Affaire Daval: la famille d'Alexia s'interroge sur un éventuel empoisonnement 

Publié le 12/12/2019 - 14:03
Mis à jour le 12/12/2019 - 14:06

Des proches d’Alexia Daval, dont le mari Jonathann a reconnu le meurtre, s’interrogent sur un éventuel empoisonnement de la jeune femme et ont demandé une nouvelle expertise, a indiqué jeudi 12 décembre 2019 le procureur de la République de Vesoul.

Alexia Daval © DR  ©
Alexia Daval © DR ©

Emmanuel Dupic a déclaré avoir été saisi par la juge d'instruction chargé de l'enquête de cette demande d'acte portant sur "une nouvelle expertise relative à des produits retrouvés dans le sang d'Alexia Daval""Une première expertise complète (sur cet aspect du dossier) avait déjà été réalisée (...), raison pour laquelle j'ai demandé le rejet de cette demande qui n'est pas utile pour découvrir les causes de la mort d'Alexia Daval, qui sont connues et résultent de l'étranglement", a poursuivi M. Dupic.

"Cette expertise serait donc inutile à rechercher les causes de la mort", a ajouté le magistrat, c'est désormais à la juge, qui instruit depuis Besançon, de décider ou non si elle fait droit à la demande.

"Je vais prochainement adresser à la juge d'instruction mon projet d'acte d'accusation pour qu'elle décide du renvoi de l'affaire devant la cour d'assises de la Haute-Saône", a par ailleurs annoncé à l'AFP M. Dupic, qui souhaite "clôturer cette instruction (...) pour que le procès se tienne".

Pourquoi la présence de certains médicaments ?

Défendus par Me Gilles-Jean Portejoie, la soeur et le beau-frère d'Alexia Daval, Stéphanie et Grégory Gay, ont indiqué à l'hebdomadaire local La Presse de Gray qu'ils s'interrogeaient sur la présence régulière de molécules médicamenteuses dans le sang d'Alexia, alors qu'elle n'avait jamais fait état de la prise de tels médicaments auprès de ses proches.

  • Parmi ces molécules figurent du Zolpidem (un somnifère), du Tétrazépam (un relaxant musculaire interdit depuis 2013) et du Tramadol (un antalgique opiacé), contre-indiqué dans le cadre du processus de procréation médicalement assistée (PMA) suivi par Alexia, a expliqué Grégory Gay. 

Grégory Gay affirme que le samedi 28 octobre 2017, alors que Jonathann Daval venait de signaler la disparition de sa femme, celui-ci avait, "de façon surprenante", attiré l'attention de la famille sur un tiroir de la chambre du couple rempli de médicaments en leur disant : "Regardez tout ce qu'elle prenait".

Demande "tardive et incongrue" selon l'avocat de Jonathann Daval

"Certaines parties civiles mettent en avant l'hypothèse d'une possible soumission chimique, voire d'un empoisonnement, à plus ou moins long terme", a constaté l'avocat de Jonathann Daval, Me Randall Schwerdorffer, jugeant cette "demande particulièrement tardive (...) totalement incongrue".

Toutefois, "si cette question n'est pas réellement travaillée et évacuée dans le cadre de l'instruction, elle sera alors de nature à déstabiliser les débats devant la cour d'assises et de nuire à la manifestation de la vérité", a-t-il estimé.  "Ne pas l'exploiter laisse la possibilité d'imaginer que Jonathann Daval a assassiné Alexia, ce qui ne lui a absolument jamais été reproché", a-t-il ajouté.

Rappel

En novembre, le parquet de Besançon avait annoncé la clôture de l'information judiciaire relative au meurtre d'Alexia Daval, même si des demandes d'actes sont toujours techniquement encore possible.

Le dossier avait alors été officiellement transmis au parquet de Vesoul, juridiction où avaient été commis les faits et où le procès aura lieu. Poursuivi pour meurtre sur conjoint, Jonathann Daval a reconnu avoir violemment frappé et étranglé son épouse Alexia en octobre 2017 à
Gray-la-Ville (Haute-Saône) lors d'une violente dispute conjugale, avant de brûler partiellement son corps.

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