Lettre ouverte : "le torchon brûle entre le maire de Besançon et sa police municipale…"

Publié le 01/02/2018 - 10:23
Mis à jour le 16/04/2019 - 14:11

Jacques Desoche, président du syndicat CFTC de la ville de Besançon, a adressé une lettre ouverte à Jean-Louis Fousseret afin de « rétablir fermement la vérité » sur « la réalité de leurs missions ».

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Voici la lettre ouverte de Jacques Desoche, président du syndicat CFTC :

"Le torchon brûle entre le maire de Besançon et sa police municipale…"         

Lassés des communiqués de presse (quand ce ne sont pas des déclarations dans les journaux télévisés régionaux), émanant tant du maire de Besançon que de la majorité municipale. Communiqués venant systématiquement démentir la réalité de leurs missions, les policiers municipaux ont souhaité rétablir fermement la vérité.

Tout d’abord Monsieur le maire, vous avez exprimé lors du dernier conseil municipal  qu’entre vous et votre police, il n’y avait pas un fossé. Pour une (seule) fois, vous avez raison. Ce n’est pas un fossé qui vous sépare…mais un abîme !

Cet abîme, ce sont les 95,5 % des policiers municipaux qui, par écrit et en apposant leur nom et leur signature sur un document, vous ont demandé d’être dotés d’une arme à feu et qui se sont vus signifier une fin de non-recevoir au mépris de toute considération. Cet abîme, ce sont les promesses de recrutements non tenues et votre refus de voir ce qui se passe à Besançon.

Ce sont également les approximations voire les contrevérités qui masquent notre réel champ d’action et nos domaines de compétences.

C’est la nécessité de rentrer dans les halls des immeubles ou de descendre dans les caves, sans armes à feu, et devoir faire face à des personnes déterminées qui n’hésiteront pas à tirer pour défendre quelques grammes de cocaïne.

C'est les casques et les boucliers attribués pour se donner bonne conscience.

C'est ces quatre policiers municipaux, blessés en moins d’une semaine, qui attendent toujours votre venue.

Cet abîme, c'est toujours et encore les risques permanents d’attentats, qualifiés de majeurs par l’état, face auxquels vous semblez n’avoir toujours pas pris la mesure. C’est enfin de parler de la police nationale quand on vous parle de la police municipale.

Vos policiers, Monsieur le Maire, sont à cran. Ceux-ci vivent très mal qu’au-delà de toute empathie et d’un refus de principe, vous n’ayez pas pris conscience que la vie d’un homme justifie à elle seule de tout mettre en oeuvre pour la préserver. Respecter les Bisontines et les Bisontins, c’est avant tout les informer que des hommes et des femmes, vêtus d’un uniforme (fut-il estampillé police municipale, nationale ou ASVP) risquent chaque jour leur vie, notamment dans les quartiers (très) sensibles de votre commune.

Respecter les Bisontines et les Bisontins, ce n’est pas constamment déclarer : "condamner fermement les actes et demander des sanctions exemplaires".

Non, résolument non !

Respecter les Bisontines et les Bisontins c’est avant tout respecter celles et ceux qui les protègent. C’est armer à la hauteur des risques celles et ceux qui ont été amenés à faire quelques 70 interpellations au cours de l’année 2017 munis seulement d’un taser.

Respecter les Bisontines et les Bisontins, c’est avouer que des zones de non-droit existent bien à Besançon et que toute personne représentant l’ordre dans ces secteurs est en danger de mort. Ces agents (vos agents) aiment leur métier et leur engagement est exemplaire. Ils assument leurs missions avec la foi et la fierté qui caractérisent celles et ceux qui ont à cœur de porter haut les valeurs d’un métier à risques qui ne cesse d’évoluer.

N’attendez pas de rendre hommage à l’un deux devant son cercueil pour prendre une décision que chacun attend et qui ne pourrait que démontrer qu’à vos yeux l’intérêt collectif doit primer sur une position personnelle.

Jacques DESOCHE, Président du syndicat CFTC 

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