GE va supprimer près de 300 postes en France dans son entité "Steam Power"

Publié le 27/11/2020 - 10:46
Mis à jour le 27/11/2020 - 11:35

+ Réactions des politiques •

General Electric s'apprête à supprimer près de 300 postes en France dans son entité "Steam Power", spécialisée dans les centrales nucléaires et à charbon, dont 240 sur son site de Belfort, selon une source syndicale et une source proche du dossier jeudi26 novembre 2020.

 © Page Facebook-Intersyndicale General Electric Belfort
© Page Facebook-Intersyndicale General Electric Belfort

GE a confirmé de son côté à l'AFP avoir annoncé un projet de réorganisation de son entité GE Steam Power en Europe, à l'occasion d'un comité de groupe Europe, mais n'a pas donné de précisions sur le nombre d'emplois menacés.

C'est une "destruction massive", selon une source proche du dossier citée par le site letrois.info, qui a révélé l'information. "On vient fragiliser le socle du savoir-faire". Selon la direction du géant américain, cette annonce intervient "suite au projet de GE de se retirer du marché des nouvelles centrales à charbon".

"Le marché des centrales à charbon est aujourd'hui en rapide déclin à travers le monde, y compris en Europe", souligne la direction. "Ce contexte impose à GE Steam Power de se réorganiser pour s'adapter aux réalités du marché et préserver sa compétitivité".

Réaction de Damien Meslot, le maire de Belfort

« Par cette décision, GE confirme sa politique de démantèlement de ses activités en France et à Belfort.  Au regard des plans annoncés, ce sont plus de 1 200 emplois directs que GE aura supprimé à Belfort sur les 4 300 personnes que comptait le site en 2015. Bientôt, il y aura moins de salariés de GE en France qu’avant le rachat de l’activité énergie d’Alstom.

Depuis de nombreux mois, nous alertons le Président de la République et le gouvernement sur les intentions de GE et le danger qu’elles feront peser sur notre souveraineté énergétique et industrielle. Dès le mois de décembre, nous évoquions un possible plan dans la filière Steam.

Je suis sidéré que rien n’ait évolué. En effet, si GE motive cette suppression d’emplois par l’arrêt de l’activité charbon, en réalité la majorité des salariés qui travaillent sur cette activité exercent également leur métier pour l’activité nucléaire. De source syndicale, seules 150 personnes travaillent uniquement sur le charbon à Belfort.

Il s’agit donc bien d’une nouvelle atteinte aux accords passés en GE et l’Etat, au savoir-faire et aux compétences françaises et à notre souveraineté industrielle.  Faudra-t-il attendre un arrêt forcé de l’une de nos centrales pour qu’il y ait une prise de conscience ?  Il est urgent d’agir et c’est à l’État d’intervenir.

Afin de protéger les intérêts de notre pays, il convient de structurer une filière française de l’énergie. C’est pourquoi, je réitère ma demande au Président de la République de créer un consortium, autour du groupe EDF, pour racheter les activités Énergie de GE stratégiques pour notre pays, notamment le nucléaire, l’hydroélectrique voire le gaz", indique Damien MESLOT.

En parallèle du CCE, qui s'est tenu mercredi en visioconférence, GE Steam Power a entamé jeudi des discussions avec les comités d'entreprise français de GE Steam Power Service France et GE Steam Power Systems. À Belfort, site historique de General Electric en France, l'entité Steam Power employait 1.700 salariés au 31 décembre 2019. Au printemps 2019, elle avait déjà été concernée par une restructuration. Une rupture conventionnelle collective avait entraîné 264 départs volontaires dont 180 à Belfort.

Réaction de MarieGuite Dufay, la présidente de la région Bourgogne Franche-Comté

"General Electric poursuit sa casse sociale et plus personne ne s’en étonne. Il est loin le temps des promesses. Depuis le rachat de la branche énergie d’Alstom, ce n’est que mensonges et trahisons ! Alors que GE devait créer 1 000 emplois en France, les plans sociaux ou de départs volontaires se succèdent.

Il y a un an, après un combat exemplaire et une mobilisation sans pareil, GE s’était engagé à signer un accord pour pérenniser l’activité gaz sur Belfort. Depuis les négociations sont au point mort. En septembre, 83 salariés de la filière Hydro sont sortis des effectifs au nom d’une restructuration comptable. L’alternateur de nos barrages hydroélectriques sera désormais chinois ou indien.

Aujourd’hui, GE sacrifie 240 emplois dans la branche Steam Power, qui conçoit la turbine Arabelle présente dans les réacteurs de nos centrales nucléaires. Le groupe touche à la souveraineté industrielle de la France et risque de mettre en péril notre indépendance énergétique et notre sécurité nationale.

Sans intervention du chef de l’Etat, nous assisterons à la destruction massive d’emplois et de compétences uniques au monde. Les intérêts de notre pays et la filière française de l’énergie sont menacés.

Une énième fois, je demande donc au Président de la République de s’emparer du dossier. Depuis deux ans, toutes mes sollicitations sont restées sans réponse. A l’heure où des milliards d’euros sont mobilisés pour favoriser la relance, la relocalisation d’activités stratégiques, les Français ne comprendraient pas que l’Etat oublie une nouvelle fois les alstomiens et les alstomiennes. »

Marie-Guite Dufay a pu échanger avec Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et de la Relance, afin de défendre les intérêts et les emplois de la Bourgogne-Franche-Comté : « Je plaide pour le rachat par EDF et FRAMATOM de l’ensemble de la branche énergie de GE afin de recréer un champion énergéticien français."

La Présidente de Région, participera, le 1er décembre, au Comité de suivi du fonds de développement de General Electric – dit comité « Maugis ». Elle y soutiendra, contre l’avis de Hugh Bailey, directeur général de GE France, le projet déposé par les salariés de GE Hydro qui consiste en une reprise de leur activité.

Cédric PERRIN, sénateur du Territoire de Belfort

"La triste saga de General Electric se poursuit avec l’annonce aujourd’hui de nouvelles suppressions de poste en France au sein de l’entité Steam Power. 240 postes localisés à Belfort sont concernés.

Le groupe américain continue de démanteler, branche après branche, notre savoir-faire et n’a cure de ses engagements auprès de l’État.

Le sénateur rappelle que lors du rachat de la branche énergie d’Alstom en 2014, General Electric avait pris l’engagement de créer 1 000 emplois, il en aura finalement supprimé bien davantage à Belfort.

"Cette mascarade a assez duré et il est temps que le Gouvernement prenne ses responsabilités et se fasse respecter en exigeant de la direction le respect de ses promesses ! Il en va de la survie de notre souveraineté énergétique et industrielle et de la sauvegarde de nos emplois qui ne sont pas une variable d’ajustement des caprices de la direction de General Electric" déplore Cédric Perrin.

Réaction de Christophe Grudler, député européen du Territoire de Belfort

"Après le Gaz, l’Hydraulique, voilà maintenant 240 suppressions d’emplois annoncées dans la division STEAM POWER de General Electric à Belfort.

Le démantèlement progressif de l’usine de Belfort par General Electric (GE) se poursuit, comme on pouvait malheureusement s’y attendre. Ce n’est donc pas une surprise. Il faut travailler en urgence pour tourner la page GE à Belfort, comme je le répète depuis de longs mois. 

Le rachat de la division nucléaire de GE par EDF sera un signal fort de cette reconquête industrielle pour notre ville et ses salariés. Il y a des passerelles importantes au niveau STEAM entre les métiers du charbon et ceux du nucléaire. Je travaille au quotidien sur ce dossier de rachat par EDF avec l’ensemble des interlocuteurs tant au niveau du Gouvernement que d’EDF".

(Avec AFP)

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