Procès de Frédéric Péchier : un mois de procès et une défense fragilisée

Publié le 07/10/2025 - 14:58
Mis à jour le 07/10/2025 - 16:29

Une défense ébranlée et un comportement abrupt à l'audience : après un mois de procès, l'ancien anesthésiste Frédéric Péchier clame toujours son innocence dans 30 cas d'empoisonnements de patients, dont 12 mortels. Cet homme de 53 ans est soupçonné d'avoir frelaté des poches de produits anesthésiants de patients âgés de 4 à 89 ans afin de provoquer un arrêt cardiaque, dans deux établissements de Besançon.

Frédéric Péchier © Alexane Alfaro
Frédéric Péchier © Alexane Alfaro

Son mobile présumé pour ces actes survenus entre 2008 et 2017: nuire à des collègues avec lesquels il était en conflit, pour des questions d'ego ou d'argent. Jamais incarcéré pendant l'instruction, il comparaît libre devant la cour d'assises du Doubs, mais encourt la réclusion à perpétuité.

"On est là pour savoir s'il y a des preuves" de la culpabilité de Frédéric Péchier, observe auprès de l'AFP son avocat Randall Schwerdorffer, qui réclame l'acquittement. Or, "depuis un mois, pour l'instant, cette preuve n'y est pas", souligne-t-il.

"Personne ne m'a vu faire"

Depuis le début (le 8 septembre) de ce procès d'une rare complexité, qui a vu défiler à la barre des victimes ou des proches, d'anciens collègues, des enquêteurs et experts, le docteur Péchier a subi deux longs interrogatoires. Il repasse sur le grill mardi pour être questionné sur une série de trois arrêts cardiaques suspects et inédits à la Polyclinique de Franche-Comté.

Les 27 autres empoisonnements présumés ont eu lieu dans un autre établissement de Besançon, la clinique Saint-Vincent, et le fait que Frédéric Péchier soit le seul soignant à avoir exercé dans les deux établissements au moment des cas suspects est l'une des clefs de voûte de l'accusation. Jusqu'ici, il s'est posé en bouc émissaire, désignant un collègue, Sylvain Serri, comme l'éventuel empoisonneur.

L'empoisonnement de Sandra Simard le 11 janvier 2017, qui avait lancé l'enquête, puis celui de Jean-Claude Gandon neuf jours plus tard, avaient plongé la clinique dans l'angoisse. Tous deux ont survécu.

Les policiers ont interpellé Frédéric Péchier en mars 2017. Plus aucun arrêt cardiaque suspect ne s'est produit depuis. Aux assises, l'ancien anesthésiste est apparu fragilisé après des revirements.

Après avoir contesté, tout au long de l'instruction, l'idée même que les arrêts cardiaques suspects étaient dus à des empoisonnements, les attribuant à des erreurs médicales ou des fragilités des patients, il a fini par en reconnaître devant la cour, dans trois des quatre premiers cas examinés. Tout en maintenant qu'il n'était pas l'empoisonneur.

Le 22 septembre, malmené par l'avocate générale, il répète qu'il "n'a jamais pollué la poche de Madame Simard", avant d'ajouter : "Personne ne m'a vu faire". Un aveu en forme de lapsus pour l'accusation.

"Pour nous, cela ne fait aucun doute que c'est la bonne personne qui est dans le box", déclare à l'AFP Frédéric Berna, avocat de nombreuses parties civiles. "On a un accusé (...) qui est prêt à s'effondrer", renchérit son collègue Stéphane Giuranna.

"Savoir la vérité"

Placé face à certaines contradictions, Frédéric Péchier a souvent réagi avec arrogance, invitant la cour à réinterroger "correctement" les gens concernés ou la présidente à "relire le dossier", ce qui ne le rend pas forcément sympathique au jury. Frédéric Péchier a en outre manifesté peu d'émotion jusque-là, contrairement aux autres soignants qui ont témoigné, tous profondément touchés par les arrêts cardiaques ou les décès de leurs patients.

"On n'est pas là pour savoir si Frédéric Péchier est quelqu'un de bien ou pas bien, s'il est sympathique ou pas", lâche son avocat. L'ancien anesthésiste a assuré ne pas rester insensible, se disant "très marqué par le passage à la barre des filles" de Damien Iehlen, mort en 2008 à 53 ans, premier décès dans le dossier d'accusation. En larmes, sa fille Amandine a raconté avoir traversé une dépression et "bousillé sa vie de couple" après le décès de son père.

Bénédicte Boussard, qui avait 41 ans lorsqu'elle a subi un arrêt cardiaque en cours d'anesthésie en avril 2009, a dit souhaiter "savoir la vérité". Sans se faire d'illusion concernant l'accusé. Il "n'avouera pas", a-t-elle dit devant la cour. "Je pense que c'est enfoui au plus profond de lui-même et que ça ne sortira jamais".

Le verdict est attendu le 19 décembre.

procès de Frédéric Péchier

La justice examine une remise en liberté de l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier

La justice examine ce mardi 16 juin 2026, plus d'un an avant son procès en appel à Lyon, une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné fin 2025 à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels dans des cliniques de Besançon.

La Cour de cassation rejette le recours de Frédéric Péchier sur sa demande de mise en liberté

La Cour de cassation a rejeté mardi 12 mai 2026 le recours de l'anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre à perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels, qui réclamait sa remise en liberté pour préparer son procès en appel, a-t-on appris de source judiciaire.

Frédéric Péchier maintenu en prison dans l’attente de son procès en appel

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a examiné ce mercredi 11 février 2026 la demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en décembre dernier pour 30 empoisonnements de patients, dont 12 mortels. La chambre a décidé du maintien en détention de Frédéric Péchier dans l’attente de son procès d’appel. 

Frédéric Péchier veut sortir de prison pour préparer son procès en appel

"La détention est un obstacle à la préparation de mon procès" en appel, a déclaré mercredi 11 février 2026 l'ex-anesthésiste de Besançon Frédéric Péchier, condamné à perpétuité pour l'empoisonnement de trente patients, dont 12 mortels, lors d'une audience judiciaire où il a demandé sa remise en liberté.

Affaire Péchier : la demande de mise en liberté examinée ce mercredi par le tribunal de Besançon

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour 30 crimes d’empoisonnement, l’ex-anesthésiste Frédéric Péchier verra sa demande de mise en liberté examinée ce mercredi 11 février 2026 par le tribunal de Besançon. L’accès à l’audience sera limité en raison de la capacité réduite de la salle.

La demande de remise en liberté de Frédéric Péchier examinée le 11 février 2026

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examinera le 11 février 2026 une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre pour l'empoisonnement de 30 patients, dont 12 sont morts, a-t-on appris mardi 13 janvier 2026 de sources concordantes.

Péchier, “un tueur en série” avec une clinique pour “terrain de jeu” selon la cour

Frédéric Péchier, condamné à la perpétuité pour 30 empoisonnements dont 12 mortels, s'est comporté comme "un tueur en série" avec pour "terrain de jeu" la clinique de Besançon où il exerçait comme anesthésiste, selon les motivations de la cour récupérées mardi 23 décembre 2025 par l'AFP.

L’ex-anesthésiste Frédéric Péchier a déposé une demande de mise en liberté

L'ancien anesthésiste Frédéric Péchier, condamné jeudi 18 décembre 2025 à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné 30 patients, dont 12 sont morts, a déposé une demande de mise en liberté dans l'attente de son procès en appel, a indiqué vendredi 19 décembre le parquet général de Besançon.

Justice

Imprescriptibilité des crimes commis sur les mineurs : Laurent Croizier salue le vote de l’Assemblée nationale

Dans le cadre de l'examen du projet de loi sur la protection des enfants, le député Laurent Croizier indique ce mois de juillet 2026 que l’adoption en première lecture de l’amendement pour rendre imprescriptibles les crimes commis sur les mineurs "est une étape décisive".

Violences sexuelles sur mineurs : près de 1140 procédures examinées en moins d’un mois par la cour d’appel de Besançon

Les parquets du ressort de la cour d'appel de Besançon (Besançon, Montébliard, Lons-le-Saunier, Vesoul, Belfort) ont procédé à un recensement des procédures relatives aux violences sexuelles commises sur des victimes mineures, conformément aux instructions du garde des Sceaux, détaillées dans sa circulaire du 8 juin 2026. Au total, selon un communiqué du procureur général du 16 juillet 2026, près de 1140 procédures ont été étudiées en moins d'un mois.

L’ancien ministre bisontin Yves Jégo mis en examen dans une affaire de contrats de masques anti-Covid

Selon des informations publiées par Mediapart le 6 juillet 2026, l'ancien ministre et ancien député centriste Yves Jégo, originaire de Besançon, a été mis en examen pour trafic d'influence dans le cadre d'une enquête portant sur des marchés publics de fourniture de masques réutilisables durant la crise sanitaire. Les investifations concernent notamment la Bourgogne Franche-Comté.

Dépôts sauvages : à Besançon, les contrevenants participeront à la préservation de la nature via des TIG verts

Le 3 juillet 2026, sous l’impulsion du Pôle régional de l’environnement, le tribunal judiciaire de Besançon, le Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) du Doubs et plusieurs partenaires associatifs ont signé une convention créant un dispositif de travail d’intérêt général (TIG) et de travail non rémunéré (TNR) à vocation environnementale.

Un adolescent, auteur d’une attaque antisémite en Suisse, reconnu coupable de tentative d’assassinat

Un adolescent qui avait poignardé un juif orthodoxe en mars 2024 à Zurich a été condamné mardi 7 juillet 2026 à un an de prison, la peine maximale pour son âge au moment des faits, mais sa peine a été commuée en placement avec obligation de soins.

Lenteur de la justice : un problème d’effectifs pointé par la cour d’appel de Besançon

Si le thème des violences sexuelles est un sujet sensible, il l’est d’autant plus depuis la mort de Lyhanna, collégienne assassinée dans le Gers en juin dernier. Plusieurs mobilisations en France dénoncent la lenteur de la justice. Qu’en est-il exactement ? La cour d’appel de Besançon a souhaité faire un point ce 3 juillet 2026 avec les élus locaux du ressort pour répondre à leurs interrogations à ce sujet.

Chatons torturés et tués dans le Doubs : le mineur reconnu coupable, une décision saluée par la CNDA

Poursuivi pour avoir torturé et mis à mort des chatons avant de partager la vidéo sur les réseaux sociaux , le mineur a été reconnu coupable des faits le 1er juillet 2026 par le tribunal pour enfants de Besançon. Constituée partie civile aux côtés de 17 autres associations de protection animale, la Confédération Nationale Défense de l’Animal (CNDA) a pris acte de cette première décision de justice.

“Soutien aux violeurs étrangers” : la porte-parole de Némésis condamnée après une plainte d’Anne Vignot

La porte-parole du collectif d'extrême droite Némésis, Yona Faedda, a été reconnue coupable de diffamation par la justice à la suite d'une plainte déposée par Anne Vignot, ancienne maire de Besançon, a-t-on appris vendredi 3 juillet 2026. il s'agit de la première condamnation pénale de ce collectif Némésis.

Meurtre d’un jeune à Montbéliard : après trois jours de traque, un homme interpellé en Espagne

Paul-Edouard Lallois, procureur de Montbéliard a tenu une conférence de presse ce 29 juin 2026 aux côtés de Laurent Perraut, directeur interdépartemental de la police nationale (DIPN) du Doubs, suite au décès du jeune Ulysse Bihouis Camara survenu la nuit du 13 au 14 juin à Montbéliard.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 26.32
ciel dégagé
le 23/07 à 20h00
Vent
2.76 m/s
Pression
1017 hPa
Humidité
36 %

Sondage