Dans les Alpes suisses, une ONG protège les troupeaux de la présence du loup

Publié le 22/08/2023 - 11:39
Mis à jour le 24/08/2023 - 17:05

À l'aide d'une puissante torche, Aliki Buhayer-Mach inonde le sommet d'une montagne voisine de lumière, pour essayer de voir si des loups sont tapis dans l'ombre. La solution a été mise en place pour tenter de trouver une réponse non-violente à l'expansion de la population de loups en Suisse...

Si le prédateur venait à franchir la clôture électrique de ce pâturage, haut dans les Alpes suisses, "ce serait le carnage", explique la biologiste de 57 ans. Elle et son mari, François Mach-Buhayer - un cardiologue suisse de renom - forment un improbable couple de bergers, passant la nuit à veiller sur 480 moutons dans ce coin reculé près de la frontière italienne.

Le couple fait partie des centaines de bénévoles de l'Organisation pour la protection des alpages (Oppal), une ONG suisse qui mise sur la cohabitation : protéger les loups, en les tenant à l'écart du bétail.

"C’est clair que le but pour nous, c’est qu'à la fin de la saison les animaux de rente soient toujours en vie (...) et les loups aussi", explique à l'AFP le directeur de l'Oppal, Jérémie Moulin.

Plus d'attaques

Il a cofondé l'organisation il y a trois ans pour tenter de trouver une réponse non-violente à l'expansion de la population de loups en Suisse.

Après avoir été exterminés il y a plus d'un siècle, les loups ont commencé ces dernières décennies à revenir en Suisse, comme dans plusieurs autres pays européens. Depuis que la première meute a été repérée dans le pays alpin en 2012, le nombre de loups atteint désormais les 250.

Le corollaire de ce retour du prédateur c'est la multiplication des attaques de troupeaux, au grand dam des éleveurs. L'année dernière, 1.480 animaux de rente ont été tués par des loups en Suisse.

Pour répondre à la colère des éleveurs, les autorités suisses ont autorisé l'abattage de 24 loups en 2022 et ont assoupli cet été les règles de chasse de cette espèce protégée. Mais l'association professionnelle des agriculteurs veut plus.

"A eux seuls, les gardes-faunes ne suffiront pas à reprendre le contrôle sur le développement exponentiel des populations de loups pour les ramener à des densités adaptées à une coexistence supportable", affirme l’Union suisse des paysans (USP) dans un communiqué.

Jérémie Moulin dit qu'il comprend la frustration des agriculteurs, d'où l'idée de l'Oppal de les soulager d'une partie de leur travail.

"Extrêmement vite"

Jusqu'à 400 volontaires participeront au programme de surveillance d'OPPAL cet été, campant dans les alpages, surveillant les troupeaux la nuit.

Aliki et François sont de l'aventure depuis le début de l'ONG, à raison de deux fois cinq jours et nuits.

"C'est notre période de vacances", explique François, en jetant un regard sur l'endroit désolé où il monte la garde. De Genève, où vit le couple, il faut quatre heures de route et deux heures de grimpe d'un chemin escarpé et rocailleux pour y accéder.

À 2.200 mètres d'altitude, les températures plongent rapidement au coucher du soleil. L'installation de guet est spartiate : une bâche, deux chaises de camping, des couvertures de survie et une cafetière. Tout au long de la nuit glaciale, ils scrutent à tour de rôle l'horizon avec des jumelles à infrarouges.

Un tour d'horizon toutes les 15 minutes à l'affût du moindre signe du prédateur. Les moutons dorment, leurs cloches sonnant doucement dans l'obscurité.

"On regarde fréquemment, et puis il faut bien regarder. Il sait quand il faut tenter sa chance. Et quand il bouge … il bouge extrêmement vite, il est à 100 à l’heure", raconte Aliki.

"Magique"

Pour éloigner les loups, "il faut déjà ne pas être trop effrayé soi-même. C’est là où il faut être deux", explique son mari. "Il y a un qui garde le loup aux jumelles … et l’autre qui part en direction de la bête avec la lampe torche qui est assez puissante" et un sifflet.

"C’est assez sportif, quand tu pars courir là-bas en haut, et tu tombes dans les trous de marmottes. Mais c’est magique, tu vois des étoiles filantes", s'émerveille le cardiologue.

Deux nuits avant la visite de l'AFP, le couple a réussi à chasser des loups trois fois en quelques heures. Au total, l'année dernière les volontaires d'OPPAL ont chassé les prédateurs à 32 reprises. Le berger Mathis von Siebenthal apprécie l'effort.

"C'est d'une si grande aide", s'exclame-t-il après avoir remis le troupeau, appartenant à plusieurs éleveurs, aux bons soins d'Aliki et François pour la nuit. "Si OPPAL n'était pas là, je serais toujours … en train de me demander si le loup arrive ou non", reconnaît l'Allemand. "Comme ça, je peux aller dormir."

Après une longue nuit froide et sans incident sous un ciel d'étoiles filantes, c'est ce dont rêvent aussi Aliki et François : un bon sommeil réparateur.

(Source AFP)

Nature

En ce moment, vous vous exposez à une amende si votre chien n’est pas tenu en laisse en forêt

La mesure n’est pas nouvelle puisque chaque année, les propriétaires de chien ont pour obligation de ne pas détacher leurs animaux en dehors des allées forestières. Cette année, la mesure est effective depuis le 15 avril et jusqu’au 30 juin 2026. L’objectif est ainsi de préserver la faune sauvage lors de cette période marquée par le début de la mise-bas des mammifères et la nidification des oiseaux.

Météo : le retour de la pluie attendu ce week-end en Franche-Comté

Après une belle semaine printanière, la pluie s'invite dans le ciel franc-comtois pour ce week-end des 11 et 12 avril 2026. Une nouvelle qui ne devrait pas faire plaisir aux Bisontins qui avaient sans doute hâte de participer aux festivités du carnaval. On fait le point côté ciel avec les prévisions de Météo France. 

Éclairage de la Citadelle de Besançon : Alternatiba évoque une “décision illégale”

Dans une lettre adressée au maire de Besançon le 7 avril 2026, Alternatiba Besançon critique le rallumage de la Citadelle décidé par Ludovic Fagaut dès son entrée en fonction et lui demande d'exprimer "sans tarder" sa vision des enjeux environnementaux.

À Besançon, une initiative citoyenne pour installer le premier pigeonnier contraceptif

Quatre habitantes de Besançon, Christine, Christelle, Mélanie et Amandine, ont lancé début janvier 2026 une initiative citoyenne visant à obtenir l’installation d’un pigeonnier contraceptif. Leur proposition est soumise au vote des habitants sur la plateforme participative de la Ville jusqu'à fin juin 2026.

Moustique tigre à Besançon : une réunion de prévention le 23 avril

La présence du moustique tigre est désormais avérée à Besançon. Face au risque sanitaire pour les habitants, la municipalité et l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté mettent en œuvre un plan de surveillance et de prévention. Une réunion de sensibilisation est ouverte au public en avril 2026.

Météo : temps changeant et fraîcheur printanière attendus cette semaine en Franche-Comté

Selon les tendances communiquées par Météo-France, la semaine du lundi 6 au vendredi 11 avril 2026 en Franche-Comté devrait être caractérisée par une alternance de passages nuageux et d’éclaircies, dans une ambiance globalement fraîche pour la saison. Les températures resteront modérées, avec des maximales proches de 13 à 15°C et des minimales souvent comprises entre 2 et 5°C, accompagnées d’épisodes de précipitations éparses.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi
 8.77
légère pluie
le 19/04 à 03h00
Vent
1.33 m/s
Pression
1019 hPa
Humidité
92 %

Sondage