j’ai pu vivre des moments magiques, des personnages tirés de ma vie, des rencontres, des souvenirs qui sont les miens, mais c’est aussi fictif. En effet, le personnage principal, cet enfant qui refait surface, la maladie, l’urgence de le retrouver, tout cela est romancé. Pour faire simple, il s’agit de l’histoire de Martin, un homme qui n’a plus que quelques semaines à vivre, qui découvre du jour au lendemain, par le biais d’un mystérieux message sur Facebook, qu’il a eu un fils d’une femme qu’il a éperdument aimé alors qu’il vivait au Brésil 18 ans plus tôt. Pour Martin, l’urgence réside dans le fait qu’il a un petit garçon atteint d’une maladie génétique rare, 100% dépendant a qui il n’a jamais pu offrir un frère pour la vie. Il voit alors dans cette révélation anonyme une chance unique de partir de ce monde apaisé et d’offrir à son petit enfant de la lune ce frère qu’il désirait tant.

C’est un roman particulier. J’y parle du doute, de la peur, mais aussi de l’espoir qui ensemble travaillent à bas bruit dans le cœur d’un père pressé par le temps. J’y parle de cette ville merveilleuse de Rio de Janeiro, ville schizophrène s’il en est, qui aura eu raison de moi il y a 16 ans de cela, de l’Amazonie où j’avais l’habitude d’aller prendre des bains d’humilité. J’y parle de l’urgence absolue d’être père, jusqu’à la dernière minute. »

mC : Comment et où avez-vous trouvé l’inspiration pour l’écriture de ce livre ?

S. A : « L’inspiration je l’ai puisée dans mes souvenirs, dans ces 12 années vécues au Brésil. Mes rencontres, mes relations, les lieux, les odeurs, les sons, les couleurs. Je l’ai puisée dans mes douleurs de père d’un petit garçon autiste, dans mes doutes personnels, dans mes espérances et dans l’amour que je lui porte tous les jours qui passent. L’histoire en elle-même, le fait que Martin soit un athée convaincu qui glisse petit à petit vers une approche plus mystique du monde au contact d’une chanteuse Ticuna et de croyances ancestrales, l’idée de l’œil dragon, tout cela est venu assez naturellement au fil de l’écriture de la première version résumée du roman. L’idée était de mettre en place une narrative intrigante, de sentir au fil des mots l’urgence à laquelle cet homme est confronté et de l’accompagner jusqu’au bout,  jusqu’aux dernières minutes de sa vie. »

mC : L’histoire se déroule au Brésil… Racontez en plus…

S. A : « Le Brésil est un pays en bien des aspects, schizophrène. Le pire y côtoie le meilleur à chaque coin de rue, les gens ont une manière d’être absolument unique, ils vivent le moment présent comme personne. J’ai appris à relativiser beaucoup de choses au contact de la culture brésilienne, à me concentrer sur les sensations, à laisser parler mes émotions, j’y ai appris à m’aimer, à dire ce que je ressens, à être le plus proche possible de mon moi profond. Et quel cadre plus fantastique que l’Amazonie pour développer une histoire mystique ? J’y allais quasiment tous les ans, plusieurs semaines. J’y ai rencontré des indiens d’une touchante simplicité et humilité, fins connaisseurs de leur environnement, le cœur sur la main. Bien entendu, comme on le découvre dans le livre, tout n’est pas simple, il y a énormément de contradictions à l’œuvre dans la société brésilienne. »

mC : Avez-vous eu besoin de faire des recherches particulières pour Viralata, le fils du Caïman ?

S. A : « Quelques recherches sur la mythologie Ticuna qui ont, d’ailleurs contribué à nourrir l’histoire et à lui donner un côté mystique que je n’imaginais pas si important initialement. Les recherches représentent l’aspect le plus agréable de l’écriture. En ce moment, je travaille sur mon futur roman et je suis en pleine lecture de traités historiques sur les Cathares et l’inquisition, sur la nanotechnologie et les OGM. Vous allez me demander quelle relation y’a-t-il entre ces quatre sujets … suspens ! »

mC : Quel est le message que vous tentez de faire passer à travers ce livre ?

S. A : « Je ne peux pas tout révéler. Le message principal est probablement « ne lâchez rien, l’espoir est le moteur le plus puissant qui soit dans nos vies ». Et puis, il invite à une réflexion sur nos certitudes. Que savons-nous vraiment ? Sommes-nous vraiment capables de faire la différence entre ce qui est et ce qui semble être ? »

mC : Votre livre s’est hissé à la 3e place des ventes sur Amazon. Qu’est-ce que ça vous fait ? Comment l’expliquez-vous ?

S. A : « Durant quelques heures il est même monté à la deuxième place des livres gratuits. J’étais ravi, bien entendu, j’ai pu mobiliser mon réseau d’amis sur les réseaux sociaux. Mais maintenant que la promotion est terminée, il y a tout à refaire. S’auto-éditer est un exercice assez complexe. Je garde la tête froide, car il y a en France une production importante de la part des auteurs autoédités.

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