Éric Zemmour officiellement candidat à la présidentielle

Publié le 30/11/2021 - 13:38
Mis à jour le 07/04/2022 - 17:31

Le polémiste d’extrême droite Eric Zemmour a officialisé mardi sa candidature à l’élection présidentielle dans une vidéo au ton dramatique, à l’issue d’une précampagne agitée et de premiers ressacs dans les sondages. Suppression du droit du sol, port d’un prénom « français », baisse des impôts de production, lancement de 14 nouveaux EPR, retraite à 64 ans, retour de l’uniforme à l’école ou encore sortie du commandement intégré de l’Otan : Zemmour avait déjà égrainé quelques proposition durant sa « pré-campagne »

 © Capture YouTube Eric Zemmour
© Capture YouTube Eric Zemmour

"J'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle", a-t-il annoncé, installé devant une bibliothèque, assis derrière un micro d'époque, mimant le parallèle avec l'appel du général de Gaulle du 18 juin 1940.

Le polémiste de 63 ans a renvoyé dos-à-dos les "bien-pensants", les "élites", les "journalistes", les "islamo-gauchistes" et les tenants de "la théorie du genre".

Après cette annonce tournée il y a deux semaines et qui doit être suivie d'une interview au 20H de TF1 -cette fois en direct-, il va tenir son premier meeting de campagne dimanche après-midi au Zénith de Paris. La CGT, Solidaires et des militants antifascistes ont déjà promis une manifestation pour faire "taire Zemmour", à 13h dans la capitale.

Eric Zemmour "nous a vendu qu'il était le Trump français. C'est un Trump commandé sur Wish, cette plateforme de contrefaçons qui vend des trucs qui ne fonctionnent pas, qui sont faux", a cinglé mardi sur Europe 1 Gabriel Attal.

Le porte-parole du gouvernement a dit se "poser des questions sur sa capacité à représenter notre pays" après la visite chahutée du polémiste à Marseille samedi qui s'est terminée par un échange de doigts d'honneur avec une passante. Un geste "fort inélégant", avait convenu Eric Zemmour le lendemain.

Financement

Les partisans de Zemmour se targuent d'avoir déjà pesé sur les thématiques de la campagne, particulièrement sur la lutte contre l'immigration, le sujet numéro 1 du polémiste, associé à ses critiques de l'islam, une "civilisation" qu'il juge "incompatible avec les principes de la France".

Adepte de la théorie complotiste du "grand remplacement" de la population européenne par des immigrés non européens, sa mesure la plus controversée vise à interdire de porter un premier prénom d'origine étrangère.

Les polémiques se sont multipliées durant sa pré-campagne. Notamment quand Eric Zemmour a pointé un fusil vers des journalistes durant la visite d'un salon sur la sécurité ou s'est rendu devant le Bataclan, le jour de commémoration des attentats du 13-Novembre, pour accuser l'ancien président François Hollande de n'avoir "pas protégé les Français".

Ou quand il affirme, contre l'avis des historiens, que Pétain aurait "sauvé des juifs de France" pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jusque dans la couverture de son dernier ouvrage, "La France n'a pas dit son dernier mot", Eric Zemmour fait de l'ancien président américain Donald Trump une source d'inspiration, même s'il ne bénéficie pas du soutien d'un grand parti.

La constitution d'un réseau sur le terrain sera d'ailleurs l'un de ses nombreux défis, ne serait-ce que pour obtenir les 500 parrainages d'élus nécessaires à une candidature à la présidentielle. Son camp assure s'appuyer sur 250 à 300 promesses de parrainages.

Il lui faudra aussi récolter des dons pour sa campagne, alors qu'il a déjà perdu le soutien du financier Charles Gave, qui lui a prêté 300.000 euros. Le polémiste est en outre accusé d'agressions sexuelles selon plusieurs témoignages de femmes recueillis par Mediapart. Mais aucune plainte n'a été annoncée contre lui.

Les premières propositions du candidat Zemmour (pré-campagne)

Suppression du droit du sol, port d'un prénom "français", baisse des impôts de production, lancement de 14 nouveaux EPR, retraite à 64 ans, retour de l'uniforme à l'école ou encore sortie du commandement intégré de l'Otan: voici de premières propositions d'Éric Zemmour, candidat d'extrême droite à la présidentielle, distillées pendant sa pré-campagne.

Immigration

  • Référendum sur l'immigration
  • Suppression du droit du sol
  • Suppression du droit au regroupement familial
  • Expulsion des étrangers purgeant une peine de prison
  • "Forcer" les pays d'origine à les "reprendre". En cas de refus de ces pays: suppression des aides au développement et des visas
  • Déchéance de la nationalité des binationaux auteurs de crimes ou plusieurs délits successifs
  • Interdiction de porter un premier prénom d'origine étrangère
  • Fin de l'automaticité du renouvellement des titres de séjours (notamment pour les chômeurs et les parents d'enfants délinquants)
  • Fin de la régularisation des clandestins
  • Suspension de l'espace Schengen et création de garde-frontières à statut militaire pour "contrôler nos frontières nationales"

Protection sociale

  • Suppression des allocutions non contributives (RSA, APL, allocations familiales) aux étrangers qui ne paient pas d'impôt, même s'ils sont en situation régulière
  • Restreindre l'Aide médicale d'État (AME) aux soins urgents uniquement

Commerce

  • Blocage des accords de libre-échange signés par l'UE
  • "Patri-score" pour signaler les "produits plus ou moins français"
  • Oeuvrer à la mise en place d'une taxe carbone aux frontières européennes

Economie

  • Baisse des impôts de production
  • Progressivité plus importante de l'impôt sur les sociétés
  • Création d'un haut commissariat à la simplification administrative, directement rattaché au président de la République
  • Suppression des droits de succession sur les transmissions des entreprises familiales
  • Augmentation de l'âge de départ à la retraite à 64 ans
  • Favoriser les entreprises françaises dans la commande publique
  • Environ 3 % du PIB alloué à la recherche et au développement à horizon 2027
  • Pas de rétablissement de l'ISF et exonération de la résidence principale dans le calcul de l'IFI
  • Pas d'augmentation du Smic
  • Programme de construction de 14 nouveaux EPR à horizon 2050

Défense, diplomatie

  • Sortie du commandement intégré de l'Otan
  • Augmentation "massive" du budget de l'armée
  • "Indépendance vis-à-vis des Etats-Unis" (lutter contre l'extra-territorialité du droit américain), "tout en étant méfiant avec la Chine" pour être "une puissance d'équilibre"
  • Levée des sanctions contre la Russie

Education

  • Retour de l'uniforme à l'école
  • Rétablissement des classes de niveaux
  • Interdiction de l'écriture inclusive
  • Suppression du collège unique avec mise en place en parallèle de la filière générale, de filières professionnelles en alternance dès 14 ans
  • Suppression des allocations familiales aux parents qui ne "sanctionnent pas leur enfant" perturbateur

Sécurité routière

  • Suppression du permis à point
  • Retour de la limitation de vitesse à 90km/h sur les routes nationales

Droit 

  • "Modifier" l'Etat de droit
  • Réforme constitutionnelle pour que le droit national (les lois votées après les Traités européens) prime sur le droit européen
  • "S'affranchir" de la Cour européenne des droits de l'homme

"Brutalité"

Stanislas Rigault, qui anime "Génération Z", le mouvement de jeunesse du candidat, a reconnu sur BFMTV un moment "compliqué" à Marseille mais "ne pense pas que la dynamique va s'essouffler, on a un Zénith qui sera rempli".

Condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale, Eric Zemmour se déclare au moment où les sondages se tassent autour de 14 à 15 % d'intentions de vote au premier tour, derrière le président sortant Emmanuel Macron (25 %) et la candidate du RN Marine Le Pen (entre 19 et 20 %).

Et dans une période agitée pour son camp, où certains critiquent un déficit d'organisation ou l'omniprésence de sa conseillère Sarah Knafo.

En se déclarant mardi, il parasite le processus d'investiture en cours chez les LR qui départagent de mercredi à samedi leurs cinq prétendants, après un dernier débat mardi soir, et l'entrée au Panthéon de Joséphine Baker.

Il embarrasse également sa rivale d'extrême droite Marine Le Pen (RN), qui a déploré mardi sur Sud Radio qu'il "disperse des voix utiles au redressement du pays". "Il n'apporte rien", a-t-elle dit, en critiquant notamment la "brutalité" de ses mesures sur l'immigration ou sa vision des femmes.

Pour Sébastien Chenu (RN), sur BFMTV, "cette annonce est faite pour essayer de colmater les brèches, au moment où il enclenche une descente de son propre fait".

(Avec AFP)

Présidentielle 2022

Présidentielle 2022 : les chiffres de la participation à 17h en Bourgogne Franche-Comté

A 17h00, la participation est de 63,52 % en Bourgogne Franche-Comté et de 63,23 % au niveau national. Dans la région la participation en fin de journée est en recul de plus de trois points points par rapport au 2e tour du 7 mai 2017. Le détail des chiffres par département. Les bureaux de vote sont ouverts jusqu’à 19h00.

Politique

À Besançon, Place publique appelle à une recomposition de la gauche après la victoire de la droite

À l’issue du scrutin municipal dont le second tour s'est déroulé le 22 mars dernier, les électeurs ont porté au pouvoir une équipe de droite menée par Ludovic Fagaut, marquant un revers significatif pour la majorité sortante. Dans un communiqué du 1er avril, Place publique annonce vouloir ”fédérer les forces de la gauche républicaine et réaliste”.

Tensions au conseil municipal de Besançon : lettre ouverte à Ludovic Fagaut des élus Insoumis(es)

Dans une lettre ouverte adressée au maire de Besançon, Ludovic Fagaut, cinq jours après le premier conseil municipal, les élu(e)s du groupe de La France insoumise dénoncent son déroulement organisé après les élections du 22 mars 2026. Ils pointent à la fois un refus d’expression de l’opposition et un climat de tensions marqué par des incidents verbaux.

Dominique Voynet dénonce les suppressions de postes et de classes dans le Doubs

La députée Les Écologistes du Doubs, Dominique Voynet, a publié un communiqué le 1er avril 2026 pour exprimer son soutien aux enseignants mobilisés contre les réductions de postes prévues à la rentrée 2026. Selon elle, les annonces gouvernementales ne reflètent pas la réalité sur le terrain.

Ludovic Fagaut veut “donner les moyens” à la police municipale de réussir ses missions

VIDÉO • Il avait fait de la sécurité l’un des points forts de son programme de campagne, le maire de Besançon a donc rapidement mis à exécution ses paroles en consacrant sa première visite officielle à la rencontre des agents de police municipaux et de leurs locaux ce mardi 31 mars 2026.

Besançon : une vague de fermetures de classes dénoncée par les élu·es insoumis·es

Les élu(e)s insoumis(e)s au conseil municipal de Besançon tirent la sonnette d’alarme après l’annonce de nouvelles fermetures de classes dans le département du Doubs. Ils dénoncent dans un communiqué du 30 mars 2026, 27 fermetures de classes à Besançon, 109 dans le Doubs sont prévues, pour seulement 28 ouvertures à l’échelle départementale.

“Le Conseil municipal de Besançon n’est pas une Assemblée générale de La France Insoumise” s’insurge Laurent Croizier

Lors du Conseil municipal d’installation de Ludovic Fagaut à la tête de la mairie ce 27 mars 2026, les élus de l’opposition ont quitté l’assemblée suite au refus du nouveau maire de donner la parole à tous les groupes d’opposition, ces derniers n’étant pas encore installés. Laurent Croizier, député du Doubs et membre de la majorité, a souhaité réagir.

Clash au conseil municipal de Besançon : l’opposition quitte l’assemblée

Réactions de l'opposition en vidéo • Les échanges ont été houleux après la prise de parole de la maire sortante Anne Vignot qui s’est exprimée lors du conseil municipal ce 27 mars 2026 à Besançon. Si elle a eu le droit à la parole, elle a été refusée à Séverine Véziès, siégeant pour LFI. Les élus de l’opposition ont quitté le conseil. Les délégués au CCAS et les délégués à la commission d’appel d’offres des marchés publics ont ensuite été élus. Une situation que dénonce Anne Vignot qui veut saisir le préfet et si besoin amener l’affaire au tribunal administratif.

Vivez en direct le Conseil municipal d’installation

C’est un moment historique que s’apprête à vivre la Ville de Besançon. À gauche depuis 1953, elle va laisser siéger Ludovic Fagaut (LR), premier maire à droite depuis Henri Régnier. Après le rappel des résultats, les 55 nouveaux conseillers municipaux éliront leur maire. Suivez le conseil en direct sur maCommune.info.

Sous quel parti Ludovic Fagaut a-t-il été élu maire de Besançon : Les Républicains, Nouvelle Énergie ou les deux ?

La récente élection de Ludovic Fagaut à la tête de Besançon soulève une question politique : à quel parti appartient réellement le nouveau maire ? Est-il affilié aux Les Républicains, à Nouvelle Énergie ou les deux partis ? Le doute s’est installé après une publication du 22 mars 2026 de David Lisnard, président de Nouvelle Énergie…

Anne Vignot écrit une lettre ouverte adressée aux Bisontins

Au lendemain du scrutin municipal du 22 mars, Anne Vignot a publié une lettre adressée aux Bisontines et aux Bisontins. Battue, elle revient sur un mandat marqué par les crises, les engagements tenus et les transformations engagées. Elle y remercie celles et ceux qui lui ont accordé leur confiance, réaffirme son attachement aux valeurs humanistes et écologistes, et annonce sa volonté de poursuivre son engagement au service de Besançon, désormais des bancs de l’opposition municipale.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 12.04
peu nuageux
le 02/04 à 15h00
Vent
4.1 m/s
Pression
1016 hPa
Humidité
50 %