Incidents à Paris : "acte 2" sous tension pour les "gilets jaunes"

Publié le 24/11/2018 - 12:39
Mis à jour le 24/11/2018 - 12:40

Plusieurs milliers de « gilets jaunes », mobilisés samedi 24 novembre 2018 pour « l’acte 2 » de leur protestation contre la hausse des carburants, ont convergé sur l’avenue des Champs-Elysées à Paris, une action marquée par des heurts avec les forces de l’ordre.

Capture écran ©BFM TV ©
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De nombreuses actions, pacifiques, se tenaient également un peu partout en France, avec des manifestations, opérations escargots ou péages gratuits notamment aux abords des péages et axes autoroutiers.

"Aucun manifestant n'est dans la zone interdite"

A Paris, la foule, qui tentait de pénétrer dans un périmètre interdit d'accès incluant notamment les abords de l'Élysée, la partie basse des Champs-Elysées et la place de la Concorde, a été dispersée par des tirs de gaz lacrymogènes et un engin lanceur d'eau.

"Aucun manifestant n'est dans la zone interdite", a affirmé la Préfecture de police. Ces incidents sont liés à la présence "à l'avant du cortège d'une centaine de membres de l'ultradroite qui harcèlent les forces de l'ordre", a affirmé une source policière.

"On vient juste manifester pacifiquement et on se fait gazer !"

La situation se tendait fortement peu avant midi : certains manifestants refluaient vers le haut de l'avenue tandis que d'autres étaient vus en train de desceller des pavés ou s'emparer du mobilier urbain, pour dresser une barricade.

"On vient juste manifester pacifiquement et on se fait gazer ! On voit comment on est reçu à Paris", peste Christophe, 49 ans, venu de l'Isère avec sa femme.

Arrivés par petits groupes en début de matinée, les manifestants avaient auparavant descendu l'avenue, chantant alternativement la Marseillaise et des slogans "Macron démission" ou "La police avec nous", en direction de la place de la Concorde.

C'est là qu'avait été initialement envisagé un grand rassemblement national place de la Concorde, auquel plus de 36.000 personnes se sont déclarées "participants" sur Facebook, finalement interdit par les autorités pour raisons de sécurité.

3 000 forces de l'ordre

Un dispositif de 3.000 forces mobiles a été mobilisé pour boucler les abords de l'Élysée, la partie basse des Champs-Elysées, la Concorde, l'Assemblée nationale ainsi que Matignon. Les autorités redoutaient notamment l'infiltration de casseurs et de "réseaux violents d'ultradroite et d'ultragauche". Samedi dernier, des "gilets jaunes" avaient à plusieurs reprises tenté d'approcher l'Élysée.

"Audience souhaitée"

Les manifestants, originaires de région parisienne et arrivés de province en voitures, bus ou train, entendent mettre la pression sur l'exécutif qui reste, selon eux, sourds à leurs demandes.

Dans un "communiqué" signé "Les citoyens français" posté vendredi sur les réseaux sociaux, les "gilets jaunes ont réclamé "une audience avec le Premier ministre ainsi que le ministre de la Transition écologique et solidaire au cours de laquelle un groupe de citoyens pourra échanger".

"On peut même plus vivre quand on paye ses charges, je suis hyper révoltée. Ils sont en train de nous mener vers la précarité", a déclaré Dominique, pré-retraitée venue en bus de Villeneuve d'Ascq. "Il est grand temps qu'il trouve une solution: ok pour l'écologie, non pour survivre alors qu’on a bossé toute sa vie."

(Source : AFP)

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