1.000 Gilets Jaunes dans les rues à Besançon, 50.000 en France. Des heurts à Paris et en province

Publié le 06/01/2019 - 09:22
Mis à jour le 09/01/2019 - 16:32

Près de 50.000 personnes ont manifesté samedi à travers la France pour "l'acte VIII" de la mobilisation des "gilets jaunes" qui a parfois viré à l'affrontement avec les forces de l'ordre, suscitant l'indignation du chef de l'État. À Besançon, des Gilets Jaunes venus de toute la Franche-Comté principalement du Jura et du Haut-Doubs. Plus d'un millier de manifestants a défilé dans le calme via le parc des glacis avant que de nouveaux heurts n'éclatent vers 17h30 à proximité de la préfecture du Doubs. Deux personnes ont été interpellées pour des jets de projectiles sur les gendarmes mobiles.

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« Une fois encore, une extrême violence est venue attaquer la République – ses gardiens, ses représentants, ses symboles (…). Chacun doit se ressaisir pour faire advenir le débat et le dialogue », a réagi Emmanuel Macron sur Twitter.

Sur le plan comptable, les « gilets jaunes » ont réussi leur pari en mobilisant bien plus que les 32.000 manifestants du 29 décembre, même si le ministre de l’Intérieur a assuré que ce mouvement n’était « pas représentatif de la France ».

1.000 manifestants de toute la région à Besançon

En Franche-Comté, la mobilisation a été plus forte que le 29 décembre 2018. Des mobilisations ont eu lieu dans le secteur de Dole, et dans le Territoire de Belfort. Une centaine de Gilets jaunes réunis à Belfort vers 14h ont décidé de mener une opération escargot en direction de Valdoie. En Haute-Saône (Vesoul, Lure…) ils étaient près de 400 Gilets Jaunes à se retrouver autour des ronds-points. Pour lundi 7 janvier 2019, le préfet,

À Arbouans, les forces de l’ordre sont intervenues pour évacuer le rond-point de l’Europe alors que la maire de la commune leur avait donné une autorisation de pour rester sur place. Une interdiction qui selon l’élue ne peut qu’aviver les tensions.

Hommage aux gilets jaunes décédés

Mais c’est à Besançon que les manifestants ont décidé de réunir leurs forces vives. Ils étaient plus d’un millier dans les rues, 900 selon les autorités. Des Bisontins, mais aussi des « Gilets » du Haut-Doubs et du Jura. Ils étaient une centaine en provenance du secteur de Champagnole à venir grossir les rangs de la manifestation bisontine. Réuni place de la Révolution à 14h, le cortège s’est rendu une heure plus tard sur le site de mémoire de la place du souvenir dans le parc des glacis. Un symbole de la résistance selon plusieurs manifestants. Des gilets jaunes ont déposé des bougies pour rendre hommage aux gilets jaunes décédés depuis le début du mouvement le 17 novembre 2018.

Après avoir emprunté le tunnel sous la citadelle de Besançon, les manifestants ont finalement décidé à nouveau de se rendre devant la préfecture du Doubs, avec les mêmes scènes que lors des derniers samedis de manifestations.  Le face à face avec les forces de l’ordre s’est terminé à coup de sommations et de gaz lacrymogène avec une petite centaine de manifestants. Deux personnes ont été interpellées.

Un gouvernement déterminé

Christophe Castaner a insisté sur la « détermination » du gouvernement face à cette contestation qui fait vaciller l’exécutif depuis un mois et demi. Parmi les incidents ayant émaillé la journée, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a dû être évacué de ses bureaux rue de Grenelle après une intrusion de « gilets jaunes » qui ont défoncé la porte du ministère avec un engin de chantier. Une enquête est ouverte, selon le parquet de Paris.

Parti des Champs-Elysées, le défilé parisien s’était pourtant déroulé sans heurts dans la matinée, mais la situation s’est progressivement tendue dans la capitale où la préfecture de police a recensé 3.500 manifestants. Selon la préfecture, 24 personnes ont été interpellées.

De premiers projectiles ont été lancés aux alentours de 14h sur les forces de l’ordre qui ont répliqué par des tirs de lacrymogènes sur les quais de Seine, près de l’Hôtel de Ville, puis des incidents ont éclaté sur une passerelle reliant les deux rives de la Seine au niveau du Jardin des Tuileries.

Plusieurs scooters et une voiture ont été incendiés sur le boulevard Saint-Germain où des barricades de fortune ont été érigées, selon des journalistes de l’AFP. « Mettre le feu comme ça, c’est pas possible. C’est l’Apocalypse. Et l’image de la France dans le monde », a dit une passante.

En début de soirée, les manifestants sont retournés sur les Champs-Elysées, point névralgique de la mobilisation, avant d’en être chassés par les CRS. « Nous devions assister aujourd’hui à une manifestation pacifique à Paris, et les plus radicaux s’emploient, une fois de plus, à nuire à cette mobilisation légitime », a regretté Jacline Mouraud, une des figures de ce mouvement protéiforme qui a ciblé la hausse du prix des carburants avant de porter des revendications plus larges

Des échauffourées ont aussi éclaté entre forces de l’ordre et « gilets jaunes » samedi dans plusieurs villes de l’ouest, dont Caen, Nantes et Bordeaux, tandis qu’à Rennes, un groupe de manifestants a cassé une porte d’accès à la mairie.

« Faire avancer les choses »

À Rouen, où 2.000 personnes défilaient, un manifestant a été touché à la tête par des tirs de lanceurs de balles de défense, selon un correspondant de l’AFP.

« Je n’encourage pas la violence, mais malheureusement on voit qu’elle est nécessaire pour faire avancer les choses », a déclaré à l’AFP Sébastien, un auto-entrepreneur de 42 ans défilant à Rennes. À Montpellier, quatre CRS et trois « gilets jaunes » ont été légèrement blessés à la suite de jets de pierres et de bouteilles dans le secteur de la gare Saint-Roch, et cinq personnes interpellées, selon les autorités.

Six interpellations ont eu lieu à Saint-Etienne pour des jets de projectiles sur les forces de l’ordre, outrage et violences envers personnes dépositaires de l’autorité publique.

Un peu partout en France, les cortèges de « gilets jaunes », insensibles aux concessions de l’exécutif et au futur grand débat national, avaient là aussi débuté dans un calme relatif pour cette première mobilisation de l’année 2019 qui faisait figure de test.

À Toulouse, la mobilisation était en hausse par rapport au 29 décembre, avec au moins 2.000 « gilets jaunes » contre 1.350 samedi dernier. Mais en fin de journée, des jets de projectiles, des feux de poubelles et diverses dégradations ont donné lieu à 22 interpellations.

À Bordeaux, ils étaient environ 4.600 à manifester, retrouvant leur niveau de mobilisation d’avant les fêtes de fin d’année et consacrant la capitale de Nouvelle-Aquitaine comme l’un des bastions du mouvement.

À Lyon, des milliers de personnes ont défilé dans la rue dans un parcours erratique, investissant brièvement une partie de l’A7 qui passe dans la ville.

(Avec AFP)

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