Confinement à Besançon : entretien avec Jean-Louis Fousseret 

Publié le 23/03/2020 - 04:50
Mis à jour le 23/03/2020 - 05:18

Coronavirus •

Le maire de Besançon insiste :  « La meilleure protection, c’est le confinement« . Un peu moins d’une semaine après la décision de confiner la population, Jean-Louis Fousseret balaie l’ensemble des sujets liés à la crise sanitaire. Envisage-t-il un couvre-feu ? Commet s’organise la municipalité ? Quelle réponse aux policiers municipaux qui réclament des masques ? Quelle est la situation à Besançon ? Le maire a répondu à nos questions…

© AA  ©
© AA ©

Il y a une semaine, les résultats du premier tour de l'élection municipale laissaient place à la crise sanitaire du Covid-19 avec l'annonce le lundi 16 mars au soir du confinement mis en place le lendemain à midi.

La campagne locale paraît très lointaine dans les esprits et des préoccupations. Jean-Louis Fousseret doit donc reprendre le flambeau pour quelques mois supplémentaires à la tête de la mairie pour gérer cette crise en lien étroit avec les autorités.

maCommune.info : Comment se déroulent ces premiers jours de confinement et particulièrement ce week-end à Besançon ?

Jean-Louis Fousseret : "On a constaté d'une manière générale à partir du troisième jour, d'un manque de civisme d'une certaine partie de la population très minoritaire, mais des gens qui ne se rendaient compte de rien, des gamins qui jouaient au foot dans les rues, d'autres en pique-nique sur des bancs à Micaud. D'autres pouvaient se sentir comme en week-end dans la forêt de Chailluz.

C'est pour cela que nous avons interdit l'accès à la foret de Chailluz, les parcs, les berges sur le Doubs. Et dès demain, une réflexion est engagée pour savoir s'il faut oui ou non maintenir les marchés."

Envisagez-vous un couvre-feu comme d'autres villes en France ?

"Comme l'a déclaré le président Macron, nous sommes en guerre... il faut que les gens en prennent conscience. J'en appelle à la raison. Le virus, si on ne le voit pas, il est là, il est partout et il circule activement dans la région et que l'on peut infecter beaucoup de personnes, dont les plus fragiles. S'il devenait que le confinement ne soit pas assez respecté et que les mises en garde et les contrôles pas suffisants, je reverrais le problème. Moins les gens respectent le confinement, plus l'épidémie sera difficile à contrôler et plus le confinement sera long...."

La situation est grave, il faut éviter les déplacements au maximum et les contacts. Moi-même en tant que maire, je ne vois que trois, quatre personnes au maximum à la mairie. Je télé-travaille et utilise beaucoup la visioconférence...

Et comment les services municipaux s'organisent-ils entre les agents de terrain et les agents administratifs ?

"La mairie est fermée, mais il y a une permanence dans l'ensemble des services. Des gens d'astreinte sont présents comme pour l'état civil par exemple. La mairie tourne au ralenti. Nous avons un plan de continuation de l'activité à différents niveaux qui prévoit comment la mairie doit fonctionner en fonction des situations. Nous avions toutefois anticipé. Depuis huit, dix jours, nous savions que cela allait être compliqué ce qui nous a permis de nous préparer.

Concrètement certains agents travaillent. D'autres sont en autorisation d'absence, chez eux, mais que l'on peut appeler en cas de besoin même pour d'autres tâches que leurs taches habituelles, ils sont mobilisables..."

Et concernant le télétravail ?

"Nous comptons déjà une petite centaine de personnes qui font du télétravail avec d'ailleurs de très bons résultats. Là nous allons redistribuer des ordinateurs en télétravail pour augmenter la capacité d'action de la mairie.  Il y a la crise actuellement, mais c'est quelque chose qui devrait par la suite encore se développer…"

Sur le plan sanitaire, envisagez-vous comme dans de rares villes en France une désinfection du mobilier urbain ?

"Non, pas pour l'instant.Le sujet est en réflexion"

Des agents de la police municipale se sont émus de ne pas avoir de protection ni de masque dans le cadre de leur mission afin de ne pas effrayer la population…

"Je déplore vraiment ce manque de masque. Pour l'instant la doctrine est claire et il faut donner des masques en priorité aux soignants. Il y a effectivement les policiers qui en réclament et je l'entends.

Pour l'heure, je suis les conseils de l'ARS qui est de faire les fonds de tiroirs pour trouver des masques à destination des médecins, des infirmiers, ambulanciers qui sont en contact avec des malades potentiels ou avérés. Je me dois ensuite de rappeler les gestes barrière et notamment la distance minimale d'un mètre qui est très importante…"

Vous êtes le président du comité de surveillance du CHRU, quelle est la situation à Besançon ?

"Je suis quotidiennement informé par la directrice de l'hôpital de Besançon. Pour l'instant la situation est sous contrôle, mais elle évolue d'heure en heure. J'ai appris effectivement que des internes seraient attendus en renfort. C'est en train de se discuter au niveau national.

Nous n'avons en tout cas pas de visibilité sur ce qu'il va se passer. Je ne suis pas médecin et j'écoute ce que dit l'agence régionale de santé et ceux qui sont sur le terrain dans les hôpitaux...

Je le répète. Aujourd'hui, la meilleure protection, c'est le confinement qu'il faut respecter. Sinon, cela durera encore plus longtemps et plus dangereux… "

Pour conclure, comment vivez-vous la situation actuelle ?

"Notre pays est en train de vivre une des pires épreuves que l'on ait connues depuis la guerre 39-45. Je vis cela comme un élu qui se sent responsable avec des décisions pas toujours faciles à prendre comme fermer les parcs et les berges. Je n'avais pas envisagé faire trois mois de plus en tant que maire, mais il le faut et je ne me pose pas de questions, je fais mon devoir, tout simplement."

Coronavirus COVID-19

Covid-19 : le repli de l’épidémie se confirme selon l’agence régionale de santé

Avec un taux d’incidence en population générale désormais sous la barre des 400 cas pour 100/000 habitants, l’épidémie confirme son repli en Bourgogne-Franche-Comté selon les derniers chiffres de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté.  Le taux de positivité des tests perd 5 points mais reste cependant élevé à près de 25%.
 

Covid-19 : le nombre de patients testés a doublé en un mois en Bourgogne-Franche-Comté  

Le nombre de tests a "de nouveau franchi" la barre des trois millions en une semaine, selon des chiffres publiés jeudi par le ministère de la Santé, sur fond de septième vague de l'épidémie de Covid-19. En Bourgogne-Franche-Comté, plus de 77.000 personnes ont réalisé un test antigénique ou PCR entre le 27 juin et le 3 juillet 2022 contre 54.000 la semaine précédente et 33.000 début juin.

Politique

Municipale 2026 à Besançon : qui sont les colistières et colistiers de Séverine Véziès ?

Séverine Vézies, tête de liste La France Insoumise, a officiellement présenté ses 56 colistières et colistiers réunis dans la liste "Faire mieux pour Besançon". Portraits, professions et ordre sur la liste : voici la présentation des membres de l’équipe.

Dominique Voynet écrit à Annie Genevard : tensions autour de l’Agence bio pendant le Salon de l’agriculture

La députée écologiste du Doubs Dominique Voynet a adressé, le 20 février 2026, une lettre ouverte à la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, à la veille de l’ouverture du Salon international de l'agriculture le 21 février.

Sécurité à l’école : au Sénat, Jacques Grosperrin interpelle le ministre de l’Éducation nationale

Le 24 février 2026, Jacques Grosperrin, sénateur Les Républicains du Doubs, a posé une question d’actualité au ministre de l'Éducation nationale le 18 février dernier au Sénat, dans un contexte de recrudescence des violences en milieu scolaire et suite à l'agression d'une enseignante à Sanary-sur-Mer le 18 février.

Pour le meeting de Séverine Véziès à Besançon, un Kursaal gonflé à bloc

Près d’un millier de personnes ont assisté, lundi 23 février 2026, au meeting de la tête de liste de La France insoumise pour les municipales à Besançon, Séverine Véziès. Organisée au Kursaal de Besançon, la réunion publique a rassemblé un public dense et très enthousiaste venu soutenir la liste "Faire mieux pour Besançon".

À Besançon, le PS saisit le procureur pour des faits de malversation présumée à l’encontre de l’ancienne première secrétaire fédérale

Le PS fait parler de lui à Besançon ces dernières 24 heures. À peine quelques heures après l’annonce de l’exclusion de Jean-Sébastien Leuba, actuel premier secrétaire départemental, du parti, c’est désormais Myriam El Yassa, ex-première secrétaire qui est visée pour des faits de malversation présumée…

“La première fragilité des entreprises ce n’est pas le carnet de commandes, c’est la trésorerie” alerte Olivier Rietmann

Le sénateur Olivier Rietmann, président de la délégation sénatoriale aux entreprises, a souhaité s’exprimer ce mois de février 2026 après l'adoption à l'unanimité au Sénat de sa proposition de loi visant à lutter contre les retards de paiement.

Sondage – Comment suivez-vous la campagne des élections municipales ?

À l’approche des élections municipales, les sources d’information sont nombreuses pour connaître les positions, les programmes des candidat(e)s : médias traditionnels, réseaux sociaux, réunions publiques ou encore sites officiels des candidats. Et vous, comment suivez-vous cette campagne à Besançon et en Bourgogne Franche-Comté ? C’est notre sondage de la semaine.

Élections municipales : Kadir Yildirim veut insuffler un “nouvel élan” pour École-Valentin

Professeur expérimenté en Lettres Histoire et conseiller municipal sortant, Kadir Yildirim a officialisé sa candidature aux prochaines élections municipales et communautaires à École-Valentin, a-t-on appris dans un communiqué du 22 février 2026. Le candidat vise à construire "une commune vivante, attractive et solidaire, où chaque habitant se sente pleinement impliqué".

Contre le “bétonnage” des Vaîtes, un rassemblement devant le conseil municipal lundi à Besançon

Plusieurs associations, collectifs et syndicats défendant le quartier des Vaîtes et luttant contre le projet immobilier, appellent à un rassemblement  lundi 23 février 2026 devant l’hôtel de ville de Besançon, place du 8 Septembre, à l’occasion du conseil municipal.

228 M€ de projet de budget pour la Ville de Besançon et une dette baissée de 11 M€

Pour le dernier conseil municipal de la mandature d’Anne Vignot qui se tiendra le lundi 23 février 2026, les élus bisontins auront à voter les futures orientations budgétaires du prochain budget qui  lui, sera voté après les prochaines élections municipales. Les "grands équilibres" permettant la continuité municipales ont donc été présentés en conférence de presse ce vendredi par l’adjoint en charge de l’Économie, Anthony Poulin, présent aux côtés de la maire de Besançon. 

Municipales 2026 à Besançon : le SMA veut faire des musiques actuelles un enjeu central de la campagne

À l’approche des élections municipales prévues les 15 et 22 mars 2026, le Syndicat des musiques actuelles (SMA) a appelé les partis politiques à positionner les musiques actuelles comme un enjeu clé de la campagne. L’organisation professionnelle, qui rassemble plus de 600 entreprises de la filière, a interpellé les candidats sur leurs orientations en matière de politique culturelle locale.

Batterie en lithium et protoxyde d’azote dans les centres de tri : Jean-François Longeot presse l’Assemblée nationale d’agir

Jean-François Longeot, sénateur du Doubs et président de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, a saisi la présidente de l’Assemblée nationale, ainsi que le ministre chargé des Relations avec le Parlement. Il demande l’inscription rapide à l’ordre du jour de l’Assemblée de sa proposition de loi consacrée à la prévention des incendies liés aux batteries au lithium et aux cartouches de protoxyde d’azote dans les centres de collecte, de tri et de recyclage.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 16.04
nuageux
le 25/02 à 18h00
Vent
0.78 m/s
Pression
1021 hPa
Humidité
70 %