La loi Recherche définitivement adoptée au Parlement

Publié le 20/11/2020 - 18:00
Mis à jour le 20/11/2020 - 17:12

Face au risque de « décrochage » de la recherche française, le Parlement a définitivement adopté ce vendredi 20 novembre 2020 le projet de loi de programmation (LPR), « un investissement historique » selon le gouvernement confronté à la défiance accrue de la communauté universitaire et scientifique. Fannette Charvier, députée du Doubs se félicite de cette décision (elle avait été désignée responsable de ce texte pour le groupe LaREM).

Le Sénat a donné l’ultime feu vert parlementaire par 244 voix contre 95. Opposés au texte, les groupes de gauche ont l’intention de saisir le Conseil Constitutionnel.

La ministre de la Recherche Frédérique Vidal a de nouveau loué "des moyens inédits", grâce à cette hausse de 30 % du budget entre 2021 et 2030, passant de 15 à 20 milliards d'euros par an.

Le gouvernement promet l'injection par paliers de "25 milliards" en dix ans, un calcul contesté par l'opposition qui critique une durée de programmation "beaucoup trop longue", sans assurance sur les investissements futurs. "Nos laboratoires ont besoin d’avoir l’assurance que le financement de leurs travaux sera garanti plus d’un an. Ils ont besoin d’anticipation et de lisibilité", explique Fannette Charvier.

"La page de la dévitalisation de la recherche française est enfin tournée", a lancé Mme Vidal, en insistant sur la revalorisation des carrières ou le rôle complémentaire du "plan de relance", pour débloquer des fonds rapidement.

"Le choc budgétaire que le monde de la recherche est en droit d'attendre n'est pas là", a estimé de son côté la rapporteure LR Laure Darcos.

Pour plus de garanties, les parlementaires ont inscrit dans le texte l'impact du plan de relance en faveur de l'Agence nationale de la recherche en 2021 et 2022, ainsi qu'une augmentation renforcée des financements de "base" des laboratoires, dès les premières années.

Ce projet de loi n'en reste pas moins vivement critiqué au sein de la communauté universitaire.

Syndicats et chercheurs mobilisés fustigent une "réforme en trompe l'oeil", des financements concentrés sur une recherche "sélective", par "projets", et une "attaque" du statut de fonctionnaire en raison des nouvelles voies de recrutement de jeunes chercheurs.

Le texte prévoit des "parcours de titularisation" à l'américaine ("tenure tracks"), pour accéder à une titularisation au bout de six ans maximum, ainsi que des "CDI de mission scientifique", censés remplacer les CDD à répétition, mais prenant fin avec le projet de recherche associé.

Selon Frédérique Vidal, cela remplace des contrats courts et offre de la "visibilité".

"Tentatives de censure"

Début 2020, le texte avait provoqué un important mouvement de protestation, stoppé par le confinement de mars. En sourdine, à cause de la crise sanitaire, la contestation s'est aiguisée ces dernières semaines à la faveur d'amendements controversés votés au Sénat.

Le premier, sur le "délit d'entrave", vise à pénaliser les intrusions de personnes extérieures dans les universités, si elles troublent la "tranquillité ou le bon ordre" de l'établissement. La gauche critique une mesure "liberticide".

Cela ne "vise en aucun cas à museler des voix discordantes", mais "au contraire à protéger le débat contradictoire contre les tentatives de censure ou les dégradations inadmissibles commanditées de l'extérieur", a argumenté Frédérique Vidal.

Le second amendement minore le rôle du Conseil national des universités (CNU) dans le recrutement des enseignants-chercheurs: une expérimentation permettra aux universités de déroger à l'obligation de recruter une personne qualifiée par le CNU.

La sénatrice socialiste Sylvie Robert et le communiste Pierre Ouzoulias ont critiqué une mesure "sans concertation préalable", en soulignant "l'émoi" et "l'extrême préoccupation" des universitaires.

Cela risque de favoriser les "mandarinats" et les "recrutements locaux", dénonce la professeure de droit Véronique Champeil-Desplats (Nanterre), opposée à la loi. "Alors que les gens étaient plutôt résignés, les amendements du Sénat ont exacerbé la colère et réveillé les collègues", estime-t-elle, y compris dans des disciplines peu enclines à la contestation.

Frédérique Vidal a promis une "phase de concertation" pour "rédiger le décret" sur le CNU. Et elle salue une "nouvelle étape dans la marche des établissements vers l'autonomie".

Mardi, plusieurs centaines d'enseignants-chercheurs se sont rassemblés place de la Sorbonne, derrière des pancartes comme "université en danger" et "écran noir", en référence à une opération sur les réseaux sociaux.

A l'Assemblée nationale, le député mathématicien et ex-LREM Cédric Villani, qui a longtemps soutenu le texte et son "bon argent", a fini par voter contre mardi, déplorant un "compromis" final "bâclé qui ne rend pas justice au travail effectué".

Certaines mesures font toutefois consensus, comme la promesse de garantir, dès septembre 2022, un paiement mensuel aux "vacataires", ces précaires qui subissent de réguliers retards dans le paiement de leurs heures.

"La recherche n’est ni une option, ni une variable d’ajustement. C’est un investissement sur le long terme pour anticiper et faire face aux grands défis qui attendent notre pays et plus largement, l’humanité", conclut la députée du Doubs.

(Avec AFP)

Politique

Déplacement de palmier sur le Pont Battant : les écologistes défendent “une action symbolique”

Pour une même action, deux camps et donc deux visions s’affrontent une nouvelle fois à Besançon. Samedi 13 juin 2026, quelques personnes ont tenté de déplacer l’un des palmiers récemment installé sur le Pont Battant avant d’être interpellées par la police, alertée par des passants. Si la Ville de Besançon a rapidement qualifié les faits de vol et annoncé son intention de porter plainte. Les Écologistes, par la voix de leur président Anthony Poulin, ont pour leur part défendu une "action symbolique".

Dominique Voynet poursuit sa tournée de “grande écoute” dans le Doubs

La députée écologiste du Doubs, Dominique Voynet, poursuit en juin 2026 sa démarche de "grande écoute" engagée à l’automne dernier. Cette initiative vise à rencontrer les habitants de sa circonscription, en particulier ceux résidant dans les secteurs les plus éloignés de sa permanence située à Besançon.

“Avec nos blessés” : Ludovic Fagaut et Rémi Bastille courent aux côtés de 1.500 militaires du Doubs

VIDÉO • Comme chaque année depuis une décennie, les unités militaires du Doubs ont organisé ce samedi 5 juin une journée de cohésion et de solidarité en faveur des blessés de l’armée de Terre dans le centre-ville de Besançon. À cette occasion, près de 1.500 participants ont pris part à une course de 5 kilomètres reliant La Rodia à la place de la Révolution. Parmi eux figuraient notamment Rémi Bastille, préfet du Doubs, et Ludovic Fagaut, maire de Besançon, venus soutenir l’initiative.

La Confédération paysanne du Doubs boycotte une table ronde avec Annie Genevard

La Confédération paysanne du Doubs a annoncé qu’elle ne participerait pas à la table ronde consacrée à la ”souveraineté alimentaire”, organisée vendredi 5 juin 2026 en présence de la ministre de l’Agriculture, du préfet du Doubs et de représentants de Terre Comtoise.

Cadmium : Dominique Voynet, seule députée franc-comtoise présente lors du vote à l’Assemblée

Les députés étaient appelés à se prononcer mercredi dernier sur une proposition de loi portée par les écologistes visant à réduire la teneur en cadmium des engrais phosphatés. Le texte prévoit un abaissement progressif du seuil autorisé à 40 mg/kg dès 2027 puis à 20 mg/kg à partir de 2030, contre 90 mg/kg actuellement. Cette trajectoire est plus ambitieuse que celle envisagée par le gouvernement, qui prévoyait d’atteindre ces objectifs seulement en 2038.

Orientation : la Bourgogne-Franche-Comté formalise son engagement avec la signature de la charte du SPROTLV

La Région Bourgogne-Franche-Comté a réuni, jeudi 21 mai 2026 à l’Hôtel de Région de Besançon, les acteurs du Service public régional de l’orientation tout au long de la vie (SPROTLV) pour une matinée consacrée à la signature officielle de la charte d’engagement du dispositif.

Arrêté anti-mendicité à Besançon : plus de 500 personnes mobilisées contre la décision du maire

VIDÉO • Plus de 500 personnes (entre 600 et 700 selon l'organisation) se sont réunies ce lundi 1er juin à Besançon pour protester contre l’arrêté anti-mendicité signé par le maire vendredi 29 mai et appliqué avec effet immédiat. Élus d’opposition, travailleurs sociaux et militants ont dénoncé une mesure jugée "politique" et accusée de "criminaliser la pauvreté".

La nouvelle préfète de région, Violaine Démaret, en visite de terrain pour la première fois dans le Doubs

Pour sa première visite officielle dans le Doubs, ce lundi 1er juin 2026, la nouvelle préfète de Bourgogne-Franche-Comté et préfète de Côte-d’Or, Violaine Démaret, s’est rendue à Besançon, notamment à la Citadelle, afin de rencontrer les acteurs institutionnels du territoire mais aussi la presse locale. L’objectif : prendre connaissance des dossiers locaux, échanger avec le préfet du Doubs Rémi Bastille, les élus locaux et les parlementaires.

Annie Genevard empêtrée dans une polémique après un déjeuner organisé par Vincent Bolloré

L’ancienne députée du Doubs et ex-maire de Morteau est actuellement au coeur d’une polémique après sa participation à un déjeuner organisé par Vincent Bolloré et avec une figure de la propagande Pro-Poutine et un conseiller économique de Jordan Bardella. L’information a été révélée par le journal Le Monde le 26 mai 2026. Depuis, la ministre a été sommée de s’expliquer par le Premier ministre Sébastien Lecornu qui l’a contacté mercredi matin pour lui demander des explications.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 20.99
peu nuageux
le 14/06 à 09h00
Vent
2.71 m/s
Pression
1019 hPa
Humidité
69 %

Sondage