Vin de paille : le Conseil d'Etat valide l'AOC Corrèze

Publié le 08/11/2019 - 09:42
Mis à jour le 08/11/2019 - 09:42

Le Conseil d’Etat a rejeté jeudi la requête des viticulteurs du Jura qui réclamaient l’annulation de l’appellation d’origine contrôlée (AOC) Corrèze, lui permettant d’utiliser la mention « vin de paille » sur ses bouteilles de liquoreux, a-t-on appris ce vendredi 8 novembre 2019 auprès de  la Fédération des vins de la Corrèze.

©https://pixabay.com/fr/photos/raisins-raisins-de-cuve-riesling-2104086/ © Ove123/ Pixabay
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"On est heureux et soulagé. Le Conseil d'Etat n'a pas suivi le rapporteur public", a déclaré à l'AFP le président de cette Fédération, Jean Mage. Une trentaine de vignerons corréziens exploitent au total une centaine d'hectares, principalement du rouge, mais aussi du blanc, du rosé et, sur 20 ha, du vin de paille, de part et d'autre de Brive-la-Gaillarde.

"Les gens vont pouvoir faire des investissements dans cette nouvelle AOC car jusqu'à présent, c'était quand même incertain", a-t-il poursuivi, espérant avec cette décision augmenter les ventes, attirer de nouveaux vignerons pour remplacer ceux qui partent à la retraite et permettre de nouvelles plantations.

Selon l'arrêt du Conseil d'Etat consulté par l'AFP, "la Société de viticulture du Jura n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté qu'elle attaque". L'organisme de défense et de gestion (ODG) des vins jurassiens contestait cette reconnaissance devant le Conseil d'Etat, qui leur avait donné raison en 2014 en interdisant la mention "vin paillé" sur les bouteilles corréziennes.

Le Jura, principal producteur de vin de paille en France, estimait avoir l'antériorité - le vin de paille figurait déjà au premier concours des vins du Jura en 1836 - et faisait valoir que le cahier des charges corrézien, en particulier la liste des cépages et les conditions de production, ne correspondait pas à la définition européenne du vin de paille.

Le Conseil d'Etat a estimé que l'AOC Corrèze, constituée en 2017, remplissait les critères prévus par le règlement communautaire et pouvait apposer la mention "vin de paille". Quant au manque d'antériorité, la haute juridiction administrative a, au contraire, souligné qu'elle était suffisante.

"Ce cahier des charges comporte (...), outre le rappel des étapes historiques du développement de la vigne depuis l'époque galloromaine dans l'aire concernée et des techniques traditionnelles de fabrication du vin +paillé+ dans cette zone, des indications relatives aux facteurs humains propres à la viticulture (...), qui assurent les caractéristiques et la qualité décrites de l'appellation", écrit le Conseil d'Etat.

Le vin de paille est issu des meilleurs raisins sélectionnés à la main pendant les vendanges. Ils sont ensuite séchés pendant au moins six semaines sur des claies, autrefois en paille. Sans sulfite ajouté, ce vin est ensuite élevé trois ans, avec un passage en tonneau pendant 18 mois.

En corrèze, quelque 50.000 bouteilles de ce liquoreux sortent des chais chaque année, petit rendement oblige, contre 400.000 pour le rouge et le blanc.

(Source AFP)

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