Justice suisse : pas de condamnation pour l'ex-chef de la police du Guatemala...

Publié le 12/07/2017 - 14:50
Mis à jour le 12/07/2017 - 16:08

L’ex-chef de la police du Guatemala, Erwin Sperisen, condamné à la prison à vie en Suisse pour avoir assassiné directement ou indirectement des détenus au Guatemala en 2005 et 2006, devra être rejugé, selon un arrêt du Tribunal fédéral suisse publié ce mercredi 12 juillet 2017.

Le Tribunal fédéral "annule l'arrêt (...) et renvoie la cause pour nouvelle décision à la Cour de justice genevoise", jugeant notamment "arbitraire" et "incomplète" l'appréciation de certaines preuves, selon l'arrêt rendu le 29 juin.

En 2015, un tribunal d'appel à Genève avait pourtant confirmé le verdict prononcé en première instance en 2014 après trois semaines de procès portant sur l'exécution extrajudiciaire de sept détenus en 2006. La condamnation avait même été élargie, comme le demandait l'accusation, à la responsablité d'Erwin Sperisen, qui a la double nationalité suisse et guatémaltèque, dans la mort de trois autres détenus en 2005, évadés du pénitencier "El Infernito".

De nationalité suisse (son grand-père paternel a émigré au Guatemala), Erwin Sperisen, 47 ans, ne peut pas être extradé vers le Guatemala où il est
recherché pour ses crimes, mais la loi suisse permet de poursuivre tout ressortissant suisse même si les crimes ont été commis à l'étranger.

"Des garanties insuffisantes"

Dans son arrêt publié mercredi, le Tribunal fédéral suisse, la plus haute instance juridique du pays, critique la mauvaise appréciation de certaines
preuves et reproche aussi à la justice genevoise de ne pas avoir offert à Erwin Sperisen "des garanties suffisantes au regard des exigences de la
Convention européenne des droits de l'Homme": "En particulier, le droit d'Erwin Sperisen d'être confronté à certains témoins à charge importants sur
des faits déterminants n'a pas été respecté".

Le Tribunal fédéral déplore aussi le fait que la cour d'appel genevoise "s'était notamment référée aux conclusions d'enquêteurs de la Commission
internationale contre l'impunité au Guatémala (CICIG), alors que le contenu même de leurs investigations et les preuves sur lesquelles ils se sont fondés ne sont pas connus avec précision".

Il a toujours contesté les faits

Les juges avaient en 2014 donné raison au procureur genevois qui accusait M. Sperisen d'avoir planifié ou participé à l'exécution sommaire, ensuite
maquillée, de sept détenus, dont un tué de ses propres mains avec une arme à feu, au centre pénitentiaire de Pavon en septembre 2006. Surnommé "le Viking" en raison de sa barbe rousse et de sa grande stature, Erwin Sperisen a toujours contesté les faits.

Il avait été arrêté en Suisse le 31 août 2012, alors qu'il était installé à Genève depuis 2007 chez son père, ambassadeur du Guatemala auprès de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC). M. Sperisen avait quitté le Guatemala en 2007 après un scandale. Le ministre de l'Intérieur guatémaltèque Carlos Vielmann et M. Sperisen avaient présenté leur démission en mars 2007, deux semaines après l'assassinat de trois parlementaires salvadoriens.

(source AFP)

Soyez le premier à commenter...

Laisser un commentaire

Justice

Le ”droit de correction parentale” n’existe pas, rappelle la Cour de cassation

La Cour de cassation a rendu mercredi 14 janvier 2026 une décision dans une affaire portant sur des faits de violences commises par un père sur ses enfants. Cette décision intervient après la relaxe prononcée par la cour d’appel de Metz le 18 avril 2024, fondée notamment sur l’invocation d’un prétendu ”droit de correction”.

Espoir pour Fralsen à Besançon : des offres déposées au tribunal…

Placée en redressement judiciaire, l’entreprise Fralsen, basée à Besançon, dispose désormais de nouvelles perspectives. Selon nos informations, plusieurs offres de reprise ont été déposées auprès du tribunal des affaires économiques de Lyon. Une étape cruciale alors que la société doit impérativement trouver un repreneur d’ici le 5 février 2026.

La demande de remise en liberté de Frédéric Péchier examinée le 11 février 2026

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon examinera le 11 février 2026 une demande de remise en liberté de l'ex-anesthésiste Frédéric Péchier, condamné en décembre pour l'empoisonnement de 30 patients, dont 12 sont morts, a-t-on appris mardi 13 janvier 2026 de sources concordantes.

Incendie en Suisse : le propriétaire évoque une porte “verrouillée de l’intérieur” dans le bar

Le propriétaire français du bar incendié la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse de Crans-Montana a indiqué aux enquêteurs avoir découvert juste après le drame qui a fait 40 morts qu'une "porte de service" était "verrouillée de l'intérieur" lors de son audition vendredi 9 janvier 2026.

Incendie à Crans-Montana : un avocat de victimes suisses craint la “destruction de preuves”

Des familles de victimes de l'incendie d'un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana craignent une "destruction de preuves" de la part des propriétaires ou de "quelqu'un qui leur est proche" faute de perquisition ou de détention des intéressés, a indiqué leur avocat mercredi 7 janvier 2026.

Incendie mortel en Suisse : l’Italie dénonce une tragédie évitable et souhaite que les propriétaires du bar soient arrêtés

L'incendie du bar Le Constellation de la station suisse de Crans-Montana le 31 décembre 2025, qui a fait 40 morts et 119 blessés, aurait pu et "dû être évitée", a affirmé lundi 5 janvier 2026 devant la presse l'ambassadeur d'Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado.

Offre d'emploi

Devenez membre de macommune.info

Publiez gratuitement vos actualités et événements

Offre d'emploi

Sondage

 8.06
couvert
le 16/01 à 03h00
Vent
4.53 m/s
Pression
1014 hPa
Humidité
74 %