Affaire Grégory : 32 ans après, Laurence Lacour pointe la responsabilité des avocats

Publié le 15/07/2017 - 09:08
Mis à jour le 15/07/2017 - 09:08

Plus de 32 ans après la mort du petit Grégory, Laurence Lacour, qui était alors journaliste, a pointé vendredi 14 juillet 2017 la responsabilité des avocats dans « l’ambiance délétère » qui régnait à l’époque, toujours dénoncée aujourd’hui alors que l’enquête a repris.

"J'en veux aux avocats, je les tiens vraiment pour responsables de l'ambiance délétère" qui entourait l'affaire, a déclaré l'ancienne reporter d'Europe 1 à Autun (Saône-et-Loire), en marge d'une conférence aux "rendez-vous de juillet", festival de journalisme organisé par les revues XXI et 6Mois.

Aujourd'hui, "la presse est un peu schizophrène"

Les avocats "nous ont obligés à prendre parti", ont "manipulé les journalistes" et ont fait du dossier une "histoire politique", a ajouté la journaliste, qui avait publié en 1993 "Le Bûcher des innocents", un livre dans lequel elle se montrait également très critique face aux débordements médiatiques.

"Pour la presse, c'était un peu la fin d'une époque où ce qui comptait, c'était la bonne histoire. On ne s'encombrait pas tellement de vérification, de pertinence ou de respect dû à la douleur des gens", a commenté Mme Lacour lors de sa conférence. Aujourd'hui "la presse est un peu schizophrène, parce que je sais qu'elle dit souvent grand bien de mon livre, qui effectivement dénonce les dérives médiatiques, mais elle le dit dans le corps d'émissions durant lesquelles elle fait exactement la même chose", a-t-elle critiqué.

"Un climat absolument épouvantable"

La nouvelle, mardi, de la mort de Jean-Michel Lambert, premier juge chargé en 1984 d'instruire l'affaire Grégory, "m'a beaucoup déstabilisée", a également dit Mme Lacour, ajoutant avoir hésité à maintenir son intervention de vendredi à Autun. Le probable suicide du magistrat a conduit les avocats du dossier, de leur côté, à appeler à la prudence dans la suite de l'enquête, en dénonçant "la tension" qui règne toujours dans cette affaire très médiatisée ou encore "un climat absolument épouvantable".

Infos +

L'affaire Grégory a été relancée il y a un mois avec la mise en examen de Marcel et Jacqueline Jacob, grand-oncle et grand-tante de Grégory, soupçonnés d'avoir séquestré puis tué le petit garçon, et laissés libres sous étroit contrôle judiciaire. Murielle Bolle, témoin clé âgée de 15 ans en 1984 et désormais suspectée d'enlèvement, a été mise en examen à son tour fin juin, puis écrouée.

(Source : AFP)

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