En Franche-Comté, les Casques Bleus accompagnent les chefs d’entreprise en détresse

Publié le 09/10/2025 - 18:00
Mis à jour le 09/10/2025 - 17:40

L’association Casques Bleus 25 a tenu jeudi 9 octobre 2025 une conférence de presse à Besançon pour présenter son dispositif d’accompagnement des dirigeants d’entreprise en difficulté. Créée en janvier 2024, la structure départementale fait partie du réseau Casques Bleus France, né en 2018 dans le Nord Franche-Comté à la suite du suicide d’un chef d’entreprise.

Les Casques Bleus sont né en 2018, dans le Nord Franche-Comté suite à un drame au cours duquel un chef d'entreprise a mis fin à ses jours en 2016.

"Ce dispositif est là pour travailler avec le dirigeant d’entreprise qui est en difficulté", a expliqué Jean-Michel Crouzet, président des Casques Bleus 25 depuis avril 2025. L’association compte actuellement 25 bénévoles, tous dirigeants ou ex-dirigeants d’entreprise, formés pour intervenir de manière gratuite et confidentielle.

Leur mission repose sur deux axes : "la mise en place d’une stratégie pour que le dirigeant retrouve une nouvelle énergie" et "l’aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance aiguë", a précisé M. Crouzet.

Depuis le début de l'année, Casques Bleus 25 a traité près 25 dossiers, dont cinq ayant nécessité un déclenchement du dispositif APESA, un service de soutien psychologique pour les entrepreneurs en détresse.

Une hausse inquiétante des défaillances d’entreprises

Selon Caroline Debouvry, présidente de Casques Bleus France et Nord Franche-Comté, la situation économique reste préoccupante, ce que confirme Laurent Mouillet, bénévole : "On observe une augmentation sensible des défaillances d’entreprises : +277 % entre le premier trimestre 2024 et le premier trimestre 2025.”

Caroline Debouvry, présidente de Casques Bleus France et Nord Franche-Comté © Alexane Alfaro

Jean-Michel Crouzet rappelle que les chefs d’entreprise concernés sont souvent à la tête de TPE ou PME, et non de grandes structures. "Quand j’ai un problème en entreprise, j’ai aussi un problème personnel, chez moi. Et avec tout ça, ça peut engendrer des actes graves tels que le suicide”, souligne Caroline Debouvry.

"Et vous, comment allez-vous ?"

Les bénévoles interviennent directement sur le lieu de travail des dirigeants, souvent en binôme. "Le premier entretien peut durer deux heures, voire plus”, précise la présidente, "au cour duquel on a pu rencontrer des chefs d’entreprise en larmes", confie-t-elle.

L’objectif est de créer un espace d’écoute et de confiance. "On peut tout se dire et on ne se limite pas à la simple question d’entreprise, on ne demande aussi - Et vous, comment-allez-vous ? -", ajoute-t-elle. Le travail se poursuit ensuite au sein de réunions mensuelles, où les bénévoles partagent leurs analyses pour faire avancer les dossiers.

Pour Patricia Perrier, également bénévole, "le cas de figure le plus fréquent, c’est un problème de trésorerie. Mais ce n’est pas toujours le vrai problème : c’est souvent le prétexte pour appeler."

Des partenaires engagés

L’association bénéficie du soutien de partenaires institutionnels et privés. Allianz s’implique notamment dans l’action des Casques Bleus. Sa conseillère patrimoine et bénévole, Maria-Teresa Panarez, souligne : "Je peux intervenir au niveau des banques plus facilement."

L’ADPS (Association de Prévoyance Santé) soutient également le dispositif via des dons destinés à financer son fonctionnement. "Notre vocation est d’aider les associations engagées dans la prévention et la santé", a indiqué Nadine Bonnefoy, représentante de l’ADPS.

Maria Teresa Panarez, Jean-Michel Crouzet, Nadine Bonnefoy et un chèque de soutient de l'ADPS aux Casques Bleus. © Alexane Alfaro

Un dispositif reconnu par l’État

Labellisé GPA (Groupement de Prévention Agréé) par la préfecture de région, Casques Bleus  peut collaborer avec les institutions publiques et financières, comme l’URSSAF ou la Banque de France, tout en respectant une stricte confidentialité.

"Notre rôle est de tendre la main, de mettre de l’huile dans les rouages", résume Caroline Debouvry. "Parfois, il faut aider le dirigeant à prendre conscience qu’il faut fermer l’entreprise, car c’est la dernière solution. Mais il y a aussi de belles histoires, des entreprises qui repartent."

Appel à bénévoles et à dons

Face à la hausse des demandes, l’association lance un appel à bénévoles et à soutien financier. Les Casques Bleus, étant reconnus d’intérêt général, il est possible de faire des dons défiscalisables.

"On a besoin de communiquer sur notre existence. Plus on est connu, plus on peut nous appeler tôt", insiste Jean-Michel Crouzet.

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