Couvre-feu à 18h00 envisagé à partir du 2 janvier : toute la Franche-Comté concernée

Publié le 30/12/2020 - 08:25
Mis à jour le 30/12/2020 - 09:38

La liste des départements • Un couvre-feu avancé de deux heures, à partir de 18h, est envisagé à partir du samedi 2 janvier 2020 pour les territoires les plus touchés par l’épidémie de Covid-19, a annoncé mardi le ministre de la Santé Olivier Véran. 20 départements seraient concernés. La liste des départements sera connue définitivement le 1er janvier 2021

"Nous allons proposer une extension du couvre-feu, qui au lieu de démarrer à 20h00, démarrera à 18h00 dans l'ensemble des territoires dans lesquels ça s'avèrera nécessaire", a indiqué M. Véran lors du journal télévisé de France 2. "Ces mesures seront applicables à partir du 2 janvier", a-t-il ajouté.

Le ministre a précisé que les territoires concernés étaient "des départements, des métropoles (...), dans lesquels le taux d'incidence serait au-dessus du seuil d'alerte maximale".

Selon lui, "la situation est plus problématique dans quatre régions : c'est-à-dire le Grand Est, la Bourgogne Franche-Comté, la région Auvergne-Rhône-Alpes, et le département des Alpes-Maritimes en région PACA".

"Il y a des disparités territoriales importantes, avec une sorte de gradient, avec l'Ouest de la France qui est moins touché, et l'Est de la France qui est plus touché." Olivier Véran

Le ministère de la Santé avait précisé à la presse, en fin d'après-midi, que 20 départements seraient visés, depuis les Ardennes jusqu'aux Alpes-Maritimes, en passant par l'Allier ou le Bas-Rhin.

  • Grand Est : tous les départements sauf le Bas-Rhin : Ardennes, Aube, Haute-Marne, Haut-Rhin, Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Vosges),
  •  Bourgogne-Franche-Comté : tous les départements sauf la Côte d'Or : Doubs, Jura, Nièvre, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Yonne, Territoire de Belfort),
  • Auvergne-Rhône-Alpes : Ardèche et Allier
  • Sud Provence-Alpes-Côte-D'azur :  Hautes-Alpes et Alpes-Maritimes

La liste définitive des départements concernés par le couvre-feu avancé à 18 sera connue le 1er janvier 2021

"Ce que nous écartons c'est l'idée de confinement. Nous ne voulons pas confiner à ce stade: ni un confinement généralisé, ni un confinement local", a insisté M. Véran. Mais il a aussi balayé l'idée d'une réouverture prochaine des lieux culturels. "Le Premier ministre avait parlé d'une clause de revoyure au 7 janvier (...), il parait difficilement concevable à ce stade, sous réserve de l'évolution dans les prochaines jours, de lever la totalité des contraintes, vous l'imaginez bien", a-t-il affirmé.

Le Conseil scientifique, qui guide le gouvernement, estime "probable" une "reprise incontrôlée de l'épidémie" de Covid-19 en janvier, à cause du "surcroît de contaminations" provoqué par les fêtes de fin d'année, selon son dernier avis publié mardi soir.

"Nous sommes dans une situation aujourd'hui qui de toute façon nécessite une réaction", avait plaidé sur Europe 1 le maire socialiste de Nancy, Mathieu Klein, à l'unisson d'autres élus de la région Grand Est, particulièrement touchée.

Plateau

Au niveau national, "la pression sanitaire (...) reste élevée sur le pays. Environ 1.500 hospitalisations par jour, près de 200 en réanimation, et plusieurs centaines de morts, chaque jour, dans notre pays", a souligné M. Véran.

"Nous sommes sur un plateau depuis environ trois semaines, avec environ 15.000 nouvelles contaminations par jour enregistrées dans notre pays (...) Nous sommes donc encore trop haut. Ça n'augmente pas, mais ça reste à un niveau très élevé", a-t-il résumé.

Mardi, 11.395 cas confirmés de Covid-19 ont été enregistrés, loin de l'objectif gouvernemental de descendre à 5.000. Et le nombre des décès a franchi la barre des 64.000 morts depuis le début de l'épidémie.

"Marathon"

En attendant, la campagne de vaccination débutée dimanche se poursuit dans des Ehpad, seules structures concernées dans un premier temps. Mardi, ce sont par exemple 14 résidents de l'Ehpad des Hortillons d'Amiens qui ont reçu le vaccin de BioNTech/Pfizer.

Sur les trois premières journées, moins de cent personnes ont été vaccinées. Alors que l'objectif est d'arriver à un million d'ici la fin février, des critiques commencent à s'élever contre un rythme jugé trop lent par rapport à d'autres pays comme l'Allemagne, les Etats-Unis ou Israël.

"On n'est pas parti pour un 100 mètres mais pour un marathon", se défend-on au ministère de la Santé. "Face à un très fort scepticisme dans la population française, nous avons fait le choix de prendre le temps nécessaire pour installer cette vaccination", avec notamment des consultations longues pour expliquer son bien-fondé.

Un sondage Ipsos Global Advisor/Forum économique mondial publié mardi fait d'ailleurs de la France la "championne du monde" des pays réfractaires: seuls 4 Français sur 10 accepteraient de se faire vacciner contre le Covid.

"Le démarrage est certes timide, mais on va progressivement monter en puissance et vacciner très largement. Cependant, on n'y arrivera pas en brusquant", a poursuivi le ministère, en se défendant de tout "problème d'approvisionnement": "500.000 doses arrivent cette semaine, 500.000 la semaine prochaine et 500.000 la suivante".

La prochaine étape concernera, d'ici à fin janvier, les "professionnels de santé de 50 ans et plus ou qui souffrent de maladies qui les exposent à des risques de forme grave."

(Avec AFP)

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