Anesthésiste soupçonné d'empoisonnements : plainte contres des policiers à Besançon

Publié le 29/03/2019 - 18:10
Mis à jour le 29/03/2019 - 18:11

Un anesthésiste mis en examen pour sept empoisonnements de patients à Besançon a déposé plainte contre des policiers qu’il accuse d’avoir modifié délibérément dans des procès-verbaux certains propos tenus lors de sa garde à vue, a-t-on appris ce vendredi 29 mars 2019 de source judiciaire.

Dr Péchier, le 29 mars 2019  © maCommune.info
Dr Péchier, le 29 mars 2019 © maCommune.info

Les avocats du médecin-anesthésiste Frédéric Péchier, Mes Randall Schwerdorffer et Ornella Spatafora, ont déposé plainte jeudi pour "faux et usage de faux" avec constitution initiale de partie civile afin d'obtenir la saisine d'un juge d'instruction, selon cette même source.

En novembre 2018, les conseils avaient fait un premier dépôt de plainte, alors rejeté par le procureur de la République, Etienne Manteaux. Le nouveau dépôt leur permet cette fois de contourner le parquet et de saisir un juge qui va instruire leur plainte. Celle-ci vise des enquêteurs de la police judiciaire de Besançon qui avaient entendu le médecin-anesthésiste en garde à vue, en mars 2017.

Pour les avocats, les enquêteurs auraient "délibérément" retranscrit sur procès-verbal, de façon "altérée et fausse", des propos du médecin lors de
cette garde à vue, selon la source judiciaire. Elle n'a précisé ni la nature de ces propos, ni dans quelle mesure ils avaient été altérés.

Il semble "compliqué d'obtenir une instruction impartiale" à Besançon (avocats)

Les avocats ont indiqué envisager le dépaysement de cette instruction. Il semble "compliqué d'obtenir une instruction impartiale" à Besançon, où le
parquet ne souhaite "pas ce type de procédure", ont-ils dit à l'AFP. Frédéric Péchier, 46 ans, qui clame son innocence, a été mis en examen en mai 2017 et placé sous contrôle judiciaire. Il est soupçonné par les enquêteurs de sept cas d'empoisonnement. Les patients avaient fait des arrêts cardiaques: deux sont morts et cinq ont pu être réanimés.

Selon les éléments de l'enquête, ils avaient reçu des doses létales de potassium et d'anesthésiques volontairement administrées. Praticien réputé localement, M. Péchier n'était pas en charge de ces personnes, mais avait été appelé pour ranimer certaines d'entre elles.

Le fait que l'anesthésiste ait exercé dans les deux établissements où les incidents opératoires se sont produits et qu'il ait parfois posé le bon diagnostic pour réanimer ces patients en arrêt cardiaque le désigne comme principal suspect aux yeux des enquêteurs. Ils le soupçonnent d'avoir sciemment modifié les poches d'injection de confrères afin de créer des incidents opératoires et de pouvoir ensuite exercer ses talents de réanimateur.

(Source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

anesthésiste empoisonnement

Affaire Péchier : l’anesthésiste conteste sa mise en examen dans trois cas supposés d’empoisonnement

Les avocats de Frédéric Péchier, médecin-anesthésiste soupçonné de 24 empoisonnements dont neuf mortels mais qui clame son innocence, ont contesté le 9 février dernier à Besançon sa mise en examen dans trois cas. La justice rend sa décision ce mercredi 30 mars 2022.

Tentative de suicide de Frédéric Péchier, l’anesthésiste de Besançon soupçonné de 24 empoisonnements

Frédéric Péchier, anesthésiste de Besançon soupçonné de 24 empoisonnements dont neuf mortels, « a tenté de mettre fin à ses jours » dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2021 ont annoncé ce mardi 5 octobre ses avocats, selon qui « son état est critique » et son « pronostic réservé« .

Affaire Péchier : l’anesthésiste n’a pas “les traits d’un tueur en série” selon une contre-expertise psychiatrique

D’après les conclusions d’un rapport confidentiel publiées par le Journal du Dimanche le 11 avril 2021, la contre-expertise psychiatrique de Frédéric Péchier, anesthésiste soupçonné d’avoir empoisonné volontairement 24 patients à Besançon entre 2008 et 2017, ne révèle pas « les traits d’un tueur en série » dans sa personnalité.

Justice

Procès Péchier : des “failles” évocatrices d’un tueur en série selon un enquêteur

"Manipulateur" et "menteur pathologique", Frédéric Péchier a agi pour combler des "failles personnelles" qui évoquent le profil d'un "tueur en série", a affirmé vendredi 28 novembre 2025 devant la cour d'assises du Doubs un enquêteur chargé d'éclairer la personnalité de l'ex-anesthésiste, accusé de 30 empoisonnements, dont 12 mortels.

Interrogé une dernière fois sur les faits, Frédéric Péchier maintient être innocent

"Je maintiendrai toujours que je ne suis pas l'empoisonneur": inébranlable depuis près de trois mois de procès, l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier a une énième fois clamé son innocence, jeudi 27 novembre 2025 à Besançon, lors de son dernier interrogatoire sur les faits.

Procès Péchier : “je regrette de ne pas avoir pu protéger mon patient de la folie d’un homme” (Loubna Assila)

VIDÉO • La cour d’assises du Doubs a abordé ce mercredi 26 novembre 2025 les deux derniers décès du dossier Péchier actuellement jugé pour 30 faits d’empoisonnements dont 12 mortels entre 2008 et 2017. L’anesthésiste Loubna Assila qui avait refusé l’entrée de son bloc à Frédéric Péchier lors de l’arrêt cardiaque d’une des deux victimes, a livré un témoignage poignant et accablant l’ex-anesthésiste ce mercredi devant la cour. 

Procès Péchier : un enfant empoisonné pour “régler des comptes”, selon son père

L'empoisonneur "s'est servi de notre petit garçon pour régler des comptes", a regretté lundi 24 novembre 2025 devant la cour d'assises du Doubs le père de Tedy, victime à quatre ans d'un arrêt cardiaque suspect, l'un des trente empoisonnements imputé à l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier.

Au procès Péchier, l’arrêt cardiaque de Tedy, 4 ans, opéré des amygdales

C'est la plus jeune des 30 victimes attribuées par l'accusation à l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier: la cour d'assises du Doubs a commencé jeudi 20 novembre 2025 à se pencher sur le cas de Tedy, 4 ans, qui a subi un arrêt cardiaque en 2016 lors d'une banale opération des amygdales. L'enfant a survécu après deux jours de coma et cinq jours en réanimation.

Statue de Jenny d’Héricourt à Besançon : le procureur de la République ouvre une enquête

Le Mouvement Franche-Comté a annoncé le 18 novembre 2025 par voie de communiqué, que le procureur de la République a décidé d’ouvrir une enquête à la suite d’une plainte déposée pour des faits de favoritisme concernant la statue de Jenny d’Héricourt installée place de la Révolution à Besançon depuis le 5 mars dernier.

Affaire Fousseret-Cordier : Anne Vignot se joint à la demande d’appel du parquet

Le 5 novembre dernier, le tribunal correctionnel avait prononcé la relaxe de l’ancien maire Jean-Louis Fousseret et Alexandra Cordier pour prises illégales d’intérêt et détournement de fonds publics. Le parquet avait aussitôt déposé une demande d’appel du jugement le 7 novembre 2025. Représentée par Anne Vignot, la Ville de Besançon a suivi le parquet dans la demande d’appel. 

“Absence systématique” : Péchier mis en cause pour son désengagement lors des réunions sur les cas suspects

"L'absence systématique" de Frédéric Péchier aux réunions organisées pour discuter des arrêts cardiaques suspects dans une clinique de Besançon où il travaillait était vendredi 14 novembre 2025 l'objet du douzième interrogatoire de l'accusé, jugé pour 30 empoisonnements, dont 12 mortels, par la cour d'assises du Doubs.

Procès Péchier : l’accusé conteste le récit d’une patiente

"Elle a pu se tromper" : le Dr Frédéric Péchier, jugé à Besançon pour avoir empoisonné 30 patients dont 12 sont morts, a fermement contesté lundi 10 noveùbre 2025 devant la cour le récit d'une patiente victime en 2015 d'un arrêt cardiaque au bloc, et qui a raconté qu'il était venu à son chevet juste avant son anesthésie.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 5.44
pluie modérée
le 30/11 à 09h00
Vent
3.43 m/s
Pression
1014 hPa
Humidité
95 %