Une police de proximité pour la fin de l'année

Publié le 17/08/2017 - 15:19
Mis à jour le 19/08/2017 - 18:35

Promesse d’Emmanuel Macron durant sa campagne présidentielle, la police de proximité avait été mise en place par Jospin, puis supprimée par Sarkozy.

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Un symbole de la politique sécuritaire sous le gouvernement de Lionel Jospin, la police de proximité s'apprête à faire son grand retour en France. Dans un entretien au Figaro mercredi, Gérard Collomb a annoncé que cette "police de la sécurité du quotidien ", promise par le président de la République pendant la campagne présidentielle, serait mise en place dès la fin de l'année 2017. Pour l'instant, impossible de savoir de combien d'agents elle sera dotée ni de quel budget elle disposera. Supprimée par Nicolas Sarkozy à son arrivée à l'Élysée, la police de proximité a été au cœur de nombreux débats sur la sécurité, notamment pendant la campagne.

Emmanuel Macron voulait en reprendre le concept afin de créer une "police de sécurité quotidienne " dans le but, ainsi, de "construire avec les élus de terrain, avec la population et l'ensemble des acteurs les solutions de sécurité ". La "pol prox ", marqueur idéologique entre la gauche et la droite, qui lui préfère une police d'intervention, est notamment défendue comme un facteur d'apaisement entre jeunes et police dans les quartiers difficiles.

Réorganiser les demandes d'asile

Concernant les questions migratoires, Gérard Collomb s'est prononcé pour une "réorganisation " de la prise en charge de la demande d'asile en Île-de-France, qui présente, selon lui, "des faiblesses certaines ", alors que de nombreux migrants campent de nouveau devant le centre d'accueil de la Chapelle, dans le nord de Paris. "Le système ne fonctionne pas. Dans la capitale, 75 % de celles et ceux qui sont porte de la Chapelle sont des dublinés, c'est-à-dire des personnes ayant demandé l'asile dans un autre pays que la France et dont la demande a été refusée ", a-t-il expliqué.

D'après le ministre, 60 et 55 personnes sont respectivement hébergées dans les centres d'accueil de Troisvaux (Pas-de-Calais) et Bailleul (Nord), ouverts récemment et qui doivent à terme disposer à eux deux de 300 places. Ces centres ont été créés en réponse au nouvel afflux de migrants à Calais (Pas-de-Calais), neuf mois après le démantèlement de la "jungle ", immense bidonville où s'entassaient des milliers de migrants. Environ 450 migrants sont présents actuellement à Calais et dans ses environs selon les autorités, 700 selon les associations. Emmanuel Macron a promis en juillet qu'il n'y aurait "d'ici à la fin de l'année (...) plus personne " à la rue.

Une "vieille lubie de gauche "

Le député LR Éric Ciotti a dénoncé dans la matinée le retour d'ici à la fin de l'année d'une police de proximité. Il s'agit d'"une vieille lubie de la gauche, [un] fiasco inédit qui n'avait pas fait baisser le sentiment d'insécurité des Français mais avait bien au contraire provoqué une explosion de la délinquance" , a fustigé le député des Alpes-Maritimes dans un communiqué. "En pleine menace terroriste et face à une augmentation forte de la délinquance et de la criminalité, les priorités opérationnelles des policiers doivent être orientées principalement vers l'investigation et le renseignement ", a-t-il poursuivi.

"Ce pouvoir qui se voulait porteur d'une modernité éblouissante en est réduit à puiser son inspiration dans le vieux modèle socialiste. Les mêmes causes produiront, hélas, les mêmes effets", a-t-il prédit, accusant Gérard Collomb d'essayer "de faire diversion, alors que plus de 500 millions de crédits consacrés à son ministère viennent d'être supprimés par Gérald Darmanin ", le ministre des Comptes publics, issu du parti LR.

Le député FN du Nord Sébastien Chenu a demandé ce jeudi 17 août 2017  des "explications" du gouvernement concernant le rétablissement de la police de proximité, qualifié de "contresens" par l'ancien député Les Républicains Georges Fenech.

"J'ai l'impression qu'il n'y a pas de stratégie concernant la sécurité des Français. D'un côté on nous annonce 562 millions d'euros, je crois, de baisse de budget pour la police, de l'autre côté on nous annonce la recréation de cette police de proximité dont je rappelle que l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) a déclaré en 2001 combien elle était un échec et combien elle ne répondait pas à la demande", a déclaré Sébastien Chenu au micro de France inter.

(Avec AFP)

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